Le temps

C’est un sacré vicieux celui-là, on pourrait croire qu’une heure, c’est une heure. Mais non. À certains moments, une heure est une éternité (attente à la CAF, Sécu, gynéco…on a tous connu ça au moins une fois.). À d’autres, on a à peine le temps de regarder notre montre que…ça y est, la clepsydre est écoulée.  (Heureusement que Fort Boyard enrichit mon vocabulaire. La culture est partout !)

En ce moment, les heures défilent à toute vitesse. Systématiquement, quand je regarde le cadran pour prendre quelques minutes de repos, il est 23h. Les heures de sommeil, elles sont toujours trop courtes. Les salopes.

Se reposer

Voilà maintenant 4 semaines que j’ai intégré ma formation. C’est beaucoup de travail, des fiches de révisions, des bleus aux genoux, des mains abîmées. J’adore. J’en apprends un peu plus chaque jour, je commence même à parler « plombier » avec le bon vocabulaire.

SpiderPapa manque beaucoup à la maison depuis qu’il s’absente du lundi au jeudi pour son boulot. Il est chaos. Je suis chaos. Il faut se donner le temps d’intégrer le nouveau rythme, de vivre ces passions, ces emplois du temps chargés sans culpabiliser.

Levée à 6h05, couché à 23h minimum. J’ai décidé que le mercredi, j’irai au lit à 21h15. Question de survie.
Le week-end, je travaille 3 heures environ pour réviser la semaine passée. 2 fois par semaine, je sors mon gros classeur et fais des résumés. J’essaye de faire passer l’idée d’acheter une grosse plaque de placco pour m’entraîner sur les installations. Dans 75m2, un gros panneau blanc avec des tuyaux, ça le fait ?

Le jeudi soir, je profite du retour de mon mari. En plus, le jeudi, c’est sushi.
Le vendredi soir, c’est un moment en famille. Nous mettons une belle nappe, sortons du pain tressé. C’est chabbath. Ce soir-là, j’évite l’ordi.

Le week-end, je n’ai pas vraiment besoin de m’étendre sur le sujet. 2 parents,  4 enfants. CQFD

Il ne reste plus beaucoup de créneaux libres dans cet emploi du temps. À peine celui de prier pour rester en bonne santé et que tout ce rêve puisse durer.

Je ne vais pas mentir, se reconvertir c’est aussi un peu flippant, angoissant. Comme hier, par exemple où j’ai complètement foiré mon installation. Je suis rentrée minée. Ça me demande une compréhension que je n’ai pas encore et des fois, j’appelle ma mère et ma meilleure amie pour qu’elle me donne une réponse qui me plait à « vais-je y arriver ? ». D’habitude, je suis dans l’optimisation, mais avec la plomberie, ce n’est pas du tout le moment. Objectif : apprendre. Après je verrai !

Heureusement, les mecs sont très cool avec moi. On s’entraide. Il n’y a pas d’inégalité ou du moins, je ne l’ai absolument pas ressenti et je les en remercie (ici seulement. En vrai, je fais comme si de rien n’était).

Prioriser

Tout ça pour dire qu’avec ce foutu temps, qui passe plus vite que je ne le souhaiterai, je suis contrainte de prioriser. Tout ça pour dire qu’avec ce foutu temps, qui passe plus vite que je ne le souhaiterai, je pourrai moins écrire et beaucoup moins « liker ». J’espère pouvoir jouer du clavier au moins une fois par semaine. Plus, sera très compliqué. Moins, sera très compliqué.

S’il vous plaît, restez là. Parce que vous allez me manquer.
(et si tout se passe, en mars, on sera diplômé. Et qui dit diplôme, dit Champagne pour tout le monde !)

Claire, qui ne peut pas renoncer à bloguer mais contrainte de se limiter.Facebook La vie des triplésGoogle + La vie des triplésTwitter La vie des triplés

 

Jusqu’ici, tout va bien…

Évidemment que mon organisation est millimétrée. D’ailleurs, je me demande si la mesure inférieure se dit « nanométre » car autant d’organisation mérite sûrement une unité particulière et tellement fine qu’on ne pourrait la voir à l’œil nue.

Une classe pour chacun et chacun dans sa classe

Aujourd’hui, c’était la rentrée. Mes triplés sont dans des classes séparés en grande section, comme ce fut déjà le cas l’an passé. Ce choix est personnel. Il nous a semblé adapté à nos enfants et à leurs caractères et s’est trouvé également en accord avec les désirs des principaux concernés. Et en accord avec la structure de l’école : trois grandes sections.
Ouf, on est sauvé !

Ce choix, en termes d’organisation, est passé comme une lettre à la poste. Plus une, mais trois maîtresses avec qui échanger. Plus une classe, mais trois classes dans lesquelles accompagner les enfants le matin (avec le 4ème dans les bras pour ne pas l’abandonner dans sa poussette à l’entrée). Plus une seule note griffonnée dans le carnet de liaison pour annoncer un événement imprévu, mais trois photocopies collées massivement à la UHU.
Je me suis habituée, ce n’est pas plus mal qu’ils se sentent individuellement concernés. D’ailleurs, en ce soir de rentrée, ils étaient chacun ravis de présenter leurs maîtresses et les copains associés.
Jusqu’ici tout va bien.

Nouveaux rythmes scolaires

Je suis organisée. De façon nanométrée.
Avec la réforme des rythmes scolaires, les enfants se lèveront tôt le mercredi aussi. Cette fois encore, c’était le cas l’an passé. Ils allaient au centre aéré.
Pour rendre notre vie un peu plus funky, le centre aéré n’est pas situé dans notre école. Il faut donc réaliser le transfert entre 11h30 et 12h30 depuis la maternelle.
Heureusement, une adorable voisine va s’en charger. Jusqu’à janvier.
À ceci s’ajoute le fait que, ledit centre aéré, n’ouvrira ses portes qu’à partir du mercredi 24 septembre. Je comprends, ils doivent s’organiser. Cette réforme les impacte beaucoup et il faut un temps d’ajustement. Pour nous, malheureusement, c’est nul à chier.
Heureusement, une adorable voisine va s’en charger et les garder le mercredi après-midi jusqu’à cette date.
Jusqu’ici tout va bien.

Rentrée=paperasse

Je suis faussement émerveillée devant cette montagne de papier qui trône sur mon lit en petits tas bien établis. Trois piles, un scanner, une photocopie. En trois années, j’ai trouvé comment optimiser : remplir les documents sans les prénoms, mettre des petites croix aux crayons là où les paramètres varient, copier le tout et compléter. Je laisse les petites croix aux crayons pour égayer ma copie. (et parce qu’on ne gomme pas une photocopie !)
J’avais anticipé l’attestation pour les assurances scolaires ou plutôt pour l’Assurance scolaire, la MAE, celle que tout le monde connait, celle qui semble être la seule à exister !
Jusqu’ici tout va bien

Une vie parallèle

Je viens d’entamer ma troisième semaine de formation. J’ai découvert de nombreux outils qui portent des noms rigolos comme « extrudeur » ou « pince à emboucher » (un coin ?). Tout est nouveau pour moi. C’est fascinant et flippant à la fois. J’ai l’impression de me transformer, de vivre à fond ce métier de 7H30 le matin à 16H30 l’après-midi. Dès que je retire ma salopette pleine de merdouille diverses et variées, j’enfile mon costume de « maman ». Mais, le soir, quand la nuit est couchée, que les enfants aussi (en tout cas, il faut l’espérer), je reprends mon gros classeur pour revoir les différents raccordements et comment réaliser un coude en cuillère sur du cuivre.
Les enfants ont vu une photo de moi avec le « pistolet à feu », plus communément appelé « chalumeau ». Je suis leur héros. Au moins le temps d’une photo.
Même quand je mange, je pense plomberie. Je ne suis vraiment pas très douée. Sincèrement. Mais ce n’est pas grave, je vais travailler. Je commence à devenir « outils-addict » et en toute honnêteté, en comparaison, les fringues sont bon marché.
Jusqu’ici tout va bien

Mon mari, mon roi

Dans toute cette agitation, il y en a un qu’il m’est impossible de ne pas regarder avec admiration. C’est celui qui partage ma vie, mon roi, mon coéquipier. Malheureusement, en ce moment, il n’est pas souvent là. Et ça va durer. Il est épanoui dans son travail, ça ramène des sous et c’est un peu le prix à payer pour avoir fait tous ces choix.
Aujourd’hui, il devait repartir sur la Suisse après être resté plus que l’habitude pour être présent à la rentrée des enfants. Une fois tout son barda déposé dans la voiture, celle-ci a décidé de ne plus démarrer. Il a été bloqué plusieurs heures, a manqué des réunions.

Jusqu’ici tout va bien. Mais il ne faudrait pas trop tirer !

Claire, femme et maman consciente du fait qu’elle va en chier cette année
Facebook La vie des triplésGoogle + La vie des triplésTwitter La vie des triplés

 

 

Paracha de la semaine : c’est quoi une mamie ?

Aujourd’hui, c’est la fête des mamies. Sûrement un truc bien commercial inventé par la marque Kraft foods et son café bien connu.
La fête des grand-pères est toujours un moment compliqué. Je dois appeler mon papi. Un emmerdeur né. (ou bien, il a sacrément travaillé ce trait de caractère) Mais je l’aime, tel qu’il est. Mark Darcy, merci pour cette belle réplique.

Pour la fête des pères, c’est depuis 14 ans un moment un peu compliqué. Avec le temps, je m’y fais. C’est une cravate en moins à aller acheter.

A la fête des mères, j’envoie régulièrement un bouquet et j’appelle mon frère pour le lui rappeler.

J’aurai pu téléphoner à ma mamie. Malheureusement, je crois qu’elle ne se rappelle plus qui je suis.

Aujourd’hui, j’ai posé la question à mes triplés :
C’est quoi une mamie ?
paracha expliquée aux enfants-semaine-9

Ava Banana me dit un peu timidement : « nous on en a deux. Mamouchka et Mamie Hélène » (J’ai bien essayé d’imposer « Mémère Hélène » sans succès. Les enfants ne savent pas être méchants et c’est une belle qualité.)
Lolo Cacao répète ce qu’elle a dû entendre une fois : « c’est celle qui s’occupe des enfants et qui est vieille ». L’honnêteté est aussi un trait fort chez les marmots. Dès fois, on pourrait s’en passer.
Danou, généalogiste en herbe se doit de préciser : « c’est soit la maman de notre papa ou de notre maman ».
Lolo Cacao coupe, une nouvelle fois la parole, comme si personne n’était en train de discuter. Pourtant, maintenant, elle entend : « Mamouchka (ma maman à moi), elle est extrêmement excellent gentille ». Ce n’est pas très français, mais j’ai compris l’idée.

Je crois qu’il n’y a pas besoin d’en ajouter plus que ça, si ce n’est, que derrière ton écran, je sais que tu es là, Mamouchka.
Ma Mamouchka.
En fait, tu es toujours là. Un peu loin de nous (tu le sais, je te ferais une très belle chambre dans le garage si tu venais !), mais toujours présente. Si j’avais dû dessiner une mamie, j’aurais fait ton portrait. J’aurais mis quelques rides en moins, dues aux soucis, pour un peu te préserver.
Que ce soit commercial ou pas, bonne fête La Mamouchka et s’il te plait, ne t’en vas jamais, même si je crois bien que ça va être compliqué.
Je ne veux pas avoir à l’expliquer, à me l’expliquer. Merci d’être toi, tu es la meilleure des Mamouchka.

Pour comprendre ce que c’est que la « Paracha de la semaine », c’est ici : « La paracha de la semaine, une question expliquée aux enfants » 

Facebook La vie des triplésGoogle + La vie des triplésTwitter La vie des triplés

Devenir SpiderParent

Je sens le soleil sur mon visage, le vent de la Toussaint dans les cheveux et je m’assois. Tranquillement, légère. Les rayons du soleil me rappellent toujours mon père. Comme s’il me caressait doucement et approuvait mes actions. Aujourd’hui Doudou a dit « maman ». Un vrai « maman ». Il n’a pas dit « ga-to » ni « papa ». Il a dit « maman » et ça m’avait l’air adressé.

Chaque jour qui passe, je suis dans le jugement. Toujours faire plus en sachant profiter de l’instant. Etre assez ferme, offrir à mes enfants un vrai cadre pour évoluer. Je juge chaque assiette qu’ils mangent pour tenter de retarder le moment  où ils se questionneront sur leur alimentation. Je juge leur adaptation au milieu scolaire, leur vie sociale.

Je me questionne pour savoir si je suis assez présente, si  je leur donne à chacun assez d’attention. La vie d’une maman est d’une telle pression. Etre sûre d’être juste avec chacun, ne pas avoir le droit de faillir à son rôle de parent et surtout, cette hantise de, n’avoir qu’une chance, qu’un seul essai. Continuer la lecture