Le coefficient de frilosité

Il commence à faire froid. Il y a même eu un ou deux matins où j’ai dû utiliser le désembuage particulièrement long de ma Smart. (qui s’appelle « mart » depuis qu’un saligot a arraché le « s » situé sur le pare-chocs avant)

J’ai tendance à beaucoup me couvrir. Jamais trop. On ne se couvre jamais trop ! Je suis plutôt frileuse. Mon mari dirait que je suis comme un congélateur au milieu de la banquise. J’ai très souvent un foulard autour du cou et une doudoune pour aller sur ma terrasse. Même quand il fait vraiment beau.

Régulièrement, je suis surprise de voir des copains mettre un tee-shirt manches courtes ou pire, des tongs alors qu’il y a assurément un courant d’air froid qui doit venir du Nord ! Il y a des fous partout ! Dans mon atelier, il y a un ex-militaire qui arrive presque tous les matins à 7h30 en tee-shirt. Je crois qu’il a été en contact avec de la cryptonite et qu’il possède un pouvoir anti-givre. J’ai aussi une amie qui se couvre en hiver d’un simple châle de laine et qui se plait à me dire « qu’il est largement assez chaud pour faire office de veste ».

Avec les enfants, j’essaye d’être moins excessive, d’adopter un comportement me-su-ré. Je me force à ne pas trop les couvrir. J’ai bien entendu les arguments comme quoi « leurs corps doivent apprendre à se défendre » ou bien que « trop couvrir empêche de réguler naturellement sa température ». Ça semble être du bon sens. Mais quand même, il pèle dehors.

S’habiller pour sortir : le parc

Lors des sorties au parc, on peut assister à un drôle de phénomène. En voyant comment sont habillés les autres enfants, je tente de trouver la formule adéquate pour vous expliquer mon ressenti :

N = CF x Δt°

. N représente le Nombre de couches de vêtements sur l’enfant

. CF représente le Coefficient de Frilosité de l’accompagnateur de l’enfant (c’est un coefficient basé sur la moyenne entre la frilosité de la mère, la frilosité du père et le comportement des grands-parents face au froid.
Par exemple, si votre mère répétait souvent « met ta cagoule, ça protège les oreilles et le cou », votre coefficient augmente de 3. Si au contraire, votre père disait « avoir les mollets bleus, ça fait des grands gaillards ! » votre coefficient est abaissé de 3.)

. Δt° représente l’écart entre la température extérieure et la température souhaitée pour l’enfant. (donnée très variable selon les personnes)

Cette formule offre des résultats qui peuvent quadruplé d’une personne à l’autre. Donc, pour une même température extérieure au parc, on retrouve :

– Un enfant avec une parka demi-saison
– 2 fillettes avec une veste polaire
– Un enfant en doudoune
– Une petite fille avec un anorak et une écharpe
– Un enfant en maillot de foot manches courtes

doudoune

L’enfant en doudoune

manches courtes

La fille à la polaire, le garçon au maillot de foot

et
– Mon fils en doudoune et cagoule

cagoule-enfant

Mon fils

Je suis pourtant bien sûre de ne pas l’avoir trop couvert. Franchement, il fait frisquet. Et puis, la cagoule, c’est vraiment bien !

Claire, maman au coefficient de frilosité élevé
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Bisounours des rythmes scolaires

Réforme des rythmes scolaires : présentation

La réforme c’est maintenant et c’est la merdouille. Mon petit dernier, n’est pas concerné. Il file des jours heureux dans la crèche du quartier. C’est pour les grands que ça se corse. Ils ont 5 ans et demi et font partie des géants de la maternelle alias « la grande section ».

J’habite Lyon, dans le septième arrondissement, quartier de Gerland. Vers le stade qui est un peu plus loin au fond à gauche après la piscine. Bref. Ici la réforme c’est dans sa version simplifiée :

– École le mercredi matin (pour les miens : repas + centre aéré l’après-midi, pas au même endroit)

– Activité périscolaire payante à l’année (prix en fonction quotient familial) le vendredi après-midi.

– Organisation tripartite : le corps professoral (je ne sais pas vraiment si c’est l’expression consacrée en maternelle. Vous me pardonnerez.), la mairie à travers les ATSEM (agents spécialisés des écoles maternelles), le centre social avec les animateurs pour les activités périscolaires.

Réforme des rythmes scolaires : optimisme

Comme j’aime particulièrement ouvrir ma bouche, je suis parent déléguée (Fabienne, je compatis). Donc, en plus d’avoir trois enfants concernés, je suis projetée au cœur de l’organisation. Je les connais tous : notre super directrice (ce n’est pas de la lèche, elle est vraiment super), les responsables d’animations, le directeur du centre social. C’est vrai, à la mairie je ne connais personne bien que l’on ait été convié une fois à une « discussion » qui s’était révélée être plutôt une « présentation ». Mais quand même, je sais que tout le monde y met de la bonne volonté pour que ça marche. Franchement.

Et pourtant.

Je me trouve plutôt cool sur ce coup. Et ce n’est pas une habitude… J’entends beaucoup de retours sur l’organisation pitoyable pour récupérer ses enfants, sur les animateurs particulièrement éreintés et souvent peu patients, sur les locaux complètement inadaptés (surtout les jours de pluie)…
C’est là que je pense bisounours.
J’y crois.
J’aime dire que  : « c’est chaud, mais qu’ça va l’faire » (oui, je parle comme ça !)
Je ne crois pas vraiment en la réforme dans sa mise en place précipitée et avec ces moyens peut-être un peu limités. Je crois surtout en la capacité que ces équipes ont à vouloir faire de cette obligation quelque chose de pas trop pourri pour nos petits.

Réforme des rythmes scolaires : le temps des doutes

L’histoire, c’est que je n’en suis plus tant convaincu. Le temps va sûrement aider. Chacun va prendre ses marques et puis tout va rouler… mais ça n’a pas l’air si simple. C’est une monstrueuse réorganisation qui risque de prendre beaucoup de temps. Ce n’est pas juste des animateurs à recruter en masse. Il va falloir un temps de formation, un temps de remodelage du programme global pour prendre en compte le périscolaire et en faire un apprentissage complémentaire à l’éducation formelle et pas juste une garderie. Il va falloir que tout le monde s’entende bien et marche main dans la main. Et il y a beaucoup de monde dans cette affaire. Donc, beaucoup de mains à tenir. Enfin, j’espère que mes enfants ne vont pas tomber de fatigue…

En général, dans le boulot, on se félicite d’avoir de nouvelles responsabilités. Là : école, centre social et mairie je crois que chacun est servi. Je me demande tout de même si c’est bien raisonnable ?

Claire, maman de réformés crevés et un peu déboussolés
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Le grand pardon

Je vais parler ciné et du célèbre scénario du « Grand pardon ». J’ai une culture absolument hallucinante côté 7ème art. D’ailleurs, en tant que cinéphile adepte des petits films d’auteurs suédois, j’ai pour titre préféré Pretty Woman.

Non, je ne vais parler ciné. Mais bien du Grand pardon. Ou plutôt de « Yom Kippour ». « Yom Kippour » et « Roch Hachana » en fait.

Ce qu’ils ne sont pas :

–    Des équipes de foot

–    Des termes qui veulent dire « bonjour » et « merci » en Inuit

–    Deux marques de cornichons aigres-doux

Ce qu’ils sont :

–    Les noms de deux fêtes dans le calendrier juif célébrées à dates variables entre septembre et octobre chaque année

–    Deux jours où nous mangeons beaucoup et un où il est interdit de manger

–    Des moments importants d’introspection à partager avec ceux que l’on aime

À nouveau, parce que je permets de parler religion, je rappelle que je ne pousse personne à la conversion et que si cela avait été mon intention, j’aurais enfilé un costume de superhéros pour rendre ce défi absurde et dangereux plus rigolo.

Partager une culture qui fait partie de mon quotidien est un réel plaisir. Je ne m’en prive donc pas.

Chaque année, vers cette période c’est la même chose. Je cours chez le boucher, je passe des soirées à cuisiner et je lave mes nappes soit disant « antitâches » à 90°.

Roch Hachana Kippour

C’est la période des fêtes.

Pour les juifs, cette période faste commence par la nouvelle année : Roch Hachana (littéralement : « Tête de l’année »). Nous entrons dans l’an 5775. Pour bien s’en souvenir, chaque épicerie Cacher y va de son petit calendrier offert à coller sur le frigo.

Cette fête va durer deux jours. Des jours chômés. Évidemment, à ma formation, ils n’ont pas adapté ce concept de jeudi-vendredi non travaillés.
Les enfants sont contents, nous leur en parlons depuis plusieurs semaines déjà. Ils attendent ce moment avec hâte. Il est d’usage de porter des vêtements neufs (pour une fois) : de la nouveauté pour une nouvelle année. Il est de tradition dans la maison de faire un tour chez H&M. (une robe pour chacune de mes deux filles et une chemise pour chacun de mes 2 garçons. Pas de récup’ pour marquer l’occasion !)

Les plats préparés pour le repas doivent être doux et sucrés. La table est remplie d’aliments bourrés de signification. Parmi les plus imagés : la pomme que l’on trempe dans du miel pour que l’année soit douce comme la pomme et sucrée comme le miel. (et idéalement pas trop dégoulinante ni collante comme les doigts de mes enfants après avoir dégusté ce met)

roch-hachana

D’habitude, chaque repas commence par une prière où l’on trempe du pain tressé (appelé « halla ») dans du sel. À ce moment, on le trempe dans le miel. Une histoire d’année sucrée, encore une fois. On ne se le souhaitera jamais assez !

Bon, à part manger et se souhaiter de vivre jusqu’à 120 ans, Roch Hachana – la nouvelle année, est aussi un moment de flippe total. En effet, ce jour-là va s’ouvrir le « Livre de la vie ». Pour annoncer ce moment, nous écoutons la sonnerie d’un chofar (une corne de bélier dans laquelle on souffle et qui fait sensiblement le bruit d’un pet bruyant même si avec les années il existe des « nouvelles stars » du chofar qui se révèlent.)

chofar

Ce bouquin, c’est une histoire bien plus complexe que Tchoupi, le genre de truc dont « vous êtes le héros ». Toutes les bonnes et les mauvaises actions de l’année sont recensées. Pour ceux qui ont accumulé les bons points et les images, ils sont d’offices inscrits comme « justes ». Pour les gros méchants qui n’ont eu que des bonshommes rouges dans leur carnet, bah, ça fout la mort, mais c’est illico dans la case « méchants ». Il reste donc un bon groupe à juger : les moyens. Ceux qui ont entre 8,5 et 9/20. Pour cette catégorie, il y a la session rattrapage. Ils ont 8 jours pour se donner à fond et multiplier les bonnes actions : s’excuser, aider les moins gâtés d’entre nous…

Comme ce n’est pas foutu ad vitam æternam, les redoublants pourront retenter leur chance l’année suivante. Même joueur joue encore. Rien n’est jamais perdu. Il y a toujours la possibilité de faire mieux et d’évoluer.

Pour se faciliter un peu la tâche, nous allons jeter quelques péchés dans une eau courante (rivière, fleuve, mer…). Comme il est bien sûr impossible de sortir une mauvaise action de son oreille alors, à la place, on jette du pain (rassis de préférence). Mon mari avait pris ces précautions en emportant un grand sac rempli de vieux croûtons rien que pour moi ! Comme les canards lyonnais crève la dalle, ils nous ont accompagné dans cette mission et ont boulotté une partie des péchés !

8 jours après la première sonnerie de Roch Hachana annonçant l’ouverture du livre a lieu Yom Kippour  (« le jour du grand pardon » – ce samedi). C’est un jour de jeûne, de prière et de remise en question. Au soir, le chofar sonnera à nouveau, signifiant la fermeture du livre. En espérant être classé dans les premiers, avec toujours une marge de progression !

Claire, qui a jeté beaucoup de pain dans le Rhône
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PS : Je passe du sel au miel mais je voulais vous présenter mes dernières fabrications. Je les appelerais : « Les tubes de la fierté ». (même que j’ai eu des notes pas trop mauvaises) En espérant que je continue à me débrouiller !
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Le petit dernier : l’enfant de la récup’

Il était une fois, une famille ordinaire. Pour le (s) premier (s) bébé (s) (pluriel oblige, on est sur « la vie des triplés »), il fallait tout acheter. Naturellement, la poussette s’avérait une priorité.

Amasser à l’arrivée de bébé

À ceci s’ajouta, une liste longue comme le bras. (Celui d’un géant particulièrement grand.) Bodies, gigoteuses et autres pyjamas s’amoncelaient dans l’armoire pleine à exploser. Bien souvent, il y avait un thème pour la chambre de nouveau-né. Évidemment, chaque élément était raccord avec l’environnement.

En plus de ces nombreux vêtements, la cuisine se remplissait d’un nombre impressionnant de bibelots et gadgets surprenants. Tous semblaient être une priorité pour la vie de jeunes parents. Le plus volumineux d’entre eux était sans aucun doute le stérilisateur : un engin étonnant au format effrayant. Des biberons, il y en avait de toutes les formes : des cols larges, des longs et même des un peu tordus. On aurait tout pu faire acheter à ces novices de la parentalité. De l’égouttoir à biberon en passant par la tente anti-uv jusqu’à l’horrible bac à sable coquillage à la couleur bleu passée (pour cause d’exposition au soleil, à la pluie, à la neige et autres intempéries), il y avait des objets pour chaque action du quotidien. Une multitude de « trucs » à la durée de vie hyperlimitée.

Tout dégager…à la cave

Avec les années, les caisses s’entassaient dans la cave en vue d’un vide-grenier. Soit trop tôt, soit trop loin, les brocantes s’enchaînaient sans avoir l’occasion de gagner quelques deniers (et de la place pour engranger d’autres formidables affaires que l’on n’utilisera plus jamais).

Le temps a passé et la famille ordinaire eut un autre bébé. Un petit dernier.
Cette fois-ci, ils SAVAIENT.

Récupérer

L’enfant grandi paisiblement au sein de sa bruyante fratrie. Il n’eut qu’un biberon. Celui qui se lavait facilement. Bien entendu, la stérilisation semblait pour lui inappropriée. Pourquoi ne pas laisser travailler son immunité ? La famille a grandi, mais pas la taille de la cuisine, qui demeurait riquiqui.
Les bodies se portaient tâchés de motifs improbables qui ne voulaient s’en aller, même avec le plus puissant des détachants.
Les pantalons étaient trop grands et les chaussettes de ses grandes sœurs bien roses pour un petit garçon à qui les cheveux étaient vraiment trop longs (sûrement l’expérience de quelques franges complètement loupées que l’on ne souhaite pas réitérer).
Enfin, la poussette qui s’avérait il y a quelques années une priorité n’était plus qu’un modique moyen de « transporter ». Ni jante en alliage, ni direction assistée. À la place, un vieux carrosse un peu bousillé, qui peine à se refermer et au panier troué. Même l’habillage pluie avait disparu de la panoplie. À la place il y avait un poncho taille 14 ans qui couvrait l’enfant en entier en 4 secondes chrono. La Quechua des bébés. Même galère pour le replier.

Poussette-recup

La « poussette ».

Bizarrement, mais rien de surprenant, le petit dernier, celui qui « récupérait » (les affaires et les expériences), ne se sentait pas lésé.

En tout cas, pas tant qu’il ne savait pas parler.

PS : Mon adorable Doudou, quand tu me liras un jour, sache que ce n’est pas parce que tu n’as pas eu de nouveaux bodies (certes, ceux à 10€ les 10 chez Carrouf’), que tu étais moins aimé ou que tu as eu moins d’attention. Tu es pour 5 personnes rien qu’à toi, un sourire quotidien et nous aimons te le montrer. Simplement. Autrement. 

Claire, qui cherche encore une date potentielle sur vide-greniers.org
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Le temps

C’est un sacré vicieux celui-là, on pourrait croire qu’une heure, c’est une heure. Mais non. À certains moments, une heure est une éternité (attente à la CAF, Sécu, gynéco…on a tous connu ça au moins une fois.). À d’autres, on a à peine le temps de regarder notre montre que…ça y est, la clepsydre est écoulée.  (Heureusement que Fort Boyard enrichit mon vocabulaire. La culture est partout !)

En ce moment, les heures défilent à toute vitesse. Systématiquement, quand je regarde le cadran pour prendre quelques minutes de repos, il est 23h. Les heures de sommeil, elles sont toujours trop courtes. Les salopes.

Se reposer

Voilà maintenant 4 semaines que j’ai intégré ma formation. C’est beaucoup de travail, des fiches de révisions, des bleus aux genoux, des mains abîmées. J’adore. J’en apprends un peu plus chaque jour, je commence même à parler « plombier » avec le bon vocabulaire.

SpiderPapa manque beaucoup à la maison depuis qu’il s’absente du lundi au jeudi pour son boulot. Il est chaos. Je suis chaos. Il faut se donner le temps d’intégrer le nouveau rythme, de vivre ces passions, ces emplois du temps chargés sans culpabiliser.

Levée à 6h05, couché à 23h minimum. J’ai décidé que le mercredi, j’irai au lit à 21h15. Question de survie.
Le week-end, je travaille 3 heures environ pour réviser la semaine passée. 2 fois par semaine, je sors mon gros classeur et fais des résumés. J’essaye de faire passer l’idée d’acheter une grosse plaque de placco pour m’entraîner sur les installations. Dans 75m2, un gros panneau blanc avec des tuyaux, ça le fait ?

Le jeudi soir, je profite du retour de mon mari. En plus, le jeudi, c’est sushi.
Le vendredi soir, c’est un moment en famille. Nous mettons une belle nappe, sortons du pain tressé. C’est chabbath. Ce soir-là, j’évite l’ordi.

Le week-end, je n’ai pas vraiment besoin de m’étendre sur le sujet. 2 parents,  4 enfants. CQFD

Il ne reste plus beaucoup de créneaux libres dans cet emploi du temps. À peine celui de prier pour rester en bonne santé et que tout ce rêve puisse durer.

Je ne vais pas mentir, se reconvertir c’est aussi un peu flippant, angoissant. Comme hier, par exemple où j’ai complètement foiré mon installation. Je suis rentrée minée. Ça me demande une compréhension que je n’ai pas encore et des fois, j’appelle ma mère et ma meilleure amie pour qu’elle me donne une réponse qui me plait à « vais-je y arriver ? ». D’habitude, je suis dans l’optimisation, mais avec la plomberie, ce n’est pas du tout le moment. Objectif : apprendre. Après je verrai !

Heureusement, les mecs sont très cool avec moi. On s’entraide. Il n’y a pas d’inégalité ou du moins, je ne l’ai absolument pas ressenti et je les en remercie (ici seulement. En vrai, je fais comme si de rien n’était).

Prioriser

Tout ça pour dire qu’avec ce foutu temps, qui passe plus vite que je ne le souhaiterai, je suis contrainte de prioriser. Tout ça pour dire qu’avec ce foutu temps, qui passe plus vite que je ne le souhaiterai, je pourrai moins écrire et beaucoup moins « liker ». J’espère pouvoir jouer du clavier au moins une fois par semaine. Plus, sera très compliqué. Moins, sera très compliqué.

S’il vous plaît, restez là. Parce que vous allez me manquer.
(et si tout se passe, en mars, on sera diplômé. Et qui dit diplôme, dit Champagne pour tout le monde !)

Claire, qui ne peut pas renoncer à bloguer mais contrainte de se limiter.Facebook La vie des triplésGoogle + La vie des triplésTwitter La vie des triplés

 

On les appelle « les triplés »

J’ai bien tenté de lutter contre, j’ai traversé la mer à contre-courant (au moins ça) pour permettre à chacun de se construire une identité, j’ai prévenu, insisté supplié…mais…en vain. Où qu’ils soient, on les appelle : « LES TRIPLES« .

Ce soir, c’était le cas quand on me les a appelé à la garderie : « oh oh, les triplés, y’a votre maman ! »

Quand le « moi » est en crise

(pardon, je voulais absolument offrir à cet article, l’espace d’un titre, une connotation philosophicoélitiste. Il n’en est rien.)

En réalité, je trouve que mes enfants (ici, je parle uniquement de mes aînés, les fameux « triplés ») ne sont un pas lot même si la grossesse s’apparente à une « portée ». Ils sont trois. C’est un fait. À part quand j’en oublie un ! Sinon, le reste du temps, c’est bien le cas. Je les compte souvent. Un réflexe de mère de famille nombreuse.*
Aux yeux des autres aussi, ils sont trois. Mais eux font bien moins de différence. Ils les confondent souvent et finissent irrémédiablement par utiliser la solution de facilité : les appeler « les triplés ». Evidemment, ce n’est pas le cas de tout le monde. Evidemment, certains confondent juste les filles (qui n’ont pas la même taille, les mêmes cheveux, le même visage…mais qui effectivement, je veux bien le reconnaître, portent des lunettes…) !

Je me moque gentiment, il y en a beaucoup qui font les efforts : les efforts de les différencier, de les individualiser ou tout simplement, de les appeler par leur prénom, l’un après l’autre, même si cela prend trois fois plus de temps. En général, c’est ceux qui les connaissent bien. Eux savent parfaitement qu’ils sont trois enfants bien différents.

Trois = un groupe

J’ai envie d’en faire trois grands humains bien dans leur peau. Je trouve que ça passe par la constitution d’une identité propre. (vous remarquerez que j’ai utilisé le « je ») Les techniques utilisées pour les individualiser dès la sortie chaotique de mon ventre sont très personnelles et absolument pas universelles. Je ne crache pas sur ceux qui habillent leurs enfants de la même façon quand ils sont jumeaux ou triplés. Simplement moi, je ne le fais pas. Je crois que ça ne m’est jamais arrivé. Trois couleurs différentes pour un même modèle, ça sûrement, Kiabi fait souvent des promos dans ce cas là ! J’aime qu’ils aient chacun leurs vêtements. Pas à tout prix, les filles ont des culottes communes ! (même si la culotte avec la petite souris dessinée c’est celle de Lolo Cacao, tout le monde le sait !)
Dans la même ligne de conduite, j’ai trouvé naturel de ne pas les appeler les « triplés » à tout bout de champ. Ça peut m’échapper quelques fois quand je parle à des gens. La solution de facilité, encore celle-là !
Ils sont uniques et je veux qu’ils le sachent. Mais la réalité, c’est aussi qu’ils sont trois. Un groupe de trois. Trois enfants qui ont grandi ensemble 7 jours sur 7, qui ont marché quasi-simultanément, qui se sont relayés avec les cuillères de purées, qui ont appris à patienter et à faire attention à l’autre, qui ont fait des coups montés, qui ont joué des heures ensemble dans leur immense parc pendant que je les regardais (en buvant 17 cafés pour rattraper les nuits particulièrement hachées)…

Je n’est pas souvent mal pris les réflexions dans la rue quand avec eux petits, je me promenais. Parce que, c’est vrai, des triplés, c’est un peu surprenant. Bien sûr, à la longue, c’est chiant, ça fait un peu bête de foire ou comme dans le film Les soeurs Dionne (une histoire de quintuplés qui sont monnayées à l’encontre de toute bienséance).
Heureusement, ils grandissent. La poussette géante est revendue facilement à une assistante maternelle et les regards des passants deviennent un peu différents. Ils restent toujours trois, mais 3 grands, ça impressionne moins que 3 bébés. (même si dans les faits, à chaque âge ces réjouissances) Disons que 3 bébés, c’est presque une micro-crèche en sortie !

En fait, non.

Je voulais donc pousser un coup de gueule, envoyer du lourd en disant « STOP, purée, arrêtez de les appeler LES TRIPLES », et bien non. Mon article tombe complètement à l’eau (comme les raccordements de tuyauteries que j’ai lamentablement montés aujourd’hui…et qui ont fui).
En fait, ce sont des triplés.
C’est à la fois un état de fait, une spécificité et une force. Normal que les autres ne le voient pas autrement. Mais quand même, vous pouvez les appeler par leur prénom parce que ça leur va bien. Prenez le temps de les connaître, un à un, c’est le seul point sur lequel j’ai réellement envie d’insister.

* Petite pensée à Sabines qui comptent souvent ses associés !

Claire, la « maman de triplés »…et d’un petit dernier.
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Jusqu’ici, tout va bien…

Évidemment que mon organisation est millimétrée. D’ailleurs, je me demande si la mesure inférieure se dit « nanométre » car autant d’organisation mérite sûrement une unité particulière et tellement fine qu’on ne pourrait la voir à l’œil nue.

Une classe pour chacun et chacun dans sa classe

Aujourd’hui, c’était la rentrée. Mes triplés sont dans des classes séparés en grande section, comme ce fut déjà le cas l’an passé. Ce choix est personnel. Il nous a semblé adapté à nos enfants et à leurs caractères et s’est trouvé également en accord avec les désirs des principaux concernés. Et en accord avec la structure de l’école : trois grandes sections.
Ouf, on est sauvé !

Ce choix, en termes d’organisation, est passé comme une lettre à la poste. Plus une, mais trois maîtresses avec qui échanger. Plus une classe, mais trois classes dans lesquelles accompagner les enfants le matin (avec le 4ème dans les bras pour ne pas l’abandonner dans sa poussette à l’entrée). Plus une seule note griffonnée dans le carnet de liaison pour annoncer un événement imprévu, mais trois photocopies collées massivement à la UHU.
Je me suis habituée, ce n’est pas plus mal qu’ils se sentent individuellement concernés. D’ailleurs, en ce soir de rentrée, ils étaient chacun ravis de présenter leurs maîtresses et les copains associés.
Jusqu’ici tout va bien.

Nouveaux rythmes scolaires

Je suis organisée. De façon nanométrée.
Avec la réforme des rythmes scolaires, les enfants se lèveront tôt le mercredi aussi. Cette fois encore, c’était le cas l’an passé. Ils allaient au centre aéré.
Pour rendre notre vie un peu plus funky, le centre aéré n’est pas situé dans notre école. Il faut donc réaliser le transfert entre 11h30 et 12h30 depuis la maternelle.
Heureusement, une adorable voisine va s’en charger. Jusqu’à janvier.
À ceci s’ajoute le fait que, ledit centre aéré, n’ouvrira ses portes qu’à partir du mercredi 24 septembre. Je comprends, ils doivent s’organiser. Cette réforme les impacte beaucoup et il faut un temps d’ajustement. Pour nous, malheureusement, c’est nul à chier.
Heureusement, une adorable voisine va s’en charger et les garder le mercredi après-midi jusqu’à cette date.
Jusqu’ici tout va bien.

Rentrée=paperasse

Je suis faussement émerveillée devant cette montagne de papier qui trône sur mon lit en petits tas bien établis. Trois piles, un scanner, une photocopie. En trois années, j’ai trouvé comment optimiser : remplir les documents sans les prénoms, mettre des petites croix aux crayons là où les paramètres varient, copier le tout et compléter. Je laisse les petites croix aux crayons pour égayer ma copie. (et parce qu’on ne gomme pas une photocopie !)
J’avais anticipé l’attestation pour les assurances scolaires ou plutôt pour l’Assurance scolaire, la MAE, celle que tout le monde connait, celle qui semble être la seule à exister !
Jusqu’ici tout va bien

Une vie parallèle

Je viens d’entamer ma troisième semaine de formation. J’ai découvert de nombreux outils qui portent des noms rigolos comme « extrudeur » ou « pince à emboucher » (un coin ?). Tout est nouveau pour moi. C’est fascinant et flippant à la fois. J’ai l’impression de me transformer, de vivre à fond ce métier de 7H30 le matin à 16H30 l’après-midi. Dès que je retire ma salopette pleine de merdouille diverses et variées, j’enfile mon costume de « maman ». Mais, le soir, quand la nuit est couchée, que les enfants aussi (en tout cas, il faut l’espérer), je reprends mon gros classeur pour revoir les différents raccordements et comment réaliser un coude en cuillère sur du cuivre.
Les enfants ont vu une photo de moi avec le « pistolet à feu », plus communément appelé « chalumeau ». Je suis leur héros. Au moins le temps d’une photo.
Même quand je mange, je pense plomberie. Je ne suis vraiment pas très douée. Sincèrement. Mais ce n’est pas grave, je vais travailler. Je commence à devenir « outils-addict » et en toute honnêteté, en comparaison, les fringues sont bon marché.
Jusqu’ici tout va bien

Mon mari, mon roi

Dans toute cette agitation, il y en a un qu’il m’est impossible de ne pas regarder avec admiration. C’est celui qui partage ma vie, mon roi, mon coéquipier. Malheureusement, en ce moment, il n’est pas souvent là. Et ça va durer. Il est épanoui dans son travail, ça ramène des sous et c’est un peu le prix à payer pour avoir fait tous ces choix.
Aujourd’hui, il devait repartir sur la Suisse après être resté plus que l’habitude pour être présent à la rentrée des enfants. Une fois tout son barda déposé dans la voiture, celle-ci a décidé de ne plus démarrer. Il a été bloqué plusieurs heures, a manqué des réunions.

Jusqu’ici tout va bien. Mais il ne faudrait pas trop tirer !

Claire, femme et maman consciente du fait qu’elle va en chier cette année
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Devenir parent rendrait-il tolérant ?

Je vais vous parler du monde parallèle de la parentalité ou plutôt de ce monde perpendiculaire par rapport à la vie d’avant. Virage à 90° du quotidien. En devenant maman, en étant parent, ma vision des choses sur la vie a carrément changé. C’est comme si l’image devant moi n’était plus la même. Le son derrière non plus.

Ils semblent que les nouvelles orientations choisies par mon cerveau sont propres à la situation de parents. Une simple brique de plastique moulée s’est transformée en une arme anti-plante de pied, préparer un biberon de lait se réalise les yeux fermés (ouverture du frigo et choix de la tétine compris), l’exclamation « que c’est beau ! » est l’une des expressions les plus prononcées à partir de 17h à la maison. Même quand c’est totalement faux, archifaux. Un sceau d’escargots et de limaces c’est beurk, c’est tout !

On me l’avait bien dit, « tout sera différent avec des enfants ». J’avoue que cet adage est d’autant plus confirmé quand on en a quatre.

Voici quelques situations qui ont réellement changé, quelques trucs que je n’aurais jamais imaginé voir autrement…et qui pourtant se trouve en être ainsi.

« Rhoo, qu’il est moche ! »

Avant, j’avais cette capacité de dire « que ce bébé est mignon » et de penser « comme il est moche, j’espère qu’il sera plus chou en grandissant ». Du jugement basique. Je le pensais seulement. Je disais plutôt « oh les jolis yeux » ou bien « qu’est-ce qu’il a comme cheveux ».
Désormais, je ne trouve toujours que de qualités aux nouveau-nés. Je me projette naturellement dans cette salle de naissance, ce moment d’épuisement où il sort enfin et rien que ça, me donne envie de voir le monde et ses nouveaux habitants avec des yeux de bisounours émue.

La disponibilité

« Je ne peux pas passer, j’ai 1000 trucs à faire« . Combien de fois j’ai entendu cette phrase venant des parents autour de moi. Avant que la cigogne ne me livre mon colis géant, je me déplaçais souvent pour aller voir l’Autre. Je trouvais ça un peu chiant d’être toujours celle qui faisait le déplacement. Après tout, il ne semblait pas si galère que ça de prendre une heure dans la journée pour se retrouver et papoter. 
Voilà maintenant 5 ans que je propose quasi-systématiquement aux gens de passer à la maison et que je bois des cafés par téléphone interposés pour s’éviter le temps et l’organisation du trajet.  J’écoute plus l’autre, je comprends mieux ses façons de faire et souvent, je compatis à se manque de temps, juste parce que c’est pareil ici.

Le train

Parlons-en du train ! Il mérite un paragraphe rien que pour lui (mais d’une taille adaptée à l’article. Private joke @SNCF et ses rails surdimensionnés) Les gosses qui crient, qui pleurent, ça me cassait la tête. C’était vraiment quelque chose que je trouvais insupportable. Je n’aime toujours pas, mais maintenant, je me sens mal à l’aise pour le parent en face de moi. Bien entendu, il y en a  toujours qui n’en ont rien à faire et qui nous donnent un bon sujet pour répandre du venin le temps d’un trajet. Des enfants mal élevés, il y en a partout. (J’espère toujours que mon voisin de train ne pense pas ça des miens), Mais il y a aussi ceux qui ont du mal à tenir en place, ceux qui haussent la voix pour prendre la parole (et se sentir écouté au sein de la fratrie), ceux qui font pipi tous les quarts d’heure et même ceux qui vomissent. Comme j’ai un peu de tout cela dans ma colo d’enfant et que j’essaye de gérer au mieux, j’en deviens conciliante. Je m’énerve moins en train.

Le travail

Du haut de mes 18 ans, il y avait 2 catégories : les bosseurs / les glandeurs. Depuis l’arrivée de mes enfants, il y a désormais de nombreuses catégories qui se sont glissées entre ces extrêmes. Il y a ceux qui veulent prendre du temps avec leur famille, ceux qui ont besoin de s’épanouir avec des défis professionnels, ceux qui ont des enfants souvent malades (les pauvres) , ceux qui ont un mode de garde pourri … ceux qui tentent d’avoir tout ça à la fois. Et aussi ceux qui veulent donner plus de place à la famille et se retirent temporairement du monde de l’entreprise.

La rentrée

Finissons sur ce point au coeur de l’actu’. Mes triplés rentrent chez…les grands de maternelle. 
J’ai longtemps trouvé énervant d’entendre des parents se réjouir de voir leurs enfants retourner à l’école. Après tout, « ils les ont faits, maintenant faut gérer« . Aujourd’hui, je trouve tout simplement ça humain de souhaiter à certains moments un rythme de vie différent. Avec les enfants/sans les enfants.

Depuis peu de temps en réalité, je réalise que ma tolérance aux actions des autres parents a évolué. Sûrement la multiplication de situations de la vie, qui, avec des enfants, réservent toujours des surprises, des choix pas simples à faire, des façons d’éduquer dont on doute souvent.

Bref, être parent semble rendre plus tolérant.
C’était la minute barbe à papa et Nutella : du cotonneux et du sucré (l’effet « parent » encore une fois j’imagine). Sûrement la fatigue qui adoucit les jugements.

PS : vous me pardonnerez pour l’image pourrie qui illustre cette article. C’était la seule correcte libre de droit et je suis pour la sauvegarde de la propriété intellectuelle.

Claire, maman un peu moins catégorique dans ses idées qu’auparavant.

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Reconversion pro : semaine 1

Résumé des épisodes précédents  : (pour ceux qui arrivent en cours de route) après 6 années au service du webmarketing et un licenciement, j’ai décidé que dans la vie, je voulais être plombier. Alors, je me suis lancée tant bien que mal ! Lundi dernier, c’était ma rentrée en formation ICCSER (Installateur Chauffage Climatisation Sanitaire et Energies Renouvelables). Formation en 8 mois à cheval entre le niveau CAP et le Bac pro. Je n’ai aucune expérience, juste vraiment l’envie d’apprendre, de travailler et d’y arriver. J’espère ça suffira.

Lundi dernier, j’ai réglé mon réveil sur 6h15, 6h16 et 6h17 au cas où je ne l’entendrais pas. Hors de question d’arriver à la bourre le premier jour de ma formation. Question de ponctualité.
J’ai pris ma mini voiture. J’ai longtemps hésité pour la tenue. Amoureuse de la mode oblige. Chantier ou pas, on ne lésine pas sur le style.
Pantalon de chantier et chaussures de sécu ou simple jean et basket ? Je n’avais pas envie d’être la seule à arriver toute prête (et trop propre). J’ai tâtonné le terrain et opté pour le jean.
Pour cette première journée, j’ai évité le top trop décolleté. D’abord parce que je n’ai aucune poitrine à montrer, ensuite parce qu’Il ne faut pas se mentir, j’arrive dans un monde occupé à 99% par des hommes, je dois m’adapter, ne pas être la petite pouffe qui n’ose pas se salir les mains. Je veux que l’on me prenne au sérieux. J’aurai bien le temps d’affirmer une quelconque féminité.
Pas de fleur dans les cheveux non plus. Pas tout de suite. Je suis un peu timide en vrai.

Salle de classe un peu vétuste et atelier : le décor est posé. Des conditions réelles.

Formation professionnelle : formalités

17. C’est le nombre de stagiaires que nous serons cette année répartis sous la forme suivante :
– 4 « petits jeunots » de 24/25 ans
– 11 entre 29 et 35 ans (dont je fais partie)
– 2 de 45 ans et plus
La majorité a déjà un pied dans le monde du bâtiment mais pas de la plomberie sauf pour l’un d’entre nous qui envisage de récupérer la société de son père. Je suis clairement la plus novice. Ce n’est pas grave, j’ai très envie d’apprendre et j’avoue trouver ça très excitant de découvrir quelque chose de complètement inconnu. Mais alors, complètement !
Nous sommes 2 femmes, l’autre étant la doyenne de la formation. Elle a travaillé des années dans l’humanitaire et ça faisait deux ans qu’elle espérait cette formation. Deux du groupe sont hébergés sur place.

Cette formation en plomberie est dispensée par l’AFPA (Association nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) c’est pourquoi je ne me retrouve pas en lycée avec des grands ados de 16-17 ans.

Au niveau des horaires, ce sera 7h30-16h30 sauf le vendredi après-midi où nous sommes en congés. Pour ma part, ce temps libre sera destiné à remplir le frigo dévasté et à gérer les différentes démarches « administratives » ou « logistiques » nécessaires au bon fonctionnement de la Maison. Je vais pouvoir récupérer chaque soir mes enfants. C’était l’une des conditions pour mon entrée en formation. Je ne veux pas qu’ils se sentent lésés même s’il semble évident que le rythme de l’année va être différent.

Le groupe

Je n’y avais pas vraiment songé au départ, mais retourner à « l’école » c’est également rejoindre une nouvelle classe, un nouveau groupe. Bah franchement, c’est super sympa de faire des blagues ridicules, de s’encourager, de se soutenir, d’apprendre. Pour le moment, aucune alerte rouge « caractère incompatible » n’a été déclenchée. Pourvu que ça dure.
Le travail en commun facilite les relations humaines. Laver un atelier qui ressemble à un garage laissé à l’abandon pendant 25 ans, ça resserre les liens.

Levé de rideaux

Nous avons réalisé nos petits cartons avec nos noms et avons joué au « présente l’autre comme si c’était toi ». Nous avons fait un tour de l’outillage, j’ai été à casto me racheter une clé à molette qui comme me l’a dit mon formateur « n’est pas pour jouer aux poupées« . L’atelier est compartimenté en 17 espaces. Chacun a tiré au sort le box dans lequel il travaillera toute l’année. Ce sera le n°5 pour moi. Bien au centre… Nous avons démonté les installations réalisées l’année passée, avons buriné les trous et rebouché le tout puis poncé.
J’ai appris à faire du plâtre. Je suis novice. Je l’ai déjà dit, c’est encore vrai.

atelier

Ma box n°5 « propre »

Dès mercredi, nous nous sommes vraiment lancés dans le vif du sujet en étudiant les particularités des tubes en acier. J’ai appris plein de trucs : les différentes vannes (« ouvre les vannes »), les diamètres, les obscures mesures en « pouces ».

Le lendemain, nous avons découvert comment « fileter ». Cette opération consiste à transformer le bout d’un tube en pas de vis afin de pouvoir ajouter un raccord. C’est du chinois aussi pour moi, mais je mise tout sur ma mémoire (et mes petites fiches de collégienne bien surlignées !). J’espère qu’elle me sauvera. Pour réaliser un tube fileté, il faut utiliser des outils particulièrement flippants. C’était géant.

outils

Les « gros outils »

J’ai tout de même eu le droit à une petite blague mignonne : « Claire, tu dois retourner en magasin pour t’acheter des outils ?
– Non. Pourquoi ?
– Parce que tu devrais aller t’acheter des bras« .
C’est légitime ! Ça m’a fait rire. C’était bien attentionné.
C’est vrai que comparé au Monsieur Muscles -ancien soudeur- du box de devant moi, il n’y a pas photo, il faut que j’aille m’acheter des bras ! Que je les façonne un peu en tout cas. Ça viendra.
Je devrais peut-être poster une photo de biceps avant/après !

Vendredi, nous avons lavé à grande eau nos box pourris, avons souri avec fierté en voyant nos bouts de tubes « filetés », nous nous sommes souhaité un bon week-end chacun par nos prénoms.
J’avais ma fleur sur le côté.

tube fileté

Le « filetage » : un tournicoton pour visser en bref !

J’ai mis RTL2 à fond. Il y avait du soleil. Ma salopette, que j’avais enfin osé porter et qui m’a valu un « la salopette, ça pète » était sale. Comme un vrai ouvrier.

pantalons

un peu moins « bleus ».

J’ai retrouvé mes enfants, leur ai présenté quelques outils, comme chaque soir cette semaine.
On a mis les chapeaux pour acheter des cônes glacés. On s’est assis sur l’allée verte devant l’appartement, avons rigolé et avons joué ensemble un bon bout de l’après-midi avant de finir tous crevés sur le canapé à tenter de comprendre les dialogues de Mickey-Les trois mousquetaires. Le soir, mon mari nous a enfin rejoint après cette semaine si riche où nous étions séparés. Je n’ai pas arrêté de parler. Une gosse de 5 ans. Une de plus dans l’appartement.

C’est dingue à dire, surtout pour de la plomberie, mais j’ai l’impression de vivre une formidable aventure. Bricoler, fabriquer, se dépenser physiquement, avoir des relations franches, toucher à de gros outils, apprendre quelque chose qui me plait : je ne veux pas me réveiller. Pourvu que ça se passe bien, pourvu que je réussisse à gérer, pourvu que chaque semaine à venir m’apporte ce lot d’épanouissement et de gaieté.

La semaine prochaine, c’est une autre rentrée qui va se préparer.

PS : ce blog a, dans sa majorité, puisé son inspiration dans ma vie de maman. Je sais bien que certains ne sont pas là pour entendre parler tubes et autres évacuations, chiottes ou chalumeaux.
Cette formation, dans le cadre d’une reconversion professionnelle, va durer 8 mois. C’est pour moi une source de réjouissance et assurément aussi de futurs doutes ou difficultés. Il m’est impossible de ne pas régulièrement l’évoquer. Vous risquez donc un peu d’en entendre parler.

« Ne fuyez pas, la plomberie c’est sympa« . ©
(ce slogan est déposé par le syndicat des futures plombières en pleine reconversion consciente de la difficulté à éprouver de la sympathie pour de la tuyauterie)

Claire, prête à y retourner.
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Les rentrées des classes

« Maman, à chaque veille de rentrée c’est la même chose. J’ai du mal à m’endormir. Et si je n’y arrivais pas, et si je rate des cours, et s’ils ne m’aiment pas ?
Maman, j’ai les chocottes.

Comme tous les ans, j’ai préparé mon sac pour demain. J’ai déposé mes vêtements à côté du lit. Même la culotte et les chaussettes pour ne pas ouvrir frénétiquement chaque placard à cause du stress alors que je sais parfaitement où ils se situent.
J’ai fait ma trousse bien proprement en y mettant beaucoup de feutres de couleurs. J’adore avoir plein de choix et les prêter à mes copains.
Je crois bien que je suis prête mais quand même ça fait peur.
Peut-être que le prof’ ne sera pas sympa. Ou pire, il va me détester et me réprimander !
Et si je me retrouvais toute seule à l’heure du repas ? Si personne ne veut s’assoir avec moi ? Si je ne comprends rien ?
Maman, tu es sûre que ça va bien se passer ? »

Les veilles de rentrée se déroulent toujours de la même façon.

Demain, c’est ma rentrée des classes. J’entame une formation de 8 mois pour devenir plombier-chauffagiste. Franchement, je n’y connais rien. Pas encore.

différentes-pinces

J’ai réalisé un petit mémo !

J’ai fait des petites fiches de maths (niveau 5ème) pour me rappeler apprendre les conversions et les mises à l’échelle. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait de mathématiques. Longtemps. Je n’étais pas très fortiche. En vrai, j’étais nulle à chier. Encore aujourd’hui, je me demande comment j’ai réussi à faire des études supérieures en comptant si mal. Je vais me rattraper.

tableau-conversion

DIY : un tableau de conversion format pocket plastifié.

J’ai acheté deux pantalons, une salopette et des chaussures de sécurité. C’était bien compliqué. À croire que le marché de la femme dans le BTP n’est pas très développé. Ah bon ? En plus, il semblerait que le 36 fillette n’existe pas à part sur Amazon. J’ai surfé et me suis fait livrer.

Ma réelle crainte se situe deux têtes plus bas, à hauteur du ventre environ.

Seule

Ma réelle crainte est de ne pas être assez disponible pour mes 4 enfants, de passer mon temps à jongler entre l’école, la crèche, le centre social, les courses, les rendez-vous chez le doc’, les activités extrascolaires et tous les à-côtés. En fait, je sais très bien que c’est comme ça que ça va se passer. J’espère que mes petits ne se sentiront pas lésés et que j’aurai toujours l’énergie de leur apporter l’attention dont ils ont chacun besoin.
Du dimanche soir au jeudi soir, je suis seule. Pas de mari, pas de mamie, pas de papi, pas de répit.
Je vais commencer à 7H30, comme sur les chantiers. C’est pour nous habituer.
Évidemment, il fallait une solution fixe et fiable pour les débuts de journée. Je fais appelle à une nounou à domicile.* C’est la première fois. Nous avions toujours réussi à nous débrouiller sans jusqu’à maintenant. Elle amènera les enfants à l’école et Doudou à la crèche.
La peur est au niveau des imprévus. Il y en aura. Il y en a tout le temps.
Ça va commencer dès la rentrée scolaire avec le centre aéré qui ne commence que fin septembre les mercredis après-midi. Et avant, je fais comment ?
J’en ai parlé à mes adorables voisines pour m’assurer. Je n’aime pas demander de service. Sûrement la peur que mes copines détournent le regard en voyant s’afficher mon numéro et en se disant « non, pas encore une fois ». Alors, j’évite au maximum. Les urgences seulement. Heureusement, des urgences, il y en a beaucoup moins souvent.

Demain, c’est ma rentrée des classes. Mon cartable est prêt. C’est bientôt l’heure de plonger. Comme dans toutes les bonnes baignades, j’espère ressentir cette douce fatigue toujours agréablement accompagnée d’épanouissement et de liberté.
Je crois que je vais sacrément m’éclater.
S’il vous plaît, dites-moi que tout va bien se passer.

caisse-à-outils

Mon cartable

Ce texte a été rédigé dimanche soir (hier). Je suis donc en ce moment même en pleine découverte de mon atelier et de mes petits grands camarades.
* Pour une garde d’enfants de ce type (dans notre cas, 4 matinées par semaine de 6h45 à 9h00), j’ai découvert que la CAF pouvait octroyer une allocation appelée « Complément libre choix du mode de garde ». Cette allocation est conséquente notamment lorsque la fratrie compte un enfant de moins de 3 ans comme c’est le cas ici. De plus, nous faisons appel à une société de services à la personne. (Parce que trouver une nounou à domicile pour 4 enfants dès 6h45 du matin c’est…très compliqué) Le tarif est déductible à 50% des impôts. Le budget total s’élève à environ 85€ par mois après déduction. Je pensais sincèrement que cela allait être beaucoup plus douloureux pour nos comptes bancaires.
Merci ma France de m’accompagner dans ma démarche de reconversion.
Plus d’information sur le site de la CAF 

Claire, qui espère être bientôt plombière
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