Quand on a envie de changer de métier

J’avais promis que j’évoquerais la reconversion professionnelle dans sa globalité. Alors, j’ai pris un grand sac et je vous ai fourré à l’intérieur un tas de choses plus ou moins intéressantes que chacun peut trier en fonction de ses envies.

Tout commence avec un point d’interrogation : « ? ».

Le goût d’autre chose, d’autres envies, une autre vie. En tout cas, pour ma part, ça a commencé comme ça : « qu’est-ce que je veux faire vraiment ? » Une sorte de crise de la trentaine mêlée à mon incapacité à supporter le « moyen ». Ne pas avoir de regret, vivre chaque matin en souriant, s’éclater comme un gosse dans une piscine à balles, le plus dur, c’est de répondre à cette question.

Je crois bien que la reconversion professionnelle, c’est d’abord un choix. Je sais, j’y vais, je me lance. Puis, viennent LES questions ?

Modifier ses habitudes, se former, repartir de zéro.  Et comment on va bouffer, et les nouveaux horaires, et les gardes pour les enfants ? Et aussi, est-ce que j’en suis capable, est-ce que ça va le faire ? Et enfin, combien je vais gagner de fric derrière, est-ce que je vais trouver du boulot, est-ce que je peux encore me permettre une triple reconduction de CDD ?
Je ne suis pas experte en reconversion professionnelle. Je suis juste une maman, ancienne profession libérale qui ne s’en sortait pas trop mal puis salariée, mère de 4 enfants avec un mari qui travaille à l’étranger. Mais je me suis interrogée, j’ai organisé cette nouvelle vie et je me suis lancée. Alors, sans donner de leçon j’ai envie de partager cette expérience dont je suis ressortie indemne et grandie. Jusqu’ici.

Boire un tas de café et discuter

Avant toutes démarches, je me suis renseignée. J’ai harcelé, posté des questions sur Facebook sur le moyen d’obtenir un financement. (j’en profite pour dire Merci Emmanuelle, Merci Claire) Puis, Pagesjaunes.fr ouvert devant mes yeux,  j’ai contacté du plombier ! Plein de plombiers ! Et j’ai bu des cafés, un tas de café avec ces dit plombiers.
Je les interrogeais sur : le métier, les compétences nécessaires, les risques, les débouchés, le marché de l’emploi. Je conservais une carte de visite de côté pour un futur stage, au cas où. Et je les regardais me regarder. Voir quel regard ils posaient sur moi, cette femme pipelette qui sourit à la vue d’un outil, qui voulait devenir plombier.
C’est aussi ça jaugé son futur environnement professionnel. Savoir si l’adaptation va être jouable. Pour ma part, rien n’est injouable. Tout dépend de sa dépendance au jeu !

J’ai également fait « deviser » plusieurs formations (vous verrez, après ce document aura de l’importance) qui correspondait à mon souhait et suis allée visiter les différents centres.

Une fois toutes ces réponses bien consignées dans des docs Word, les démarches administratives pouvaient commencer.
changer-de-travail

Quitter son emploi, embrasser Pôle emploi : une histoire de famille

A ce moment, l’idée est bien installée et tant mieux. Parce que franchement, c’est la trouille au cul (expression particulièrement vulgaire mais aussi particulièrement juste dans ce cas précis) qu’il va falloir envisager de quitter son job, son quotidien, son gagne-pain.  Une nouvelle fois, je ne parle que pour moi mais mon job, il comptait. Le salaire qu’il me rapportait aussi. Le Graal était donc d’obtenir d’une part un revenu via le pôle emploi, d’autre part, le financement total de la formation. Le beurre, l’argent du beurre, la crème, le petit lait…. Après tout, pourquoi pas ?!

C’est grâce à une bonne étoile et quelques très belles rencontres dans mon ancien job que j’ai pu obtenir des conditions favorables pour mon licenciement.
La réalité est qu’une reconversion professionnelle engage toute la famille. C’est pas juste un trip sur des tubes cuivre et PVC, c’est une nouvelle vie. Il a fallu faire des calculs, mon mari a pris un nouveau job. Ça a compensé la perte financière. Il doit s’absenter 4 jours et 3 nuits par semaine. On ne peut pas gagner à tous les coups !

Quand Leetchi ne suffit pas

ALERTE : Lorsque vous franchirez le pas d’une reconversion professionnelle, vous devez savoir qu’il faudra du labeur, du sang et de la sueur pour obtenir le financement. Et des larmes aussi. Ça marche bien les larmes.

Une formation c’est cher sa race. Presque le prix  d’un mariage. Dans mon cas, j’ai suivi une formation de 8 mois 1200 heures, stage inclus. Il était inimaginable de payer tout de ma poche. D’abord parce que je mets des slim et qu’il n’y a pas beaucoup de place pour glisser plein de billets (que je n’ai d’ailleurs pas), ensuite, parce que j’ai 4 enfants. CQFD.

Je vous laisse savourer un petit épisode de cette péripétie qui heureusement c’est terminée par une validation de mon dossier en moins de 1 mois. Mais il y a eu harcèlement (c’est moi qui ai harcelé, la précision est nécessaire), maintenant que j’ai terminé, je me dénonce.

Si un seul conseil devait être donné sur ce point, ce serait : ne lâchez rien. Écrivez des courriers, déplacez-vous, insistez pour obtenir un conseiller, téléphonez, prouvez le bien-fondé de votre démarche (rapport d’entretien avec des professionnels du secteur, stage d’essai – le pôle emploi peut fournir des conventions de stage -, bilan de compétences). C’est vrai que ce n’est pas très marrant d’insister autant mais j’ai eu l’impression d’être comme devant un banquier pour obtenir un prêt. Il a fallu justifier de l’investissement. Évidemment, comme pour tout investissement, j’ai fourni un devis (cf. paragraphe 2)

Une fois que ce truc infernal administratif est bouclé, on commence à sentir monter l’adrénaline et plus vite que l’on ne se l’imagine c’est le grand jour de la rentrée. Mais avant, j’allais oublier l’un des points les plus importants : les enfants.

Avoir des enfants et changer de métier

Formation à temps plein, une famille pas dans le coin (et pas très grande non plus), une maison à faire tourner et mon mari loin. Bien sûr, vu sous cet angle, ça ne parait pas très cool. D’ailleurs, « cool » n’est assurément pas le bon mot quand on est dans cette situation.

Un problème, une solution. Je crois qu’il est préférable d’effriter les grosses boules de tracas en plein de petites miettes pour mieux les observer une à une. Et aviser.

J’ai pris une nounou à domicile pour le matin avant l’école (je devais être devant ma formation chaque matin pour 7h30 avec une quinzaine de minutes de trajet). Avec un enfant de moins de trois, j’ai pu bénéficier d’une aide de la CAF.
L’avantage de faire appel à une société de garde c’est qu’en cas d’absence, il y a toujours un remplaçant. Seule, je n’avais pas le choix.
J’ai remis une liste longue comme un rouleau de parchemin à toutes les maîtresses de mes enfants et à la crèche avec des personnes à contacter en cas d’urgences (principalement voisins et amis).  Il y a bien entendu eu quelques maladies par-ci par-là, mais l’hiver a été clément.
Et puis, j’ai discuté avec la Directrice de l’école des enfants et avec le corps enseignant pour expliquer la situation et ma présence limitée. J’ai conservé une place aux délégués de parents d’élèves pour continuer à être au courant de la vie de l’école.

J’ai aussi beaucoup parlé avec mes 4 petits. Pour qu’ils comprennent le changement et qu’il n’hésite pas à me faire part de leur ressenti. Franchement, c’est des petits vaillants. Ils se sont très bien habitués au nouveau rythme et ont su faire preuve de beaucoup de compréhension et d’encouragements. Franchement, c’est des super enfants. (Surtout sous l’influence de bonbons)

En gros, sur ce paragraphe, il faut retenir qu’il faut « parler » et présenter sa situation, juste parce que c’est tellement plus simple quand l’autre comprend votre quotidien ou en tout cas qu’il en a conscience.

Se lancer

Cette étape, c’est vraiment la plus cool de toutes. Essayez.

 En résumé, changer de métier ça a été (vision personnelle et non issue d’un séminaire spécialisé dans la reconversion pro):

1) avoir l’idée
2) se renseigner (quitte à paraître névrosé)
3) quitter son emploi – négocier 
4) se renseigner (encore) 
5) faire la queue dans les administrations, rester calme, ne pas s’énerver, pratiquer le harcèlement : obtenir un financement
6) blinder sa logistique et expliquer sa situation à son environnement
7) se lancer
8) s’amuser

J’ai découvert cette chanson (d’une artiste rap qui vaut vraiment le détour) il y a peu et franchement elle donne la pèche quand on a besoin d' »Oser » !

[youtube=https://youtu.be/KFJ_fFfsfNY]

Claire, la jeune plombière

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That’s all folk’s

Note de l’auteure : Si vous vous êtes paumés ici par hasard ou parce que Google à encore plané, voici un petit synopsis : après plusieurs années dans le webmarketing et les couches, j’ai décidé de devenir plombier et je viens de terminer une formation ICCSER à l’AFPA (Installateur chauffage, climatisation, sanitaire et énergies renouvelables.)  Je ne suis pas très douée alors je compense par le travail. Jusqu’ici ça marche alors je continue


. Remise du diplôme dans le cadre de ma reconversion professionnelle en installation sanitaire, chauffage et énergies renouvelables :
 13 mars 2015
. Date du jour : 16 avril 2015

L’atterrissage

J’ai atterri. De New York d’abord. Nous y avons fait une escale avec mon mari. Une semaine.
Une semaine pour couper. Une semaine pour se reposer. Une semaine pour se retrouver, échanger, partager, prendre du recul sur cette putain d’année.
Les premiers jours de ce voyage aurait pu se dérouler avec Cranemou (excuse-moi de t’affubler de cette image de pochtronne, mais tu y contribues largement, photos et grimaces à l’appui): beaucoup de vins et des copains. La marraine de mon David (le petit dernier) habite Brooklyn, une occasion rêvée pour passer enfin du temps ensemble, là-bas, hors du temps. Et puis, on a beaucoup marché. La tête en l’air, souvent, pour admirer ces tours gigantesques.

Ensuite, il y a eu Paris. J’y ai fait un pèlerinage sur la ligne de RER D accompagnée de l’une de mes meilleures amies. Je suis passée devant les anciennes maisons où j’ai habité, dans le cimetière où mon père est enterré. Un chemin de croix, une envie de voir les choses autrement, de me sentir libérée, délivrée et blablablala… Le soir, on a bu. Encore. On a joué les nostalgiques, regardé Flash Dance à la TV, je crois même me rappeler avoir un peu pleuré.

Ensuite, à nouveau, j’ai atterri.

Ça a pris presque un mois et je suis en plein jetlag.
La formation est finie.
Je suis diplômée en plomberie.
La formation est finie.
Ah… je l’ai déjà dit. C’est parce que c’est dur à croire.
Ça a commencé un soir, au moment où les enfants dorment enfin, où la maison est propre, où mon ventre ne crie plus famine. Vers 23h en général… Depuis 8 mois, chaque fois, vers 23h, je profitais de ce moment béni par le dieu des enfants dormeurs pour sortir mes classeurs et réviser. Et là, plus rien. Plus de révision.

Puis, il y a eu la voiture. Le moment où j’entre sur le périph. Chaque fois, j’ai l’envie de prendre la direction de mon centre de formation. Et puis non. Il faut aller faire les courses chez Lidl. Le frigo manque cruellement d’être réapprovisionné.

Et, il y a surtout le quotidien, les cafés, l’atelier, les blagues, les autres, le camion dans lequel j’ai adoré fumer. Purée, ça manque. C’était un truc de fou. Il m’a fallu un mois pour être capable de redire (car je sais vous avoir déjà bassiné avec ça), c’était un truc de fou.

Vous avez été nombreux à être là, sur Facebook, twitter, en commentaire, au téléphone, en face à face (un merci particulier à Catherine, fromagère et éleveuse de filles qui se reconnaîtra). Quel coup de boost ! Quelle fierté vous m’avez offerte ! Vous y croyiez plus que moi !

Je ne vais pas me vanter, je suis un modeste plombier débutant. J’ai fini les épreuves de mon examen dans la douleur, les doigts complètement cramés, les phalanges lacérées par le cuivre et divers outils contondants.J’ai refilé mon stress à l’intégralité de ma formation. J’ai failli m’effondrer en larmes au moment des résultats. (En fait, de façon très prévisible, j’ai pleuré. Mais un peu plus tard, en privé.) Ils ne sont pas habitués à cette effervescence d’émotions chez les plombiers !

Pour moi, ça a été aussi ça d’être une femme au milieu de tous ces garçons. Au début de cette aventure, je faisais très attention, je limitais mes émotions. Pas tant que toutes les femmes sont sensibles, moi oui. La sensibilité n’est pas le critère de recrutement n°1 dans ce type de boulot. Mais en période d’examen, dans ce moment où j’ai tout donné, où il n’y avait plus de limitations, plus que de l’émotion, de l’envie, j’ai lâché. J’ai été moi, à 100%, excessive, émotive, nerveuse, joueuse.

Et j’ai gagné.

Putain (2 fois que ce gros mot reviens dans l’article. Pardonnez-moi les grossièretés, c’est encore cette satanée Emotion qui parle. Encore une fois. Je ne contrôle pas même mes doigts sur le clavier.) que c’était bon ce moment où ils ont cité mon nom. Une sensation de montée des marches sur le tapis rouge version chiottes et bidets. En quittant le centre dans ma voiture, j’ai mis la musique à fond et j’ai crié comme une dingue.

Mon sourire n’a pas quitté mon visage depuis.

Et après la formation ?

La reconversion professionnelle. Je ne savais pas vraiment ce que ça pouvait bien être avant. Des histoires d’initiales : DIF, CIF, CSP… ?

En 8 mois, j’ai appris les bases d’un nouveau métier. Maintenant, je dois pratiquer. Beaucoup. Faire pour maîtriser. J’ai déjà plusieurs chantiers à réaliser. Je vais me faire aider sur certains. J’en ai besoin, je ne le cache pas. Je suis jeune plombier.

Puis je vais rapidement m’inscrire en boite d’intérim. J’ai besoin de faire de la répétition. Poser 50 éviers, en chier et être la reine de l’évier ! J’espère trouver des missions. C’est aussi ça la reconversion pro, être débutant, sans expérience, repartir de zéro. En intervention, je garde ma fleur sur l’oreille et me déplace en Smart jaune. À la fois, on est plus à ça près !

J’ai aussi besoin de repos, au moins un peu. De réaliser. De prendre le temps de savourer ce moment où je me sens vivre pleinement et de profiter des gens que j’aime.

En bref et en images

Comme cela fait un mois que je n’ai pas écrit ici, j’ai décidé de vous faire un résumé du 3615 MaLife de ces dernières semaines en bref et en images.

formation-ICCSER

La pièce que j’ai réalisé le jour de l’examen. (raccordement d’un chauffage, d’un évier simulé et d’un robinet de machine à laver + raccordement électrique et mise en route d’un climatiseur)

plan examen ICCSER

Le plan de l’examen appelé aussi « la pièce du boucher » (rapport aux tâches de sang)

ILove NY

Des souvenirs de New-York

vannes plomberie

Encore des souvenirs : les belles vannes de NYC

nettoyage de printemps

Retour à la maison, tri et nettoyage de printemps pour préparer Pessah : la pâques juive.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’histoire de la pâques juive, c’est par là.

Urgences

Deux petits tours aux urgences avec les enfants pour ne pas perdre la main (dans nos 2 cas précis, les chevilles plutôt.)

camping de la Regnière

Quelques jours en famille en camping (heureusement des logements en durs et des toilettes perso…#bourgoisedesvacances)

installation evier plan de travail

1ère installation de diplômée : un évier encastré sur plan de travail. J’ai mis du temps et j’apprends petit à petit.

??

PS : Pour achever le chapitre de la formation dans la cadre d’une reconversion professionnelle, je rédigerai dans les prochains jours un article avec des petits conseils qui m’ont permis de mener à bien ce début de nouvelle vie pro sans trop abandonner ma famille et mes obligations. Pas trop. Un retour sur expérience pour peut-être orienter ceux qui ont envie de se lancer. Ensuite, sur ce blog, on reparlera de biberons, de caca et de Kirikou..

Claire, jetlaguée

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Vendredi.

Aujourd’hui, on est vendredi. J’ai le soleil plein la tronche, RTL2 dans les oreilles et je me sens pousser des ailes. Aujourd’hui, c’était mon dernier jour de formation. Bon, il y a aussi lundi et puis j’enchaîne sur l’examen jusqu’à vendredi matin. Résultat le 13 mars.

C’était quand même un peu mon dernier jour, la fin de la dernière semaine hors examens. La fin d’une étape.

Purée, mais quelle formation ! J’écris à chaud, le cœur plein d’émotions, de papillons. Une putain de dose d’adrénaline est en train de se décharger. (Aucun jeu de mots graveleux ici)
Je suis très sincère quand je dis que je ne suis pas du tout sûre de réussir mon diplôme. Franchement, toute l’année j’ai lutté contre le fonctionnement naturel de mon cerveau. Mes mains ne m’ont pas toujours suivi. Mais c’était l’éclate. Un truc de fou. J’ai un sourire aux lèvres rien que d’y penser. J’ai rencontré des tas de gens que j’ai tous appris à aimer. C’était riche.

Et puis…

Et puis, maintenant, je ne le cache pas, je peux me le dire : je l’ai fait. I di dit.
Que j’ai ou pas mon diplôme, j’ai acquis une compétence. J’ai appris un METIER.
Comme c’est fou.
J’y suis allée chaque jour de la semaine pendant huit mois. J’ai raté une seule journée. Chaque matin, j’ai défié mon angoisse de mon prendre la bagnole sur le périph, dans la nuit, sous la pluie. Je me suis bousillé les doigts, je me suis énervée quand j’y arrivai pas. J’ai été grossière, j’ai joué la nerveuse à quelques reprises, parce que faut pas déconner certaines fois !  Je me suis assise sur une banquette arrière de van avec 4 gars de l’atelier pour fumer des clopes en écoutant du rap. J’ai fait pas mal de café dans notre cafetière miteuse et crade. J’ai fait beaucoup de sourires, j’ai eu beaucoup de raison d’en faire.
Alors, mardi matin, je vais enfiler ma salopette, je vais sortir ma caisse à outils et je vais tout faire pour y arriver. Faut que ça le fasse. Putain, faut que ça le fasse.
Je vous dirai dès que je le saurai. Promis. Après tout, si je suis dégoutée, autant recevoir des petits messages sympas, c’est toujours cool !  Et quoiqu’il arrive, désormais j’aurai vraiment tous les arguments pour enseigner à mes enfants que dans la vie, on peut se lancer des défis quand on en a vraiment l’envie.

Merci encore à tous d’avoir accepté d’entendre parler plomberie pendant des mois. Merci de m’avoir encouragé.

remerciements

Un petit bout de mon dossier de fin d’études.. MERCI.

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Le vide absolu

Pour faire un « vide absolu »,  il faut une pompe à vide. Le vide absolu, c’est l’absence de matière. Rien. Moins que rien. Pour libérer du fluide frigorigène dans une climatisation ou une pompe à chaleur, il faut s’assurer d’avoir un vide absolu dans l’appareil et dans ses liaisons.
Vous imaginez bien, que moi, SpiderMaman de mon état, il me faut du temps, de l’énergie, du travail et au moins 5 heures de sommeil pour que ce charabia se transforme en quelque chose de sensiblement construit dans mon esprit.

Du coup, vide absolu sur le blog, sur Facebook, sur Twitter, sur Instagram, sur Google + (avec tous ces comptes, je me sens comme une « spammeuse des réseaux sociaux »)

Et pourtant, je ne suis pas si loin. Entre deux cours sur le « froid » (on n’imagine pas mais fabriquer du « froid » est quelque chose de super compliqué), j’ai toujours mon téléphone à la main. Je like ce qui me plaît à ce moment sur les réseaux, je lis les articles qui me donnent envie, je recherche les dessins de PapaCube qui refusent de s’afficher dans ma timeline (et franchement, c’est chiant).

Je ne cache pas que je me sens l’obligation de me donner au maximum avec ma famille et pour obtenir le plus de savoir et de savoir-faire possibles dans cette formation qui s’achève mi-mars.

Cette semaine, je vais enduire « mon » mur qui a servi aux multiples installations réalisées cette année en vue de l’examen final ! J’ai envie de chanter « Et c’est le temps qui court« . La version de Lââm, of course.

Et comme cette courte phrase résume parfaitement mon quotidien, je vais vous donner plein de nouvelles en vrac, brièvement, en attendant d’avoir le temps.

Happy birthday everybody

La semaine passée, nous avons reçu plus de 20 enfants à la maison pour fêter les 6 ans de nos 3 trois grands et les 2 ans de notre petit. Pour des triplés, naître le même jour, ça tient de la logique mais le petit quatrième qui naît quasi en même temps, ça donne encore plus de peps !

Comme chaque année, j’ai observé certains commandements :

– Fermer les zones qui ne doivent pas être visitées par des petits êtres en excès de sucre.

– Rendre inaccessibles les jouets qui comportent plus de 5 composants (3 pour les parents à la voûte plantaire déjà bien perforée) afin de ne pas en retrouver partout.

– Les bonbons c’est la vie.

Avec ces quelques précautions, les sourires, les amis et les cadeaux, c’était parfait. J’ai invité les petits copains d’école de 15h30 à 17H30, les plus vieux sont restés plus tard. Certains sont même restés boire un verre après le dernier coup de Dyson. Les gâteaux étaient moches mais bons.

Etat des lieux : un portable, un chéquier et une portière

Sans transition.

La vie à distance n’est pas simple pour moi. Mon mari est loin, du lundi au jeudi. Ce n’est pas simple pour lui non plus.  Quand il est là, il est là. J’imagine donc son emploi du temps bien plein. Son cerveau par la même occasion. Chez SpiderPapa, le trop plein d’information à retenir mène immanquablement à la perte d’attention. À la perte tout court. En quelques semaines, il a perdu son portable, un chéquier et un bout de la portière de ma Smart. (enfin, elle est plus cassée que perdue) Il y a aussi une sombre histoire de carte vitale lamentablement abandonnée au milieu d’un petit chemin mais je n’en parlerai pas.
Ca pimente le quotidien !

Comme à la n’école

Dans les semaines à venir, je vais réviser. Le plus possible. J’ai trois gros classeurs de polycopiés tellement pleins que les anneaux manquent de laisser échapper les documents à tout moment. Il faut également rendre un dossier regroupant tous les travaux de l’année. Enfin, il y a les jours J, la semaine d’examen : l’écrit, l’oral, la pratique.

C’est sûr, jusqu’à mars, je ne serais pas beaucoup là.
C’est la dernière ligne droite.

Merci à tous de rester là.

A très vite.

Claire

PS: j’ai obtenu mes deux modules de sanitaire et de chauffage !

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Je participe à Koh-Lanta

Ça fait trois semaines que j’ai commencé l’aventure. C’est d’ailleurs pour cela que je ne suis pas très présente par ici. Là où je suis, il n’y a pas de téléphone. Du moins, il est inaccessible.
Le midi je mange des aliments froids, les défis physiques sont intenses. Mon mari, mes enfants me manquent. Il y a plein de petites bestioles partout.

Reconversion professionnelle : le stage pratique

Ça fait trois semaines que j’ai commencé mon stage pratique de plomberie dans le cadre de ma formation. J’ai souvent l’impression de faire Koh-Lanta et je kiffe grave cette aventure. Grave, grave.
Chaque matin, à 7h30, je gare ma petite smart jaune devant le dépôt. Depuis le premier jour, j’arrive avec 15 minutes d’avance (et j’ai arrêté de mettre mon GPS seulement depuis hier). Toujours l’angoisse d’être en retard…
On commence par jeter les vieilles merdouilles de la veille (qui peuvent peser quelques dizaines de kilos !), chaque camion est rangé et les missions sont transmises pour la journée.

J’accompagne un plombier soit sur du dépannage, soit sur de l’installation ou de la rénovation. Ce sont deux pratiques bien différentes et j’ai la chance de pouvoir découvrir chacune d’elles.

C’est au moment où le moteur démarre que tout commence. Les heures s’enchaînent sans avoir le temps de les voir défiler : installation de Cumulus (« Cumulus » est une marque, comme « Frigidaire ». Là on parle de chauffe-eau), de chaudière, de radiateur, de wc, de robinet de machine à laver…et aussi réparation de fuites, remplacement de colonne d’évacuation en fonte (pas glop du tout avant le café)…
Lorsque l’on a clairement la dalle, on s’octroie une pause bien méritée autour d’un sandwich. (et d’un coca-light, of course.) Pendant ce temps qui court , je monte des escaliers, porte des outils, des radiateurs en fonte, des aspirateurs à eau… Les endroits sont dans 97% du temps difficilement accessibles (entendez, être assis dans un meuble sous évier ou coincé entre un mur et des toilettes). Dès fois, il faut ramper en trimbalant une grosse lampe branchée à 12 mètres avec un fil qui s’emmêle. (comme tous les longs fils électriques d’ailleurs !). Il fait évidemment froid et humide (voire trempée). Plomberie oblige.
plombier Et pourtant, si sur le clavier ça peut paraître rebutant, je me réveille chaque jour avec une petite joie inexplicable.Vous n’imaginez pas le nombre de choses que j’apprends chaque jour. Je découvre toutes les facettes d’un métier tellement complet. Être plombier, c’est être capable de connaître des dizaines et des dizaines de raccords, des diamètres de tubes, des appareils, des outils. C’est aussi être ingénieux, toucher un peu à tout. Enfin, c’est surtout être le maître des fluides et ça, ce n’est pas rien ! Une fuite dans un appart, ça vous pourrit un parquet top la classe en 4 minutes.

Je me rends compte de toutes ces choses qui font mon quotidien sans que je ne m’en rende vraiment compte. Tout ce savoir-faire pour amener l’eau dans mon lave-linge, pour que mes chiottes n’engloutissent pas le caca jusqu’à débordement, pour que les petits prennent leur bain. De toutes ces choses aussi que l’on peut améliorer : ce radiateur qui chauffe trop, cette douche froide que je me tape chaque matin le temps d’attendre l’eau chaude… Ce n’est pas juste une histoire de tube. Il y a de nombreuses connaissances à avoir et j’ai encore beaucoup de travail pour y arriver.

Il ne me reste que quelques jours de pratique intense. C’est assurément trop peu. Mais c’est très bon à prendre.

Avant de vous retrouver avec un rythme un peu plus soutenu (je ferais difficilement pire qu’un seul article en un mois) je tenais à ajouter cette petite annonce :

Si vous cherchez un bon plombier sur le grand Lyon, je vous recommande la société SABEKO (avec le lien parce qu’ils le valent bien). Elle m’accueille en ce moment et elle le fait avec classe. Ils sont propres dans tous les sens du terme. Ils travaillent bien, font attention à tout. Je ne fais pas beaucoup de pub mais là, je me permets. C’est un vrai plaisir de valoriser le travail bien fait.
sabeko

A bientôt.

Claire, qui termine la saison 1 de Koh-Lanta dans 2 jours.
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Du marketing à la plomberie – déformation en cours

Je vous délaisse, j’écris peu, mais je pense souvent à vous, lecteurs bien aimés et … à toi mon blog.

Les journées s’enchaînent et les soirées sont denses avec mes 4 enfants. Mais qu’est-ce que j’aime ce  tempo intense !

J’ai plein de sujets sous le coude (ou plutôt dans mon joli petit carnet), mais aujourd’hui, j’ai envie de parler de ce qui fait mon quotidien : ma formation.

Au cas où vous tomberiez ici par hasard, je me suis lancée dans une reconversion professionnelle qui me tient beaucoup aux tripes : j’ai décidé de devenir plombier. Rien que de l’écrire sur le clavier, ça me fait plaisir.

Reconversion professionnelle : le premier trimestre

J’en suis exactement à 13 SA, le premier trimestre est passé. Comme pour mes autres grossesses, j’ai beau avoir passé le cap fatidique du 3e mois, je suis toujours flippée. Je pense n’avoir de répit avec mon cerveau qu’après l’accouchement ou plutôt la certification qui aura lieu mi-mars. Une épreuve de 8 heures en atelier + un gros QCM (Questionnaire à Choix Multiples) pas très simple qui porte sur les 3 gros classeurs remplis de trucs qu’il me faut bien du temps à comprendre et de calcul (je crois que j’ai arrêté de comprendre les cours de mathématiques en CM1. Au mieux.). Il y a aussi un dossier détaillant tout le travail de l’année à remettre.
Après ça, mon cerveau sera au repos pour au moins 48H.
Viendra alors le moment de la recherche du premier emploi. Je mise sur l’intérim au départ pour enchaîner les missions et parfaire mon apprentissage.

Voyage au cœur de mes pensées

J’ai plusieurs fois par semaine de grosses remises en cause. Pas un instant sur mon choix. Plutôt sur mes capacités. Ma formation porte sur trois domaines. Elles se composent de 3 modules :

– Le sanitaire : entendez eau que l’on boit, chiottes (à réservoir attenant, à réservoir distant, suspendus, turcs et environ un millier d’autres configurations. Oui, juste pour des chiottes.) , douches, évier…  Mais aussi surpresseur, pompe de relevage, évacuations…

– Le thermique : entendez radiateurs, clim, chaudières en tout genre.

– Les énergies renouvelables : entendez panneaux solaires, pompes à chaleur…

J’ai terminé le module sanitaire et débuté le module thermique. J’ai toujours mes 10 doigts pour le moment. En entier. Ouf.
En cet instant précis, mon cerveau visualise des radiateurs, des circulateurs, des vannes 3 voies, des vases d’expansion.

Comme vous faites partie de ma vie, vous devez aussi subir ce que j’inflige à mon environnement chaque jour : des discussions incompréhensibles d’un plombier en formation. Et je me lâche. Je raconte tous les détails de mes journées, les techniques, les outils, le travail en atelier, les cours.

Mon mari est patient. Franchement, il fait de gros efforts, pose des questions. Je comprends aisément que parfois, il me demande de changer de sujet parce qu’il n’a pas la tête à comprendre mes explications farfelues ponctuées de vocabulaire technique.

En fait, le plus difficile est que tout est nouveau pour moi. Tout. C’est énormément d’information d’un coup. Heureusement, je suis scolaire. Ça, je sais faire. J’ai de belles fiches de révision ! Mais, je ne veux pas juste des bonnes notes. À mon âge, je m’en fou (je mens. J’adore toujours avoir des bonnes notes). Ce que je veux le plus, c’est comprendre est savoir-faire. Et ce n’est pas simple car je ne veux pas faire d’impasse. La plomberie c’est un peu de la mécanique. Il y a un fonctionnement à capter pour pouvoir faire les choses avec intelligence.

Le 24 novembre, je commence un stage en entreprise d’un mois. Ce ne sera pas assez, mais c’est très bon à prendre. J’ai super hâte de me retrouver dans le « camion ». J’en ai besoin aussi. Il me faut beaucoup de pratique : rencontrer un max de problèmes et surtout, apprendre un max de solution.

J’ai fait une razzia chez Décath’ : polaire, sous-pull thermique, bonnet. Je n’ai pas envie d’être frigorifiée.

Aujourd’hui, je pratique dans un atelier. Le matériel date de la guerre, on partage le gros outillage par groupe de 4 et nous disposons chacun de 3 murs (qui manque de s’écrouler à chaque perçage) et d’un établi avec notre chalumeau. C’est chez nous, notre box pour toute la formation. Chaque vendredi, une heure est destinée à leur nettoyage, au lavage complet de l’atelier, au rangement des outils et au vidage de poubelles (de bonnes grosses brouettes aux roues dégonflées remplies de tubes de cuivres, de gravats, de pvc… à aller décharger dans des bennes appropriées…et pas toujours à côté…)

L’endroit est vétuste, mais j’y vis de formidable moment et j’apprends tellement de chose.

Et puis, il y a aussi les gens.

Les hommes, les femmes

Je me suis lancée dans la plomberie. Évidemment que la question de faire un métier à tendance plus que largement masculine m’a traversé l’esprit.

Je me retrouve avec 16 hommes (formateur compris) et une femme. Parité oblige, nous avons un vestiaire rien que pour nous. (Envers du décor : il pèle sa mère, il n’y a pas de chauffage.)

Bien sûr, j’entends vraiment un très grand nombre d’allusions ouvertement salaces. Que voulez-vous, même pour moi, prude devant l’éternel, parler de tuyaux toute la journée est un pousse au crime. Je ris donc bien facilement et me surprends même quelques fois à rentrer dans le jeu. (en réalité, je crois être l’une des plus avertie dans le domaine du jeu de mots pourri)
Je prends le rôle à bras le corps ! Ça fait partie du job !

Je dois bien l’avouer : je suis chaque jour surprise. Surprise de cette relation qui s’est créée avec tous ces garçons. Je leur trouve à tous de très belles qualités. Aucun n’a jamais eu de remarques déplacées sur ma présence ici. Je n’ai même jamais vu de regard désobligeant. Peut-être que certain pense que ce n’est pas pour moi et ils ont le droit de le penser, mais ils ont la décence de ne pas me le faire ressentir. Intérieurement, je les en remercie beaucoup. Je ne devrais pas, ça devrait être évident. La réalité est que je crois que toute cette définition de parité n’est pas si évidente.
Beaucoup me donnent des conseils, on échange sur nos techniques, nos interrogations, les fois où l’on ne comprend rien.

Je continue à porter ma salopette. Je crois bien être la seule sur toutes les formations à en mettre une. À la fois, c’est la solution imparable contre la si connue « raie du plombier ».  Je ne peux pas me permettre.

J’ai hérité d’un surnom pas si cool, mais je m’en accommode avec le sourire : « chat noir ». On m’a nommée ainsi pour une bien triste raison pour un plombier : quand je suis à côté d’une installation, il y a des fuites ! Heureusement, je n’en suis pas toujours à l’origine !

Le soir, je révise en espérant chaque fois ne jamais décrocher et sortir avec des bases qui me permettront de mettre le pied à l’étrier.

Bref, je suis ravie d’apprendre un nouveau métier.

installation-chauffage-1

Ma première installation de chauffage

liaison-chauffage-entre-cabine-hydrocablé

Des tuyaux, des tuyaux…toujours des tuyaux

PS : Pourquoi devenir plombier ?

Vous êtes nombreux à m’avoir posé la question. Voici la réponse en 5 points :

1) En étant plombier, je pourrai intervenir la nuit et facturer 350€ le remplacement d’un siphon
2) En étant plombier, je m’assure un corps ferme et musclé
3) En étant plombier, je pourrai découvrir le charme des Polonais
4) En étant plombier, je fais des économies sur mon budget shopping. Les belles bottes en cuir et blouses en soie ne sont pas appropriées.
5) En étant plombier, je fais le choix de la simplicité. Avec les 15 couches par jour que j’ai changé avec mes triplés, les histoires de caca, ça me connait. 

Plus sérieusement, ce sera le sujet d’un prochain article. J’ai déjà dépassé les 1200 caractères. Google me dit dans l’oreillette que « c’est beaucoup trop long ».

Claire, en apprentissage
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Reconversion pro : semaine 1

Résumé des épisodes précédents  : (pour ceux qui arrivent en cours de route) après 6 années au service du webmarketing et un licenciement, j’ai décidé que dans la vie, je voulais être plombier. Alors, je me suis lancée tant bien que mal ! Lundi dernier, c’était ma rentrée en formation ICCSER (Installateur Chauffage Climatisation Sanitaire et Energies Renouvelables). Formation en 8 mois à cheval entre le niveau CAP et le Bac pro. Je n’ai aucune expérience, juste vraiment l’envie d’apprendre, de travailler et d’y arriver. J’espère ça suffira.

Lundi dernier, j’ai réglé mon réveil sur 6h15, 6h16 et 6h17 au cas où je ne l’entendrais pas. Hors de question d’arriver à la bourre le premier jour de ma formation. Question de ponctualité.
J’ai pris ma mini voiture. J’ai longtemps hésité pour la tenue. Amoureuse de la mode oblige. Chantier ou pas, on ne lésine pas sur le style.
Pantalon de chantier et chaussures de sécu ou simple jean et basket ? Je n’avais pas envie d’être la seule à arriver toute prête (et trop propre). J’ai tâtonné le terrain et opté pour le jean.
Pour cette première journée, j’ai évité le top trop décolleté. D’abord parce que je n’ai aucune poitrine à montrer, ensuite parce qu’Il ne faut pas se mentir, j’arrive dans un monde occupé à 99% par des hommes, je dois m’adapter, ne pas être la petite pouffe qui n’ose pas se salir les mains. Je veux que l’on me prenne au sérieux. J’aurai bien le temps d’affirmer une quelconque féminité.
Pas de fleur dans les cheveux non plus. Pas tout de suite. Je suis un peu timide en vrai.

Salle de classe un peu vétuste et atelier : le décor est posé. Des conditions réelles.

Formation professionnelle : formalités

17. C’est le nombre de stagiaires que nous serons cette année répartis sous la forme suivante :
– 4 « petits jeunots » de 24/25 ans
– 11 entre 29 et 35 ans (dont je fais partie)
– 2 de 45 ans et plus
La majorité a déjà un pied dans le monde du bâtiment mais pas de la plomberie sauf pour l’un d’entre nous qui envisage de récupérer la société de son père. Je suis clairement la plus novice. Ce n’est pas grave, j’ai très envie d’apprendre et j’avoue trouver ça très excitant de découvrir quelque chose de complètement inconnu. Mais alors, complètement !
Nous sommes 2 femmes, l’autre étant la doyenne de la formation. Elle a travaillé des années dans l’humanitaire et ça faisait deux ans qu’elle espérait cette formation. Deux du groupe sont hébergés sur place.

Cette formation en plomberie est dispensée par l’AFPA (Association nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) c’est pourquoi je ne me retrouve pas en lycée avec des grands ados de 16-17 ans.

Au niveau des horaires, ce sera 7h30-16h30 sauf le vendredi après-midi où nous sommes en congés. Pour ma part, ce temps libre sera destiné à remplir le frigo dévasté et à gérer les différentes démarches « administratives » ou « logistiques » nécessaires au bon fonctionnement de la Maison. Je vais pouvoir récupérer chaque soir mes enfants. C’était l’une des conditions pour mon entrée en formation. Je ne veux pas qu’ils se sentent lésés même s’il semble évident que le rythme de l’année va être différent.

Le groupe

Je n’y avais pas vraiment songé au départ, mais retourner à « l’école » c’est également rejoindre une nouvelle classe, un nouveau groupe. Bah franchement, c’est super sympa de faire des blagues ridicules, de s’encourager, de se soutenir, d’apprendre. Pour le moment, aucune alerte rouge « caractère incompatible » n’a été déclenchée. Pourvu que ça dure.
Le travail en commun facilite les relations humaines. Laver un atelier qui ressemble à un garage laissé à l’abandon pendant 25 ans, ça resserre les liens.

Levé de rideaux

Nous avons réalisé nos petits cartons avec nos noms et avons joué au « présente l’autre comme si c’était toi ». Nous avons fait un tour de l’outillage, j’ai été à casto me racheter une clé à molette qui comme me l’a dit mon formateur « n’est pas pour jouer aux poupées« . L’atelier est compartimenté en 17 espaces. Chacun a tiré au sort le box dans lequel il travaillera toute l’année. Ce sera le n°5 pour moi. Bien au centre… Nous avons démonté les installations réalisées l’année passée, avons buriné les trous et rebouché le tout puis poncé.
J’ai appris à faire du plâtre. Je suis novice. Je l’ai déjà dit, c’est encore vrai.

atelier

Ma box n°5 « propre »

Dès mercredi, nous nous sommes vraiment lancés dans le vif du sujet en étudiant les particularités des tubes en acier. J’ai appris plein de trucs : les différentes vannes (« ouvre les vannes »), les diamètres, les obscures mesures en « pouces ».

Le lendemain, nous avons découvert comment « fileter ». Cette opération consiste à transformer le bout d’un tube en pas de vis afin de pouvoir ajouter un raccord. C’est du chinois aussi pour moi, mais je mise tout sur ma mémoire (et mes petites fiches de collégienne bien surlignées !). J’espère qu’elle me sauvera. Pour réaliser un tube fileté, il faut utiliser des outils particulièrement flippants. C’était géant.

outils

Les « gros outils »

J’ai tout de même eu le droit à une petite blague mignonne : « Claire, tu dois retourner en magasin pour t’acheter des outils ?
– Non. Pourquoi ?
– Parce que tu devrais aller t’acheter des bras« .
C’est légitime ! Ça m’a fait rire. C’était bien attentionné.
C’est vrai que comparé au Monsieur Muscles -ancien soudeur- du box de devant moi, il n’y a pas photo, il faut que j’aille m’acheter des bras ! Que je les façonne un peu en tout cas. Ça viendra.
Je devrais peut-être poster une photo de biceps avant/après !

Vendredi, nous avons lavé à grande eau nos box pourris, avons souri avec fierté en voyant nos bouts de tubes « filetés », nous nous sommes souhaité un bon week-end chacun par nos prénoms.
J’avais ma fleur sur le côté.

tube fileté

Le « filetage » : un tournicoton pour visser en bref !

J’ai mis RTL2 à fond. Il y avait du soleil. Ma salopette, que j’avais enfin osé porter et qui m’a valu un « la salopette, ça pète » était sale. Comme un vrai ouvrier.

pantalons

un peu moins « bleus ».

J’ai retrouvé mes enfants, leur ai présenté quelques outils, comme chaque soir cette semaine.
On a mis les chapeaux pour acheter des cônes glacés. On s’est assis sur l’allée verte devant l’appartement, avons rigolé et avons joué ensemble un bon bout de l’après-midi avant de finir tous crevés sur le canapé à tenter de comprendre les dialogues de Mickey-Les trois mousquetaires. Le soir, mon mari nous a enfin rejoint après cette semaine si riche où nous étions séparés. Je n’ai pas arrêté de parler. Une gosse de 5 ans. Une de plus dans l’appartement.

C’est dingue à dire, surtout pour de la plomberie, mais j’ai l’impression de vivre une formidable aventure. Bricoler, fabriquer, se dépenser physiquement, avoir des relations franches, toucher à de gros outils, apprendre quelque chose qui me plait : je ne veux pas me réveiller. Pourvu que ça se passe bien, pourvu que je réussisse à gérer, pourvu que chaque semaine à venir m’apporte ce lot d’épanouissement et de gaieté.

La semaine prochaine, c’est une autre rentrée qui va se préparer.

PS : ce blog a, dans sa majorité, puisé son inspiration dans ma vie de maman. Je sais bien que certains ne sont pas là pour entendre parler tubes et autres évacuations, chiottes ou chalumeaux.
Cette formation, dans le cadre d’une reconversion professionnelle, va durer 8 mois. C’est pour moi une source de réjouissance et assurément aussi de futurs doutes ou difficultés. Il m’est impossible de ne pas régulièrement l’évoquer. Vous risquez donc un peu d’en entendre parler.

« Ne fuyez pas, la plomberie c’est sympa« . ©
(ce slogan est déposé par le syndicat des futures plombières en pleine reconversion consciente de la difficulté à éprouver de la sympathie pour de la tuyauterie)

Claire, prête à y retourner.
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Les rentrées des classes

« Maman, à chaque veille de rentrée c’est la même chose. J’ai du mal à m’endormir. Et si je n’y arrivais pas, et si je rate des cours, et s’ils ne m’aiment pas ?
Maman, j’ai les chocottes.

Comme tous les ans, j’ai préparé mon sac pour demain. J’ai déposé mes vêtements à côté du lit. Même la culotte et les chaussettes pour ne pas ouvrir frénétiquement chaque placard à cause du stress alors que je sais parfaitement où ils se situent.
J’ai fait ma trousse bien proprement en y mettant beaucoup de feutres de couleurs. J’adore avoir plein de choix et les prêter à mes copains.
Je crois bien que je suis prête mais quand même ça fait peur.
Peut-être que le prof’ ne sera pas sympa. Ou pire, il va me détester et me réprimander !
Et si je me retrouvais toute seule à l’heure du repas ? Si personne ne veut s’assoir avec moi ? Si je ne comprends rien ?
Maman, tu es sûre que ça va bien se passer ? »

Les veilles de rentrée se déroulent toujours de la même façon.

Demain, c’est ma rentrée des classes. J’entame une formation de 8 mois pour devenir plombier-chauffagiste. Franchement, je n’y connais rien. Pas encore.

différentes-pinces

J’ai réalisé un petit mémo !

J’ai fait des petites fiches de maths (niveau 5ème) pour me rappeler apprendre les conversions et les mises à l’échelle. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait de mathématiques. Longtemps. Je n’étais pas très fortiche. En vrai, j’étais nulle à chier. Encore aujourd’hui, je me demande comment j’ai réussi à faire des études supérieures en comptant si mal. Je vais me rattraper.

tableau-conversion

DIY : un tableau de conversion format pocket plastifié.

J’ai acheté deux pantalons, une salopette et des chaussures de sécurité. C’était bien compliqué. À croire que le marché de la femme dans le BTP n’est pas très développé. Ah bon ? En plus, il semblerait que le 36 fillette n’existe pas à part sur Amazon. J’ai surfé et me suis fait livrer.

Ma réelle crainte se situe deux têtes plus bas, à hauteur du ventre environ.

Seule

Ma réelle crainte est de ne pas être assez disponible pour mes 4 enfants, de passer mon temps à jongler entre l’école, la crèche, le centre social, les courses, les rendez-vous chez le doc’, les activités extrascolaires et tous les à-côtés. En fait, je sais très bien que c’est comme ça que ça va se passer. J’espère que mes petits ne se sentiront pas lésés et que j’aurai toujours l’énergie de leur apporter l’attention dont ils ont chacun besoin.
Du dimanche soir au jeudi soir, je suis seule. Pas de mari, pas de mamie, pas de papi, pas de répit.
Je vais commencer à 7H30, comme sur les chantiers. C’est pour nous habituer.
Évidemment, il fallait une solution fixe et fiable pour les débuts de journée. Je fais appelle à une nounou à domicile.* C’est la première fois. Nous avions toujours réussi à nous débrouiller sans jusqu’à maintenant. Elle amènera les enfants à l’école et Doudou à la crèche.
La peur est au niveau des imprévus. Il y en aura. Il y en a tout le temps.
Ça va commencer dès la rentrée scolaire avec le centre aéré qui ne commence que fin septembre les mercredis après-midi. Et avant, je fais comment ?
J’en ai parlé à mes adorables voisines pour m’assurer. Je n’aime pas demander de service. Sûrement la peur que mes copines détournent le regard en voyant s’afficher mon numéro et en se disant « non, pas encore une fois ». Alors, j’évite au maximum. Les urgences seulement. Heureusement, des urgences, il y en a beaucoup moins souvent.

Demain, c’est ma rentrée des classes. Mon cartable est prêt. C’est bientôt l’heure de plonger. Comme dans toutes les bonnes baignades, j’espère ressentir cette douce fatigue toujours agréablement accompagnée d’épanouissement et de liberté.
Je crois que je vais sacrément m’éclater.
S’il vous plaît, dites-moi que tout va bien se passer.

caisse-à-outils

Mon cartable

Ce texte a été rédigé dimanche soir (hier). Je suis donc en ce moment même en pleine découverte de mon atelier et de mes petits grands camarades.
* Pour une garde d’enfants de ce type (dans notre cas, 4 matinées par semaine de 6h45 à 9h00), j’ai découvert que la CAF pouvait octroyer une allocation appelée « Complément libre choix du mode de garde ». Cette allocation est conséquente notamment lorsque la fratrie compte un enfant de moins de 3 ans comme c’est le cas ici. De plus, nous faisons appel à une société de services à la personne. (Parce que trouver une nounou à domicile pour 4 enfants dès 6h45 du matin c’est…très compliqué) Le tarif est déductible à 50% des impôts. Le budget total s’élève à environ 85€ par mois après déduction. Je pensais sincèrement que cela allait être beaucoup plus douloureux pour nos comptes bancaires.
Merci ma France de m’accompagner dans ma démarche de reconversion.
Plus d’information sur le site de la CAF 

Claire, qui espère être bientôt plombière
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Reconversion professionnelle : révélation

Dans un monde sans préjugés, j’aurai sûrement fait une formation courte. Mais, à la maison, c’est d’abord le bac (et si ce n’est pas un bac S, c’est caca) et ensuite les études supérieures. Pour mon père, au minimum ingénieur.

Dans un monde sans préjugés, les filles peuvent faire des métiers d’hommes, parce qu’à elle aussi ça peut plaire. La force et la puissance sont deux éléments différents. Pour nombre de tâches, l’une comme l’autre est équivalente. Pour une petite brindille, la puissance peut compenser des biceps un peu plus bombés. Et sinon, on peut toujours demander de l’aide. Gentiment, ça n’a jamais tué, même que peut-être, ça créerait de la solidarité.

Dans un monde sans préjugés, une mère peut décider d’avoir des enfants et de travailler. D’être présente avec eux et d’avoir une activité personnelle. Peut-être qu’en plus, elle peut décider de continuer à se sentir femme, avec ou sans les artifices communément associés. Les gros nichons, le ventre plat et le popotin saillant, ce ne sont pas les seuls critères de baisabilité.
C’est l’homme en moi qui vient de parler.

Dans un monde sans préjugés, les métiers manuels ce n’est pas que pour les « sous doués » qui ne sont pas capables de suivre des études supérieures. La « voie de garage » comme ils disaient ! Il y a de vraies mines d’or dans les mains de certains et des débouchés à en faire pâlir des directeurs marketing à la recherche d’un emploi (depuis 18 mois ?).

Dans un monde sans préjugés, les choix improbables peuvent être raisonnables. N’est-ce pas là une forme de créativité, de la liberté dans les idées ?

Dans mon monde sans préjugés, j’ai décidé de transmettre à mes enfants l’une des valeurs les plus salvatrices de ma vie. Un truc pour moi qui a bien marché et que je souhaite faire perdurer : « fait ce qu’il te plaît si c’est vraiment un choix réfléchi et donne-toi les moyens d’y arriver. Il n’y a pas de mauvaises idées ». Bien sûr, je ne vais pas le cacher, la vie a été plutôt clémente avec moi. Je me sens souvent épaulée.

Montrer à mes enfants que l’on a le choix de ses actions – en faisant attention à n’écraser personne en chemin – que c’est ça la vraie liberté. Appliquer mes propres principes pour de vrai, parce que j’y crois au plus profond de moi-même, c’est ce que j’ai décidé de faire avec ma reconversion.

Dans les faits, ce n’est pas rose comme la barbapapa. Les préjugés, c’est dur à envoyer balader. Et, je crois que le plus dur a été de lutter intérieurement contre ça, contre cet environnement, contre ses idées qui ont fait partie de mon éducation, qui font partie de mon environnement. Peut-être qu’il me fallait du temps et de la joie pour me permettre de croire en moi.

Ma reconversion professionnelle

Maintenant que je vous ai bien bassiné avec ma reconversion professionnelle, mes états d’âmes, les péripéties de l’administration, il est temps de faire la grande révélation.
J’ai eu un appel il y a deux jours confirmant le financement de ma formation. J’avais monté un dossier de 27 pages (que le fax du Pôle Emploi a accepté d’envoyer – c’est suffisamment rare pour le signaler) avec annexes et feuille de garde ! Je n’arrive même pas à réaliser que le début de cette aventure va pouvoir commencer.

Le 17 août, je fais ma rentrée. J’intègre une formation de niveau 5 (un niveau CAP).

Je vais être :_ _ _ _ _ _ _ _

Désolée, je ne pouvais pas balancer ça comme un gros paquet. Pas après toute cette attente pour moi, pour vous.
Comme pour un accouchement, il y a d’abord les contractions avant la poussée. (ou la rachi avant la césa, au choix)
Je vous propose de deviner en jouant. Je suis tellement de bonne humeur (et déjà crevée) que j’ai envie de m’amuser, de partager.

DEVINETTE

Alors, le principe est simple. Le métier est composé de 8 lettres. Chaque lettre est à trouver dans un article que j’ai aimé lire récemment. Je vous mettrai chaque fois une indication.

1)      Lettre 1 : http://lesmoukrainesalaglaviouse.wordpress.com/2014/06/02/linstruction-en-famille-et-les-paquerettes/  1ère lettre du 5 ème mot (dans le texte, pas le titre)

2)      Lettre 2 : http://www.papacube.com/2014/06/lincoherence.html 1ère lettre du titre

3)      Lettre 3 : http://paf-le-paf.fr/coller-bourre-tif-999 2ème lettre du titre

4)      Lettre 4 : http://mimilacocotte.fr/2014/06/laisser-son-enfant/ 1ère lettre du nom de ce blog (top au passage).

5)      Lettre 5 : http://moitimothee.blogspot.fr/2014/06/le-concours-des-doigts-de-pied-en.html 4ème ligne du texte (sans le titre), 1ère lettre du 8ème mot

6)      Lettre 6 : http://jeveux1bebe.com/WordPress/le-post-de-la-mauvaise-foi-jeveux1bebe-vs-papacube/ Bulle n°1, 2ème ligne, 1ère lettre

7)      Lettre 7 : http://www.8alamaison.com/fin-dannee/#more-5312 Dernière lettre du titre

8)      Lettre 8 : http://www.cranemou.com/2014/07/salut-maitresse/  5ème lettre du 2ème mot du titre

PS1 : C’est un projet très réfléchi et je ne me lance pas les yeux fermer juste parce que « j’ai envie ». J’ai un mari, quatre enfants, un compte en banque pas particulièrement bien garni. Control freak comme je suis, vous pouvez en être sûre, j’ai bien évalué la situation et les contraintes avant de me lancer.
Ça ne va pas être simple, mais en fait, rien n’est simple alors autant que ça fasse plaisir !

PS2: je lirai avec attention tous vos commentaires et ne manquerai pas d’y répondre mais ce serait cool de ne pas donner la réponse. Ça casserait toute ma chasse au trésor !
Si vous le faites, ce n’est pas grave, dans le prochain article, je raconterai le dernier épisode de la dernière saison US de Grey’s Anatomy. 

Claire, enjouée et sereine
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Reconversion professionnelle – la suite (mais pas la fin)

Depuis toute petite, je regarde les Astérix à la TV. Enfin, j’en regarde 2 : Astérix et Cléopâtre et Les 12 travaux d’Astérix.
Dans ce dernier, l’une des épreuves devant prouver que les Gaulois sont des dieux s’appellent : « la maison qui rend fou ». Les héros doivent obtenir un formulaire dans une grande bâtisse hébergeant une administration avec des traits poussés à l’extrême.
La maison qui rend fou La maison qui rend fou2

En ce moment, je suis entrée dans cette maison complètement toquée.

Sachez que si je continue a être discrète sur le domaine de la formation, ce n’est pas juste pour l’effet teasing. Bien que j’en apprécie le suspens.
Simplement, j’attends l’écho des 3 mois, celle où l’on vous dit que tout va bien. Avant, on n’est pas toujours très serein concernant l’issue. En tout cas, pour moi, Claire la flippée, c’est le cas.

Pour vous faire vivre cette histoire à mes côtés, il va falloir du détail pour bien comprendre le cheminement. Si c’est chiant, le blog de It’s a mum’s life vous détendra. Vous pourrez repasser ici demain. Je trouverai un sujet plus universel et moins « moi je ».

C’est pas des conneries ce qu’on dit sur les administrations.

Résumé de la situation : je suis licenciée économique. Dans ce cas précis, on propose au licencié de souscrire à un CSP : le Contrat de Sécurisation Professionnelle.
Pour faire vite, c’est un accompagnement renforcé pendant un an par un conseiller Pôle Emploi spécialisé. Dans les faits, on vous contacte environ tous les 15 jours pour faire le point. En plus de cet accompagnement spécifique, il y a aussi des avantages financiers par rapport à l’allocation de chômage standard (appelée « ARE – Aide de Retour à L’emploi »).
Enfin, et c’est surtout sur ce point que ça m’intéresse, ça permet de rentrer dans des cases qui facilitent l’obtention de financement dans le cadre de formation.
Dans mon cas, c’était donc tout indiqué.
Ça, c’est sur le papier.

Comme Dora, j’ai pris mon sac à dos suis allée avec toutes mes belles photocopies m’inscrire au Pôle Emploi.
Je connais mon objectif et j’ai donc facilité le boulot de la personne qui saisie le dossier : documents classés, petits post-it de couleurs pour distinguer les fiches de paie des documents de la Sécu, de la Caf et d’autres organismes dit à « queue comme chez Mickey » où il a fallu se procurer les attestations.

Je suis pressée mais chut, faut pas le dire !

Je savais que je voulais réaliser ma formation avant de m’inscrire comme demandeur d’emploi. J’ai donc réalisé des démarches en amont bien que ce ne soit pas la « procédure » habituelle.. D’abord la pré-inscription auprès de l’organisme de formation. Les places sont très limitées et il y a des dates à respecter. Si j’avais dû attendre d’être inscrite en tant que chômeuse, cela aurait été trop tard. Ça, personne ne vous le dit.

J’ai joué l’espionne et me suis rendue dans les locaux de la formation.
Telle une panthère, je me suis faufilée derrière une employée dans les « espaces interdits au public ». Là, j’ai vu la plaque imprimée en noir et blanc et mal découpée de la personne en charge des inscriptions. Son nom était écrit sur le site internet.
Par chance, le bureau était ouvert et elle était là. Alors, j’ai tapé. Elle m’a fait entrer. J’ai raconté mon histoire, j’ai insisté sur le « projet de vie » que cela impliqué, sur mon engagement.
Elle m’a pré-réservé une place sous couvert du financement que doit m’aider à trouver le Pôle Emploi.

Evidemment, le Pôle Emploi n’a pas pris en compte mon inscription de suite. Il manquait de la paperasse. Paperasse qui évidemment n’était pas mentionnée. Tant que le dossier n’est pas complet, pas de prise en charge par un conseiller.
Rapidement, j’ai réuni toutes les nombreuses pièces demandées non sans effort, d’autant qu’il y a 3 ans, j’étais indépendante. Situation un peu plus complexe que lorsque l’on a toujours été salarié.
Je suis allée 5 jours consécutifs au Pôle Emploi pour obtenir enfin mon premier rendez-vous. j’ai rédigé plusieurs fois ma démarche sur papier, souligné l’urgence administrative. On m’a gentiment informé à plusieurs reprises qu’il n’y avait aucune raison que je sois prioritaire pour rencontrer quelqu’un avant les autres. Je comprends.
J’ai répondu avec le sourire qu’il devrait me trouver un petit coin au fond du couloir car j’allais « un peu » insister, le projet me tenant particulièrement à cœur.
Au bout d’un moment, une personne m’a reçu pour compléter mon dossier administratif mais elle m’a très poliment dit que « ce n’était pas le moment de parler de formation. Pour l’instant, il faut simplement lancer la machine administrative ensuite, un conseiller me sera attribué. »
Quand ? Pas de réponse à cette question.
J’ai donc à nouveau squatté le Pôle Emploi pour obtenir ce conseiller. Malheureusement Pôle Emploi est submergé. Je crois qu’ils ont trop de clients. Dans ce cas là, il fait appel à des sociétés externes pour suivre les demandeurs d’emploi mais pour le moment « pas de créneau ».
Toujours personne à qui expliquer mon projet. Toujours des délais à respecter si je souhaite que ma pré-inscription soit validée.

Je suis revenue chaque jour pendant 2 semaines pour tenter de dégoter le rendez-vous qui permettrait enfin de présenter ma démarche et de lancer un dossier de financement. Le mois d’août arrivant, il vaut mieux être prévoyant.
Chaque fois, la réponse était claire : « Madame, vous ne devez pas faire comme ça. C’est votre futur conseiller qui doit vous guider pour savoir là vous en êtes et là où vous devez aller ». Je comprends.

Et puis, un jour, j’ai tenté le tout pour le tout. (bien qu’à chaque fois j’essayais d’expliquer ma démarche) J’ai repéré la Directrice de l’agence Pôle Emploi et…j’ai pleuré. Pour de vrai, des larmes. (et même pas besoin d’oignon) Je me suis aussi beaucoup excusée : de ne pas suivre les démarches dans le sens programmé, d’avoir déjà pris tous les renseignements, d’avoir fait des entretiens métiers (7 en tout), d’avoir contacté des associations et fédérations de professionnels, d’avoir réalisé la pré-inscription à la formation, d’être en cours de bilan de compétence, d’être allée aux journées portes ouvertes de la formation, d’avoir échangé avec des élèves, d’avoir mangé avec le formateur. Je me suis excusée mais j’ai bien indiqué que je devais respecter des délais et que je ne pouvais m’asseoir sur un tel projet pour quelques semaines d’attentes pour obtenir un conseiller même si, bien entendu, une fois de plus, je comprenais bien que ça puisse prendre du temps…
Ne pas froisser, aller dans le même sens que l’autre, connaître son objectif et ne pas s’énerver (pour que mon dossier ne disparaisse pas des demandes à traiter) même si tout cela est un peu énervant. Un peu plus qu’un peu en fait.
Miracle, on m’a donné une convocation.
Lundi, j’ai rendez-vous avec mon futur conseiller. Ce n’est pas à côté de chez moi mais il y avait une place là-bas alors j’ai sauté dessus. Vous imaginez.

C’est une étape. Rien n’est encore bouclé. Le projet doit être validé par le conseiller et le dossier de financement doit être monté.

La maison qui rend fou commence à être ma résidence secondaire. Je connais maintenant quelques étages et quelques portes. J’arrive un peu mieux à me repérer.

bilan-de-competence-1 bilan-de-competence-2Dans les encadrés, voilà quelques points de mon bilan de compétences que je vais éviter de citer ! (à moins que mon futur conseiller soit fan de Lavie des triplés, qui sait ?!)
Si je n’étais pas moi, je crois que je m’épuiserais.

Claire, la fille qui habite au Pôle Emploi 
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