Le petit dernier : l’enfant de la récup’

Il était une fois, une famille ordinaire. Pour le (s) premier (s) bébé (s) (pluriel oblige, on est sur “la vie des triplés”), il fallait tout acheter. Naturellement, la poussette s’avérait une priorité.

Amasser à l’arrivée de bébé

À ceci s’ajouta, une liste longue comme le bras. (Celui d’un géant particulièrement grand.) Bodies, gigoteuses et autres pyjamas s’amoncelaient dans l’armoire pleine à exploser. Bien souvent, il y avait un thème pour la chambre de nouveau-né. Évidemment, chaque élément était raccord avec l’environnement.

En plus de ces nombreux vêtements, la cuisine se remplissait d’un nombre impressionnant de bibelots et gadgets surprenants. Tous semblaient être une priorité pour la vie de jeunes parents. Le plus volumineux d’entre eux était sans aucun doute le stérilisateur : un engin étonnant au format effrayant. Des biberons, il y en avait de toutes les formes : des cols larges, des longs et même des un peu tordus. On aurait tout pu faire acheter à ces novices de la parentalité. De l’égouttoir à biberon en passant par la tente anti-uv jusqu’à l’horrible bac à sable coquillage à la couleur bleu passée (pour cause d’exposition au soleil, à la pluie, à la neige et autres intempéries), il y avait des objets pour chaque action du quotidien. Une multitude de “trucs” à la durée de vie hyperlimitée.

Tout dégager…à la cave

Avec les années, les caisses s’entassaient dans la cave en vue d’un vide-grenier. Soit trop tôt, soit trop loin, les brocantes s’enchaînaient sans avoir l’occasion de gagner quelques deniers (et de la place pour engranger d’autres formidables affaires que l’on n’utilisera plus jamais).

Le temps a passé et la famille ordinaire eut un autre bébé. Un petit dernier.
Cette fois-ci, ils SAVAIENT.

Récupérer

L’enfant grandi paisiblement au sein de sa bruyante fratrie. Il n’eut qu’un biberon. Celui qui se lavait facilement. Bien entendu, la stérilisation semblait pour lui inappropriée. Pourquoi ne pas laisser travailler son immunité ? La famille a grandi, mais pas la taille de la cuisine, qui demeurait riquiqui.
Les bodies se portaient tâchés de motifs improbables qui ne voulaient s’en aller, même avec le plus puissant des détachants.
Les pantalons étaient trop grands et les chaussettes de ses grandes sœurs bien roses pour un petit garçon à qui les cheveux étaient vraiment trop longs (sûrement l’expérience de quelques franges complètement loupées que l’on ne souhaite pas réitérer).
Enfin, la poussette qui s’avérait il y a quelques années une priorité n’était plus qu’un modique moyen de “transporter”. Ni jante en alliage, ni direction assistée. À la place, un vieux carrosse un peu bousillé, qui peine à se refermer et au panier troué. Même l’habillage pluie avait disparu de la panoplie. À la place il y avait un poncho taille 14 ans qui couvrait l’enfant en entier en 4 secondes chrono. La Quechua des bébés. Même galère pour le replier.

Poussette-recup

La “poussette”.

Bizarrement, mais rien de surprenant, le petit dernier, celui qui “récupérait” (les affaires et les expériences), ne se sentait pas lésé.

En tout cas, pas tant qu’il ne savait pas parler.

PS : Mon adorable Doudou, quand tu me liras un jour, sache que ce n’est pas parce que tu n’as pas eu de nouveaux bodies (certes, ceux à 10€ les 10 chez Carrouf’), que tu étais moins aimé ou que tu as eu moins d’attention. Tu es pour 5 personnes rien qu’à toi, un sourire quotidien et nous aimons te le montrer. Simplement. Autrement. 

Claire, qui cherche encore une date potentielle sur vide-greniers.org
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J’ai testé : la boutique de fringues chinoises pas chères en ligne

Je me sens l’âme de Bernard dans Enquête exclusive, la prostitution et la drogue en moins. Je suis entrée au cœur d’un marché parallèle. C’est du vrai sujet tabou. Encore un. Acheter ses fringues direct’ en chine en étant parfaitement au courant des conditions de fabrication et des salaires (minimums ? ).
C’est pas bien.
Je pourrais faire l’acte militant de n’acheter que Français mais c’est très compliqué. Pas seulement pour des raisons d’argent (mais aussi). Il se trouve que la confection en France n’est pas à son point culminant et qu’en dehors des coûts de fabrication indexés sur les avantages sociaux indéniablement favorables, faire fabriquer une robe en France peut s’avérer un parcours du combattant.

Donc voilà, j’achète régulièrement 10€ les 10 bodies à Carrouf’, non pas pour la qualité mais parce que ce n’est pas cher. Sûrement que si j’avais 8€ à mettre dans un body, je choisirais celui en coton bio avec un joli dessin dessus. Mais j’ai eu trois bébés d’un coup et des bodies tachés de carotte (ça tâche bien la carotte) ou de feutre Velleda (ceux qui ne partent pas), j’ai eu l’impression d’en avoir des milliers.
Le premier critère d’achat n’était donc pas la qualité, et à coup sûr, pour le porte-monnaie, l’Asie m’a bien aidé.
Mes shoppings fringues ont bien réduit ces dernières années. J’aime toujours autant ça, mais le problème ne vient pas de ce côté-là. En plus de l’aspect financier, il y a aussi une histoire de place. Décemment, une étagère pour lui/3 penderies pour moi, Ce n’est pas équilibré. Je dois me calmer !
Quand même, des fois, j’ai envie de nouveauté. Ce n’est pas vraiment une question de besoin. C’est le plaisir de changer, de se changer.

Souvent, je tape des chaines de mots sur Google, pour voir. “Robe mousseline pas chère” par exemple. J’arrive sur une boutique en ligne, je remplis un gros panier. J’en ai pour 300€. Je n’ai pas besoin de tout ça. Je clique sur la petite croix rouge en haut à gauche de mon navigateur. Panier abandonné. 300€ juste pour se changer, c’est un peu chérot.
Et puis, des fois, mes recherches Google m’amènent sur des sites étrangers. Ils doivent bien maîtriser le référencement (le fait d’arriver en bonne position dans les résultats de recherche Google). Il y a des robes de mariées à 60€ . Ça donne envie…mais ça va faire 10 ans que je suis mariée alors tant pis.
Et, il y a aussi tous les petits hauts et les robes que l’on retrouve dans les petites boutiques de quartier x 10000. Des pages et des pages d’accessoires, de ceintures, de tee-shirts, de chaussures … A des prix de marché aux puces. (et plutôt ceux de Barbès que de Boulogne)
L’histoire, c’est que la Chine, quand même, c’est loin. S’il y a une couille (différence entre la photo et le produit par exemple), je pense qu’il sera particulièrement difficile d’avoir la hotline au téléphone pour résoudre le problème. En tout cas, si chaque fois je ne poursuis pas ma visite sur ces cavernes d’Ali Baba, c’est entre autres pour ça.

Et puis, je me suis lancée

Dit comme ça, on dirait un grand pas d’aller claquer du fric à l’étranger !
J’ai beaucoup cliqué sur “poursuivre mes achats” (le site est “plus ou moins” traduit en français). Ceintures, blouses, robes, manteaux pour les enfants…
Quand je teste, j’y vais à fond.
En une petite demi-heure, il y a déjà 25 articles dans mon panier et la facture s’élève à moins de 150€ (avec trois manteaux…)
Je créais ensuite mon compte, rien de bien compliqué. Le site est ergonomique, c’est rassurant.
Ensuite, j’ai « validé ». Il a évidemment fallu payer. Par Paypal, j’ai trouvé ça plus sécurisant.
Mail de validation, mail de confirmation. Jusque-là, tout est OK. J’ai entré un ou deux mots dans Google traduction, c’était en anglais.
Niveau frais de port, j’en ai quand même eu pour 75€. Même à ce tarif, ma commande reste bien en dessous des prix du marché.
Vingt-quatre heures après, j’ai reçu un message pour valider mon identité. Au départ, j’ai failli faire marche arrière (boouuuhhhh la peur du fishing) : il m’était demandé une copie de ma pièce d’identité et de la carte utilisée pour le paiement. (avec comme précision de ne laisser visible que les trois derniers chiffres)
Connaissant bien les systèmes de paiement en ligne (ça faisait partie de mon métier) et à moins de ne vouloir me voler mon identité (on ne sait jamais…), j’ai envoyé les documents. Cela m’a permis d’apprendre que mon passeport n’était plus valide. C’est déjà ça de pris.

Les colis c’est comme des cadeaux (à part qu’il faut se l’offrir)

Les délais de livraison sont un peu longs. Environ 3 semaines comme sur vente-privée dans ses premières années ! Pas de surprise, l’information était précisée. Comme pour les bons e-commerces français, j’ai reçu un numéro de suivi.
Et puis, les 4 colis sont arrivés. J’ai attendu ma voisine pour les déballer avec comme enjeu de passer une commande à plusieurs la prochaine fois pour réduire les frais de port.
Quelle excitation d’ouvrir des colis. J’adore ça. C’est un peu comme les cadeaux d’anniversaire.
Bilan des festivités : nickel. Perfecto.
Tout allait parfaitement. Niveau qualité, ce n’est pas pire que ce que l’on trouve dans beaucoup de boutiques. Je ne m’attendais pas non plus à des matières nobles pour ce prix-là. C’était surtout pour s’offrir des petites pièces qui feront une saison et que je ne suis pas prête à payer entre 39 et 79€ chez Zara.
Ce site, c’est Sammydress. (il en existe plein d’autres, mais je ne les ai pas testé) Assurément, je commanderai à nouveau. Les accessoires y sont à des prix vraiment imbattables.
En attendant, telle une blogueuse mode débutante, je partage avec vous quelques images de ce butin venu de loin. (et quelques trouvailles qui m’ont parues judicieuses)
Comme je n’en suis qu’à mes essais (et pas sûre que ça se renouvelle très souvent), j’ai très mal travaillé le décor. Au lieu du Pont des Arts en arrière-plan, vous aurez mes chaises achetées dans une boutique spécialiste de la vente de matériel de collectivités.

robe-mousseline-verte

Robe en mousseline (de polyester) plutôt jolie.

robe-mousseline-maman

J’adopte la même pose pour une meilleure comparaison ! Alors, ça fait pareil ?

robe dentelle

Pose très travaillée.

trench-enfant

Un trench pour la première de mes puces qui entrera dedans. (je l’ai pris un peu grand)

Et un petit tour de ce qui me semblait sympa de présenter :

accessoire-mariée

Des accessoires de mariées.

blouse-pas-chere

Une petite blouse noire pas chère

corset-femme

J’ai toujours voulu avoir un corset (avec des lacets).

couronne-diadèe

Pour mes enfants, ce sera parfait pour un magnifique déguisement.

coussin-talon

Un petit coussinet lavable pour adoucir les marathons en talon. Je trouve ça malin.

mailot de bain une pièce pas cher

La maillot de bain fait sur mesure (en tout cas sur celles de mes vergetures)

manche-trrois-quart

Le genre de manteau manche 3/4 qui ne peut pas se porter les jours de grand froid ni les jours de grosse chaleur (soit 5 semaines par an seulement).

montre enfant

Une montre chou à 4 €

Les points importants de SpiderMaman :

– Pour les tailles, il vaut mieux choisir une taille au-dessus de vos habitudes
– Je conseille le paiement Paypal. S’il y a un problème, il y a quelqu’un de fiable contre qui se retourner.
– Pas de frais supplémentaire de douane à l’arrivée.
– Les produits qui indiquent « soie » ou « cachemire », c’est une mauvaise traduction. Ne vous y fiez pas.
– Les formes et les couleurs à l’écran sont fidèles.
– Il vaut mieux tout passer en machine avant les porter.
– Si vous avez une ou deux copines avec qui commander, les frais de port paraîtront plus raisonnables.
– Je ne suis pas commissionnée pour cet article. Je suis juste un peu fauchée avec l’arrivée des vacances d’été.

Claire, une maman de triplés et d’un petit dernier contrainte à l’ingéniosité

PS : si dans cet article il y a moins de fautes d’orthographe que d’habitude, c’est grâce à Antidote. (Plus d’info chez Paf le P.A.F)
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Es-tu une maman de l’extrême ?

Maman de l’extrême, les différentes catégories :

Maman de l’extrême catégorie A
(possibilité de passer le concours en interne et/ou d’obtenir une VAE)

  • Elle a plein d’enfants (au moins 3). Des grands, des petits, des chevelus.

Maman de l’extrême catégorie B
(plusieurs formations sont possibles pour se présenter au concours)

  • Elle élève seule son/ses enfants
  • Elle a eu des multiples : jumeaux, triplés ou plus.

Maman de l’extrême catégorie C
Peuvent prétendre à l’éligibilité, toutes celles qui en chient avec leur 2 enfants ou moins.

Celle qui cumule deux de ces critères est assurément courageuse, ou au repos dans une maison psy.

Chez elle, tout ce qui est naturel ailleurs, ne l’est plus. Manger, dormir, pisser.

La maman de l’extrême est cascadeuse

Dans son quotidien, il y a mille et une embûches. Un paquet de farine mal fermé, des Lego qui défoncent les pieds, une bassine à linges débordante, un médic’ à acheter en urgence un jour férié et même pas de clé dans ses toilettes. Les enfants se sont déjà enfermés. Ce jour maudit a signé la fin de la liberté dans ces 2 m2.

La maman de l’extrême est ingénieuse

La maman de l’extrême ne ferme pas tous les boutons dans les bodys. C’est trop long. Elle écrit sur les semelles des enfants. Pas uniquement pour leur apprendre l’autonomie. Autant de pieds gauches, ce n’est pas cohérent. Elle se dit toujours qu’un scratch juste ici, ça lui aurait changé la vie.

La maman de l’extrême a des pouvoirs

La maman de l’extrême ne peut même pas sortir jeter ses poubelles sans s’assurer que tous les enfants sont bien attachés en sécurité dans un espace sans ciseaux, sans couteaux, sans fil dénudé…
Toutes ces contraintes lui confèrent un pouvoir de super-héros. Elle voit tout, elle entend tout, elle peut s’endormir partout.

La maman de l’extrême est exigeante

La maman de l’extrême, elle aussi, achète des produits et fait des sorties. Mais attention, plus que les autres, elle ne peut pas se gourer dans ses choix. Sous peine de se traîner un truc pendant 10 ans, qui sera utilisé par chaque enfant. Bien entendu, au moins un ne voudra pas le rendre ou le donner. Il décidera que ce chien en peluche grandeur nature est son jouet préféré. Comme la maman de l’extrême aime les enfants (au moins les siens), elle n’osera pas faire une irruption discrète au milieu de la nuit pour piller l’armoire à jouet.

La maman de l’extrême est pleine d’idées

La maman de l’extrême est serrée financièrement, ça fait longtemps qu’elle a décidé que Petits écoliers/gâteaux au chocolat Lidl, même combat. Elle a aussi hésité pour le Nutella, mais les produits de première nécessité, on n’y touche pas.
La maman de l’extrême n’a pas de place dans sa maison. Elle aime les boîtes et les cartons.
La maman de l’extrême sait repérer les toilettes dans chaque lieu où elle va. Snif, snif… cette odeur de pipi, c’est comme la bonne odeur du rôti chez mamie. Un petit goût de familier. Tous les guides du monde ne remplaceront jamais cette exotique sensation.

La maman de l’extrême est créative. C’est vital dans ces cas-là. Se retrouver enfermé pour cause de pluie pendant 10 jours en pleines « vacances » d’été transforme les cure-dents en au moins 4 jeux différents.

La maman de l’extrême aime faire le bon choix. Elle scrute, dissèque chaque activité, chaque objet pour  être sûre de ne pas se planter. Retourner à La Poste pour renvoyer, mais où trouver ce temps ? Remonter dans la voiture et changer de lieu, rattacher tous ses enfants ? Ça ne va pas, non !

La maman de l’extrême est imparfaite

La maman de l’extrême est parfois imparfaite. Il lui arrive de mettre ses enfants au centre aéré, un jour où elle ne travaille pas. Les bonbons lui servent parfois de règle d’éducation. Elle a un disque dur avec un tas de dessin-animés pour les jours où elle a besoin de souffler et jette en secret des dessins de ses enfants (vous pensez vraiment qu’elle peut tous les garder ?). Elle aime les soirées pizzas où il ne faut pas cuisiner. Elle jette le linge dans des bacs au lieu de les plier. Quelque fois, elle élève la voix… parce qu’elle est fatiguée.

Parfois, j’ai l’impression d’être cette maman de l’extrême avec mes 4 enfants. S’auto-proclamer ainsi, c’est un peu #Interflora : s’envoyer des fleurs, ça fait du bien. Me dire que je gère aide à me rassurer. Tout ce quotidien délirant…
Pour continuer à toucher terre, j’aime m’organiser, me renseigner, étudier en détails ce qui que me faciliterais la vie et surtout partager et voir qu’il y a d’autres maman de l’extrême à côté.
Je suis contrainte à l’ingéniosité. Ah, tiens, je viens d’avoir une idée… #teasing.

Les papas, je ne vous oublie pas, simplement, dire “je suis un papa de l’extrême”, avec mes cheveux longs et mes micro-seins, ça le fait pas.

Je me demande bien si je suis la seule à le vivre comme ça. Alors, t’en es ?
badge-maman-de-lextreme

Tu veux un petit badge Facebook pour brandir fièrement ton statut ?

 

Cet article a été publié en avant-première sur So Busy Girl

10 points qui te montrent que tu as une famille nombreuse

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je suis un peu fo-folle (ou jeune et inconsciente).
J’ai des triplés de 5 ans et un petit dernier d’un an. 4 enfants en 4 ans. Qui dit mieux ?

Ma belle portée m’a transportée direct dans le monde de la famille nombreuse. Bien sûr, on en fait souvent tout un plat. Bien sûr, c’est un peu le cas.
J’ai vraiment compris toute l’ampleur de la charge quand j’ai porté mes trois enfants dans les bras, plusieurs jours après avoir quitté la maternité, petits poids obligent.

Au fur et mesure des jours, avoir une famille nombreuse, j’ai découvert ce que cela impliquait.

famille nombreuse

Tu sais que tu as une famille nombreuse quand :

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Kit de survie avec des enfants (et même avec un seul)

Parce que vraiment, je suis très gentille aujourd’hui, je vous livre mon kit de survie avec 10 répliques qui ont sauvé ma vie de maman de famille nombreuse (ça doit aussi marcher avec des jumeaux ! ou aussi avec un  seul !) : Continue reading

” Quand tu es en télétravail “

La reprise du boulot après des triplés …et un petit dernier. Le règne du télétravail en 10 points.

Short et collant ajusté, belle bottes camel cirées, petit pull assorti, c’est parti ! La rentrée des classes, dans la SpiderFamily c’est pour tout le monde.

Et, bien sûr, j’ai demandé un cadeau particulier anticipé au petit papa noël (même si je suis juive, je profite de la laïcité de la France. Je prends toutes les fêtes cool où on a des cadeaux, du chocolat et des gâteaux au miel) : le télétravail.

Encore une fois (voir archives), comme dans google, j’ai cliqué sur la touche « j’ai de la chance ». Et j’en ai eu. Mon employeur me propose de travailler de chez moi. A la fois, je bosse dans le web et je travaille à 500 km de mon domicile alors…comment dire…c’était un peu justifié (mais c’est pas pour ça que c’était gagné) ! Continue reading

La famille nombreuse et les chaussettes magiques (petit conte pour grands)

Il était une fois, dans une ville centrale, une jeune maman.  Elle vivait avec 4 petits nains et son adorable époux dans une magnifique maison (en fait, un petit F4 mais chutttt !). Chaque fin de semaine, elle remplissait sa grande bassine bleue du linge agréablement parfumé par son Dash 2 en 1.

Elle pliait à grand-peine tous les vêtements de la nombreuse famille durant de longues minutes. Chaque étoffe trouvait sa place dans un bac spécialement dédié. Les culottes de nains avec les culottes, les tee-shirts avec les tee-shirts… cela permettait d’éviter le minutieux pliage. Bien sûr, la besogne était tout de même fastidieuse. Continue reading

SpiderMaman de triplés : allez hop, au boulot!

Le boulot et moi, c’est plus qu’une histoire d’amour. En 2006, avec SpiderPapa, on commence à penser Bébé. Ca fait deux ans qu’on est marié et mon ventre commence à crier famine. Bien sûr, pour beaucoup de femme, c’est une décision de vie. Pour nous, ce sera un parcours long, fatiguant, bercé d’espoir et de larmes. J’ai eu plus jeune, des problèmes de santé et nous savions dès le départ que la conception se ferait difficilement sous la couette. A la fois, il y a de nombreuses choses autres à faire sous la couette !

Premier rendez-vous chez le roi du frottis et verdict : OMPK (pour les novices : Ovaire Micro Poly Kystiques – en bref, pleins de petits kystes sur les ovaires qui empêchent une bonne ovulation). Nous sommes donc envoyés dans les méandres d’un centre spécialisé dans la barbare “Procréation Médicalement Assistée”,  pour débuter le programme gagnant : échographie plusieurs fois par semaine, piqures quotidiennes, déceptions régulières et réflexions connes « tu devrais éviter d’y penser, ça marchera mieux » !

Bien sûr, les médecins sont débordés. Bien sûr, les rendez-vous ne sont pas uniquement avant 9h ou après 18h et bien sûr, les salles d’attentes sont bondées. Les rendez-vous de contrôle ne durent que quelques minutes à chaque fois mais entre les allers-retours, l’attente dans le cabinet, les coups de téléphone au laboratoire…la facture d’heure commence à grimper.

Côté boulot, j’ai pris le parti d’en parler à mon employeur. Bosseuse invétérée, désinscrite depuis longtemps du forfait « 35 heures », j’ai privilégié l’honnêteté. Pas simplement par soucis de l’autre, surtout pour m’assurer une liberté d’esprit. Déjà prendre des traitements pour faire des bébés ce n’est pas marrant mais si en plus, il faut avoir sa montre en permanence, c’est de la torture !

Le lendemain de l’annonce, mon Président me convoque pour un rendez-vous.

« Claire, vous comprenez, je ne peux pas prendre le risque que vous tombiez enceinte maintenant ! » Et voilà un cas d’école pour la HALDE !

Rupture de CDI, indemnisation de départ, bref, je suis virée ! Génial, ma vie est un vrai bonheur : pas de bébé et plus de travail. Heureusement que j’ai SpiderPapa !

Je trouve alors un petit boulot à mi-temps chez des timbrés qui passent leur vie à crier sur leurs employés. Vu que je n’y suis qu’à mi-temps et que je n’ai pas ma langue dans ma poche, pas de soucis, c’en ai même presque comique. En plus, la souplesse d’horaire me permet de continuer les traitements pour la fertilité l’esprit serein.

Comme toute jeune diplômée avertie, je regarde régulièrement les offres d’emploi et là, je tombe sur une annonce intéressante. Ni une, ni deux, j’envoi mon CV. Premier rendez-vous au siège de la société…à 1h20 en voiture !

Ma hantise de la voiture prend le dessus et SpiderPapa, en mari aimant et dévoué décide de m’accompagner. L’entretien se déroule à merveille. On rentre donc tous les deux en roulant à travers des bois, des forêts, un col embrumé, une autoroute, un tunnel embouteillé. Arrivé à la maison, ma décision est claire : « je n’irais jamais travailler là-bas, beaucoup trop loin ! »

Nous voilà en juin 2009, et…je bosse là bas, au-delà des collines, des bois et des forêts ! Toujours pas de bébé mais un travail passionnant, des dirigeants respectueux, une Directrice extraordinaire. Je travail alors 3 jours sur place (quand même 3 heures de train par jour – quand Dame Gréviste ne fait pas des siennes) et deux jours de chez moi. Mon emploi me permet de travailler à distance. Je continu les traitements et un beau matin, après une 2ème FIV, la gynécologue nous annonce : « il y a trois poches ». Comprenez : « des triplés ».

Flippée pour la grossesse –jamais pour le nombre de bébé – à juste titre suite à plusieurs fausses couches, je préfère dès le départ éviter les trajets. J’en parle donc en avant-première à ma chef, ravie et émue pour moi. Très rapidement, je pose l’un des congés maternités les plus longs de France : 46 semaines.

Sur place je pense que personne ne m’imaginait revenir… fréquemment. Trois enfants d’un coup et 3 heures de train par jour c’est comme qui dirait…pas facile. Et pourtant, en septembre 2010, me revoilà, SpiderMaman en action ! Rendez-vous préalable au retour à l’emploi.

Nous convenons avec mon charmant employeur d’un accord. Je travaillerai en indépendante (sur le même poste) 3 jours par semaine dont un jour au siège. Parfait ! En tant que maman de triplés, j’avais également le choix d’imposer un mi-temps, un 4/5 ou même un congé parental à temps plein pendant 6 ans. (trois ans imposés par la loi à l’employeur et 3 ans avec accord de l’employeur). Cette solution est bonne pour tout le monde !

Les petits sont gardés 2 jours par semaine en crèche municipale. (L’un de ces deux jours me permet d’aller sur place) SpiderPapa s’occupe d’eux le jour où ils sont là et où je travaille de la maison. Le reste du temps, nous profitons seuls ou ensemble de nos trois merveilles. En septembre prochain, nous allons demander 4 jours /semaine de garde à la crèche. Ils seront plus grands et je m’en sens plus capable.

Depuis mon retour, mon amour pour mon entreprise ne cesse de grandir. Soucieuse de mes impératifs, flexible, arrangeante…chaque jour je prends conscience de ma chance de travailler dans une société si respectueuse de la personne. Ma réintégration a été idéale, mes responsabilités n’ont pas été revues à la baisse. Pourvu que ça dur !

A l’heure actuelle, je vous écris d’un café, il est 6h40, mon train ne viendra pas alors je profite de ce moment de grâce pour écrire. Évidemment, la reprise du travail ajoute de la fatigue, de l’organisation, du stress. Mais aussi, de la fierté, de l’estime de soi et surtout, une bouffé d’air. (et aussi, un salaire, ce qui n’est pas négligeable pour une famille nombreuse) Quel plaisir d’intervenir en réunion, de papoter à la machine à café, de monter des projets et de … parler une langue d’adulte.

A toutes les SpiderMamans et SpiderPapas qui souhaiteraient reprendre le chemin du travail, cartable sur le dos : c’est possible, pas facile, mais possible.

maman travaille famille nombreuse

Au café, en attendant le train! (prise par un mauvais photographe)

Le SPIDERPLAN des SPIDERPARENT

– Pour des triplés, le congé maternité est de 46 semaines (24 avant la naissance et 22 après)

– En tant que SpiderMaman de triplés, nous avons le droit à un congé parental de 6 ans. 3 ans que l’employeur est obligé d’accorder et 3 ans où il a un mot sur la décision. L’employeur doit être informé de la reconduction tous les ans. (Envoi d’une lettre avec AR un mois avant l’échéance)

– dès le début de la grossesse, contactez la PMI (Protection Maternelle et Infantile) de votre quartier. En général, cette institution a des contacts avec les crèches et peut vous rendre prioritaire. (en plus de tout le reste : pesé à domicile, soutient, assistante sociale…) N’hésitez pas non plus à aller voir un adjoint au maire pour soutenir votre cause. (et pleurer un peu.)

– Pensez rapidement (avant la naissance des petits) à un mode de garde si vous souhaitez reprendre le travail. Des nounous pour des jumeaux et triplés, ce n’est pas évident à trouver. Mieux vaut prendre de l’avance.

– Calculer le coup de garde (en fonction de votre quotient familiale établi par la CAF. Attention, la CAF prend en compte l’avis d’imposition de 2 ans avant la date où les petits seront gardés !)

– Parlez de votre retour à votre employeur le plus tôt possible (légalement 1 mois avant la fin du congé maternité si l’on souhaite un congé parental d’éducation ou un aménagement du temps de travail) afin de trouver les meilleures solutions.

– Travaillez pour des personnes respectueuses. Dans l’idéal !

– Pensez à la reprise du travail ou l’aménagement du temps de travail en couple (ex. deux 4/5), cela ouvre les possibilités.

– N’hésitez pas à saisir la HALDE en cas d’employeur peu scrupuleux.

– Pourquoi pas une activité d’indépendant? Âmes créatives, le nouveau statut d’auto-entrepreneur permet de créer et de gérer une activité indépendante très facilement. (et avec peu de charges!)

– N’ayez pas peur. Chaque décision qui est la vôtre est la bonne. Avoir des enfants ne veut pas dire oublier sa vie professionnelle. Simplement l’aménager. Et tant pis pour ceux qui diront le contraire. Des parents épanouis font des enfants épanouis. Comme on en a beaucoup (d’enfants) on se doit d’être très épanouis !
Quelques liens utiles:

. liste des PMI (Protection Maternelle et Infantile) par département

. La HALDE: Haute Autorité de Lutte contre les Discrimations et pour l’Egalité

. Auto-entrepreneur: les démarches

. CAF: toutes les infos officielles pour “quand vous attendez un/des enfants”

 

Claire Barer, maman de triplés 
Le blog de triplés- ” La vie des triplés “: trucs, astuces et galères de parents de jumeaux et plus et de familles nombreuses.