Reconversion professionnelle – la suite (mais pas la fin)

Depuis toute petite, je regarde les Astérix à la TV. Enfin, j’en regarde 2 : Astérix et Cléopâtre et Les 12 travaux d’Astérix.
Dans ce dernier, l’une des épreuves devant prouver que les Gaulois sont des dieux s’appellent : « la maison qui rend fou ». Les héros doivent obtenir un formulaire dans une grande bâtisse hébergeant une administration avec des traits poussés à l’extrême.
La maison qui rend fou La maison qui rend fou2

En ce moment, je suis entrée dans cette maison complètement toquée.

Sachez que si je continue a être discrète sur le domaine de la formation, ce n’est pas juste pour l’effet teasing. Bien que j’en apprécie le suspens.
Simplement, j’attends l’écho des 3 mois, celle où l’on vous dit que tout va bien. Avant, on n’est pas toujours très serein concernant l’issue. En tout cas, pour moi, Claire la flippée, c’est le cas.

Pour vous faire vivre cette histoire à mes côtés, il va falloir du détail pour bien comprendre le cheminement. Si c’est chiant, le blog de It’s a mum’s life vous détendra. Vous pourrez repasser ici demain. Je trouverai un sujet plus universel et moins « moi je ».

C’est pas des conneries ce qu’on dit sur les administrations.

Résumé de la situation : je suis licenciée économique. Dans ce cas précis, on propose au licencié de souscrire à un CSP : le Contrat de Sécurisation Professionnelle.
Pour faire vite, c’est un accompagnement renforcé pendant un an par un conseiller Pôle Emploi spécialisé. Dans les faits, on vous contacte environ tous les 15 jours pour faire le point. En plus de cet accompagnement spécifique, il y a aussi des avantages financiers par rapport à l’allocation de chômage standard (appelée « ARE – Aide de Retour à L’emploi »).
Enfin, et c’est surtout sur ce point que ça m’intéresse, ça permet de rentrer dans des cases qui facilitent l’obtention de financement dans le cadre de formation.
Dans mon cas, c’était donc tout indiqué.
Ça, c’est sur le papier.

Comme Dora, j’ai pris mon sac à dos suis allée avec toutes mes belles photocopies m’inscrire au Pôle Emploi.
Je connais mon objectif et j’ai donc facilité le boulot de la personne qui saisie le dossier : documents classés, petits post-it de couleurs pour distinguer les fiches de paie des documents de la Sécu, de la Caf et d’autres organismes dit à « queue comme chez Mickey » où il a fallu se procurer les attestations.

Je suis pressée mais chut, faut pas le dire !

Je savais que je voulais réaliser ma formation avant de m’inscrire comme demandeur d’emploi. J’ai donc réalisé des démarches en amont bien que ce ne soit pas la « procédure » habituelle.. D’abord la pré-inscription auprès de l’organisme de formation. Les places sont très limitées et il y a des dates à respecter. Si j’avais dû attendre d’être inscrite en tant que chômeuse, cela aurait été trop tard. Ça, personne ne vous le dit.

J’ai joué l’espionne et me suis rendue dans les locaux de la formation.
Telle une panthère, je me suis faufilée derrière une employée dans les « espaces interdits au public ». Là, j’ai vu la plaque imprimée en noir et blanc et mal découpée de la personne en charge des inscriptions. Son nom était écrit sur le site internet.
Par chance, le bureau était ouvert et elle était là. Alors, j’ai tapé. Elle m’a fait entrer. J’ai raconté mon histoire, j’ai insisté sur le « projet de vie » que cela impliqué, sur mon engagement.
Elle m’a pré-réservé une place sous couvert du financement que doit m’aider à trouver le Pôle Emploi.

Evidemment, le Pôle Emploi n’a pas pris en compte mon inscription de suite. Il manquait de la paperasse. Paperasse qui évidemment n’était pas mentionnée. Tant que le dossier n’est pas complet, pas de prise en charge par un conseiller.
Rapidement, j’ai réuni toutes les nombreuses pièces demandées non sans effort, d’autant qu’il y a 3 ans, j’étais indépendante. Situation un peu plus complexe que lorsque l’on a toujours été salarié.
Je suis allée 5 jours consécutifs au Pôle Emploi pour obtenir enfin mon premier rendez-vous. j’ai rédigé plusieurs fois ma démarche sur papier, souligné l’urgence administrative. On m’a gentiment informé à plusieurs reprises qu’il n’y avait aucune raison que je sois prioritaire pour rencontrer quelqu’un avant les autres. Je comprends.
J’ai répondu avec le sourire qu’il devrait me trouver un petit coin au fond du couloir car j’allais « un peu » insister, le projet me tenant particulièrement à cœur.
Au bout d’un moment, une personne m’a reçu pour compléter mon dossier administratif mais elle m’a très poliment dit que « ce n’était pas le moment de parler de formation. Pour l’instant, il faut simplement lancer la machine administrative ensuite, un conseiller me sera attribué. »
Quand ? Pas de réponse à cette question.
J’ai donc à nouveau squatté le Pôle Emploi pour obtenir ce conseiller. Malheureusement Pôle Emploi est submergé. Je crois qu’ils ont trop de clients. Dans ce cas là, il fait appel à des sociétés externes pour suivre les demandeurs d’emploi mais pour le moment « pas de créneau ».
Toujours personne à qui expliquer mon projet. Toujours des délais à respecter si je souhaite que ma pré-inscription soit validée.

Je suis revenue chaque jour pendant 2 semaines pour tenter de dégoter le rendez-vous qui permettrait enfin de présenter ma démarche et de lancer un dossier de financement. Le mois d’août arrivant, il vaut mieux être prévoyant.
Chaque fois, la réponse était claire : « Madame, vous ne devez pas faire comme ça. C’est votre futur conseiller qui doit vous guider pour savoir là vous en êtes et là où vous devez aller ». Je comprends.

Et puis, un jour, j’ai tenté le tout pour le tout. (bien qu’à chaque fois j’essayais d’expliquer ma démarche) J’ai repéré la Directrice de l’agence Pôle Emploi et…j’ai pleuré. Pour de vrai, des larmes. (et même pas besoin d’oignon) Je me suis aussi beaucoup excusée : de ne pas suivre les démarches dans le sens programmé, d’avoir déjà pris tous les renseignements, d’avoir fait des entretiens métiers (7 en tout), d’avoir contacté des associations et fédérations de professionnels, d’avoir réalisé la pré-inscription à la formation, d’être en cours de bilan de compétence, d’être allée aux journées portes ouvertes de la formation, d’avoir échangé avec des élèves, d’avoir mangé avec le formateur. Je me suis excusée mais j’ai bien indiqué que je devais respecter des délais et que je ne pouvais m’asseoir sur un tel projet pour quelques semaines d’attentes pour obtenir un conseiller même si, bien entendu, une fois de plus, je comprenais bien que ça puisse prendre du temps…
Ne pas froisser, aller dans le même sens que l’autre, connaître son objectif et ne pas s’énerver (pour que mon dossier ne disparaisse pas des demandes à traiter) même si tout cela est un peu énervant. Un peu plus qu’un peu en fait.
Miracle, on m’a donné une convocation.
Lundi, j’ai rendez-vous avec mon futur conseiller. Ce n’est pas à côté de chez moi mais il y avait une place là-bas alors j’ai sauté dessus. Vous imaginez.

C’est une étape. Rien n’est encore bouclé. Le projet doit être validé par le conseiller et le dossier de financement doit être monté.

La maison qui rend fou commence à être ma résidence secondaire. Je connais maintenant quelques étages et quelques portes. J’arrive un peu mieux à me repérer.

bilan-de-competence-1 bilan-de-competence-2Dans les encadrés, voilà quelques points de mon bilan de compétences que je vais éviter de citer ! (à moins que mon futur conseiller soit fan de Lavie des triplés, qui sait ?!)
Si je n’étais pas moi, je crois que je m’épuiserais.

Claire, la fille qui habite au Pôle Emploi 
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23 commentaires à propos de “Reconversion professionnelle – la suite (mais pas la fin)

  1. J’ai lu jusqu’au bout et je reviendrai quand même demain :-)
    Bravo pour ta ténacité qui a payé. C’est mérite car tu sembles avoir un dossier bien monté et surtout tu sais où tu vas. Quel dommage qu’il faille faire toutes ces entourloupes…. Je croise les doigts pour que ça aille vite maintenant

  2. « pourrait épuiser son entourage »… mais LOL !
    Tous les chômeurs devraient être comme toi (si je peux me permettre) avoir la chance d’avoir une idée de ce qu’ils veulent vraiment faire, et NE RIEN LACHER !
    Tu es une battante, tu es géniale.

  3. Bonjour,
    je te lis depuis quelques temps mais je ne commente jamais. Mais là je voulais te féliciter!! Bravo, c’est exactement comme ça qu’il faut faire je pense, je suis pareil de toutes façons, quand je veux quelque chose je fais TOUT pour l’obtenir. C’est vrai qu’ils sont débordés à pôle emploi mais tu as été obstinée et ça a marché!! Encore bravo pour ta persévérance, je te souhaite d’être prise dans ta formation. Je me dis aussi que ton incapacité à te laisser décourager à vraiment dû t’aider les premiers temps avec 3 bébés…
    A bientôt, Muriel

    • Merci de laisser un petit mot. Ca me touche que vous ayez pris le clavier ;) Je n’aime pas ne pas trouver de solution. Avec les petits, au départ, dans ma tête je n’avais tellement pas le choix que nous avons voulu tout optimiser dans la logistique pour avoir ce temps précieux avec les enfants. Et heureusement car s’il n’y avait eu que couches et biberons sans les moments tendres, ça nous aurait usé avant l’heure.

  4. Qu’est-ce que je me considère chanceuse quand je lis des témoignages comme le tien! Je me lance aussi (enfin je suis presque arrivée) dans la reconversion professionnelle et j’ai choisi de créer ma société à mon inscription à Pôle Emploi. J’ai été inscrite rapidement, reçue rapidement, il manquait un papier que j’ai ramené le lendemain et tout était ok, même les paiements ont été toujours été super ponctuels. L’accompagnement pas énorme, mais je voulais surtout être autonome et j’avais les ressources pour aller chercher seule les infos.
    En tous cas, bravo pour ta ténacité, ton audace, je croise les doigts pour que tu réussisses! Et que tu tombes sur un chouette conseiller, c’est fou mais c’est vachement important…

    • J’ai fait LA rencontre lundi. Elle à l’air très efficace et elle est sympa (ce qui n’est pas pour déplaire). En fait, là je suis un peu dépendant d’eux car il y a une histoire de financement, d’OPCA… Il y a quelques années, j’avais aussi crée mon activité d’indépendante et ça avait été plus simple car moins dépendante au niveau des démarches. Là, ils doivent faire des démarches que je ne peux faire moi-même. Zut !

  5. Oh mon dieu, cette pression que tu leur à transmise, tu ne te rend même pas compte!! c’est quand même le Pôle Emploi que tu as face à toi, ce n’est pas rien comme institution……cf la nouvelle convention signée en Mars et applicable en Octobre…hé waouais!!! pianissimo, ils ont dit…..

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