Maman de triplés : y’a des jours, et y’a des jours sans!

Il y a des matins comme aujourd’hui, où j’entre dès mon réveil dans un monde parallèle. La naissance des triplés à eu une conséquence hors norme sur notre caractère.

Impulsive et impatiente, les cris des bébés ne sont pas ma tasse de thé, c’est rarement le cas d’ailleurs. Il y a donc des jours comme ça où tout va de travers. Un réveil souriant se transforme en hurlements agressifs, un habillage mode en « je remets la tenue d’hier » (very fashion faux pas !) et un câlin de groupe se métamorphose en une montagne de bave digne des plus gros bulls dog. Certes, le câlin baveux est le plus agréable. Et tout cela avant 9h, un dimanche matin après une semaine bien chargée !

Avec mon mari,dans ces moments hors du temps, nous avons développé un sens nouveau. Notre ouïe diminue, notre corps se met en veille, nos yeux se transforment en radars capablent de repérer des doigts coincés sur 360°.

C’est l’heure du café. Aujourd’hui, je suis seule, Papa est au travail, un dimanche (monde de l’associatif oblige), et machinalement, ma main se lance dans une danse frénétique : dosette de café, eau dans la cafetière, gobelet en papier (je n’ai pas une grande passion pour l’activité vaisselle). Je vais enfin pouvoir me détendre quelques minutes. Les petits sont dans la salle de jeux entièrement sécurisée.

« Maman va boire son café, je reviens dans quelques minutes. Je reviens, c’est promis ».

C’est à ce moment précis, qu’on ressent tout le poids sociale d’être une mère abandoniste. Trois corps se hissent contre la barrière, et des petits yeux prêts à exposer en sanglot viennent se glisser entre les barreaux. Mais tant pis, j’en ai besoin de ce moment.

D’un coup, Le Mr Hyde qui est en moi m’impose de fermer la porte et de faire le vide sonore dans ma tête. Que c’est bon ce soleil contre mon visage, cette odeur douce de bon café et le goût des fraises fraichement cueillies de carrefour au petit déjeuner.

Rapidement pourtant, je retourne dans la salle de jeux rejoindre Dan, Elora et Ava qui bien sûr, ce sont adaptés à mon absence. Un peu jaloux les uns des autres, la séance jeu collectif se transforme vite en une course à la maman. Cris, bousculades, booms sur le sol, douleurs qui s’éternisent pour être réconfortés…ces enfants sont pleins de ressources. Il est seulement 11h. Heureusement, un bon livre sur les couleurs attire leurs attentions.

« Montre moi ta chaussure bleue, et elle est cachée où la boule verte ? ». La discussion devient vraiment sympathique mais c’est l’heure du repas.

D’habitude, Ava accepte avec plaisir de boire son biberon pendant que les deux autres mangent le bon repas préparé par nos soins (grâce à D… et à papa, il en reste assez d’hier !) mais aujourd’hui, non. Tant pis, comme tous parents, je m’adapte à la situation. Ava vient sur mes genoux pour manger avec nous et le repas se déroule sans difficulté. Trois changes plus tard et une fois mis dans la gigoteuse, j’y ai enfin le droit à ce moment paisible. Les petits dorment. Au moins jusqu’à 14h30. Je l’espère en tout cas !

Il est 12h30, j’en profite donc pour écrire.

Il y a des jours comme ça plus durs que d’autres mais c’est dans ces moments là que l’on prend conscience de l’évolution de notre caractère. En 15 mois, je suis toujours restée impatiente et impulsive mais je sais maintenant mettre des priorités, m’auto-détendre et accepter les situations. En général, et le temps nous l’a appris, les périodes fastes ne durent jamais trop longtemps. Et puis j’ai bien compris une chose simple et pourtant si complexe à mettre en œuvre : supporter quelques cris. Pas tout le temps mais un peu. Après tout, c’est le seul moyen que nos petits bouts de choux ont pour s’exprimer. Jessica ma meilleure amie leur dit souvent « verbalisez ». Adorable pour des enfants de 15 mois ! Et c’est vrai, c’est ce qu’il leur manque c’est de pouvoir verbaliser. Ca viendra. En attendant, je rentre dans ce monde parallèle avec mon traducteur bébé-français.

le repas des triplés au biberon

Comme ça, ils ont l’air calme!

Maintenant, il est 19h, et tous nos enfants sont couchés. Papa vient d’arriver. L’après-midi a été aussi rude que la matinée. J’ai opté pour la balade longue. Y’a que ça de vrai pour avoir un peu de calme tout en profitant de leurs adorables frimousses. Le bain a été agréable. Bilan quand même positif. En tout cas, il y a des jours comme ça ou, il faut le dire, c’est fatiguant. Mais ce soir, quand je vais aller me coucher, j’en suis consciente et je me le rappellerai : j’ai la chance extraordinaire d’avoir des triplés.

Le SPIDERPLAN des SPIDERPARENTS de triplés

- Il y a des jours avec et il y a des jours sans. Avoir des jumeaux, des triplés ou tout simplement, des enfants, c’est sûr, dès fois, c’est fatiguant !

- Heureusement, les enfants évoluent en même temps que nous. Au départ ils dorment beaucoup, nous pouvons mettre une organisation en place. Ensuite, ils sont plus éveillés…et nous mieux organisés ! Que la nature est bien faite !

- En cas de cris extrême, testez la balade. En poussette ou en voiture, en général, ça calme tout le monde.

- On a tous les droits et un tas d’excuses de se sentir parfois débordé. Alors, dans ces moments là, appuyez sur la touche veille. Vous verrez, ça fonctionne.

Claire Barer, maman de triplés 
Le blog de triplés-  » La vie des triplés « : trucs, astuces et galères de parents de jumeaux et plus et de familles nombreuses.

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7 commentaires à propos de “Maman de triplés : y’a des jours, et y’a des jours sans!

  1. « En tout cas, il y a des jours comme ça ou, il faut le dire, c’est fatiguant. Mais ce soir, quand je vais aller me coucher, j’en suis consciente et je me le rappellerai : j’ai la chance extraordinaire d’avoir des triplés. »

    C’est exactement ce que l’on se dis tous le temps avec papounet (mise a part qu’on remplace « triplés » par « jumelles »!) lol
    C’est dingue comme je me retrouve dans tes articles….
    Courage pour la suite et…. super photo, ils sont si mignons…. c’est ce que me disent les gens quand je leur dit que je n’en peu plus! LOL

    Virginie la maman des jumelles!!!

  2. C’est tellement vrai, et parfois je me sens tellement seule face à tout ceci (papa travaille à temps plein et parfois fais beaucoup d’heure sup), ça fait du bien de voir que je ne suis pas la seule!
    D’autant plus qu’un semaine sur deux on a la grande cocotte de papa qui a neuf ans mais je vous assure que c’est encore toute une autre organisation lorsqu’elle est là. Les courses toute seule avec les jumeaux, c’est difficile aussi mais c’est pour pouvoir profiter du week-end! Heureusement je travaille à temps partiel, sinon je ne sais pas si je m’en sortirai! Et en plus tous ces gens qui gravitent autour et qui ne comprenne pas à quel point ça peut être difficile parfois!
    Il fait du bien ton blog!
    Merci

    • Merci Stéphanie pour tes encouragements. Comme je te comprends pour les journées difficiles, surtout si le papa bosse beaucoup. Ton blog avec les petits loups (et la grande!) est adorable. A très bientôt pour de nouvelles aventures.
      Et oui, j’allais oublié, tu n’es pas seule! On est vraiment des SpiderMamans et tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas!

  3. Les enfants couchés à 19h. Je n’y arrive pas et pour le moment j’en ai qu’1 seul. Que ferais je quand les 2 autres arriveront à la fin de l’année ?

    A quelle heure dîne tes triplés ? et à quelle heure prennent’ils leur gouter ?

    Avec la reprise du boulot en avril, je l’ai mis en crèche et je rentre à la maison vers 19h10. Donc mon fils dîne vers 19h30. Et il est couché au plus tôt vers 20h30 et il s’endort vers 21h30 dans les bras uniquement (de maman ou papa). Là je suis en arrêt maladie avant le début de mon congé maternité vers la 23 septembre et je n’ai pas changé nos habitudes. En plus le gygy m’a dit hier, repos maximum… donc j’avoue que je suis encore plus limité dans mes mouvements.

    • Quel âge a ton ainé ? les jumeaux arrivent quand ? Ici, pour le goûter c’est plutôt vers 16h/16H30 (mais dès fois ils font une très grosse sieste). Le soir, jusqu’à 2 ans, ils mangeaient vers 18H45 mais maintenant (4 ans et demi), ils mangent plus vers 19h30 puis une histoire et au lit. Un seul reste avec nous 10 minutes de plus à tour de rôle (je vais faire un article là dessus, j’ai une petite astuce).

      Surtout reposes-toi bien.
      A très vite,

  4. Pingback: Paracha de la semaine : "Maman, pourquoi tu cris comme ça ?" | La vie des triplés

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