Reconversion professionnelle : révélation

Dans un monde sans préjugés, j’aurai sûrement fait une formation courte. Mais, à la maison, c’est d’abord le bac (et si ce n’est pas un bac S, c’est caca) et ensuite les études supérieures. Pour mon père, au minimum ingénieur.

Dans un monde sans préjugés, les filles peuvent faire des métiers d’hommes, parce qu’à elle aussi ça peut plaire. La force et la puissance sont deux éléments différents. Pour nombre de tâches, l’une comme l’autre est équivalente. Pour une petite brindille, la puissance peut compenser des biceps un peu plus bombés. Et sinon, on peut toujours demander de l’aide. Gentiment, ça n’a jamais tué, même que peut-être, ça créerait de la solidarité.

Dans un monde sans préjugés, une mère peut décider d’avoir des enfants et de travailler. D’être présente avec eux et d’avoir une activité personnelle. Peut-être qu’en plus, elle peut décider de continuer à se sentir femme, avec ou sans les artifices communément associés. Les gros nichons, le ventre plat et le popotin saillant, ce ne sont pas les seuls critères de baisabilité.
C’est l’homme en moi qui vient de parler.

Dans un monde sans préjugés, les métiers manuels ce n’est pas que pour les « sous doués » qui ne sont pas capables de suivre des études supérieures. La « voie de garage » comme ils disaient ! Il y a de vraies mines d’or dans les mains de certains et des débouchés à en faire pâlir des directeurs marketing à la recherche d’un emploi (depuis 18 mois ?).

Dans un monde sans préjugés, les choix improbables peuvent être raisonnables. N’est-ce pas là une forme de créativité, de la liberté dans les idées ?

Dans mon monde sans préjugés, j’ai décidé de transmettre à mes enfants l’une des valeurs les plus salvatrices de ma vie. Un truc pour moi qui a bien marché et que je souhaite faire perdurer : « fait ce qu’il te plaît si c’est vraiment un choix réfléchi et donne-toi les moyens d’y arriver. Il n’y a pas de mauvaises idées ». Bien sûr, je ne vais pas le cacher, la vie a été plutôt clémente avec moi. Je me sens souvent épaulée.

Montrer à mes enfants que l’on a le choix de ses actions – en faisant attention à n’écraser personne en chemin – que c’est ça la vraie liberté. Appliquer mes propres principes pour de vrai, parce que j’y crois au plus profond de moi-même, c’est ce que j’ai décidé de faire avec ma reconversion.

Dans les faits, ce n’est pas rose comme la barbapapa. Les préjugés, c’est dur à envoyer balader. Et, je crois que le plus dur a été de lutter intérieurement contre ça, contre cet environnement, contre ses idées qui ont fait partie de mon éducation, qui font partie de mon environnement. Peut-être qu’il me fallait du temps et de la joie pour me permettre de croire en moi.

Ma reconversion professionnelle

Maintenant que je vous ai bien bassiné avec ma reconversion professionnelle, mes états d’âmes, les péripéties de l’administration, il est temps de faire la grande révélation.
J’ai eu un appel il y a deux jours confirmant le financement de ma formation. J’avais monté un dossier de 27 pages (que le fax du Pôle Emploi a accepté d’envoyer – c’est suffisamment rare pour le signaler) avec annexes et feuille de garde ! Je n’arrive même pas à réaliser que le début de cette aventure va pouvoir commencer.

Le 17 août, je fais ma rentrée. J’intègre une formation de niveau 5 (un niveau CAP).

Je vais être :_ _ _ _ _ _ _ _

Désolée, je ne pouvais pas balancer ça comme un gros paquet. Pas après toute cette attente pour moi, pour vous.
Comme pour un accouchement, il y a d’abord les contractions avant la poussée. (ou la rachi avant la césa, au choix)
Je vous propose de deviner en jouant. Je suis tellement de bonne humeur (et déjà crevée) que j’ai envie de m’amuser, de partager.

DEVINETTE

Alors, le principe est simple. Le métier est composé de 8 lettres. Chaque lettre est à trouver dans un article que j’ai aimé lire récemment. Je vous mettrai chaque fois une indication.

1)      Lettre 1 : http://lesmoukrainesalaglaviouse.wordpress.com/2014/06/02/linstruction-en-famille-et-les-paquerettes/  1ère lettre du 5 ème mot (dans le texte, pas le titre)

2)      Lettre 2 : http://www.papacube.com/2014/06/lincoherence.html 1ère lettre du titre

3)      Lettre 3 : http://paf-le-paf.fr/coller-bourre-tif-999 2ème lettre du titre

4)      Lettre 4 : http://mimilacocotte.fr/2014/06/laisser-son-enfant/ 1ère lettre du nom de ce blog (top au passage).

5)      Lettre 5 : http://moitimothee.blogspot.fr/2014/06/le-concours-des-doigts-de-pied-en.html 4ème ligne du texte (sans le titre), 1ère lettre du 8ème mot

6)      Lettre 6 : http://jeveux1bebe.com/WordPress/le-post-de-la-mauvaise-foi-jeveux1bebe-vs-papacube/ Bulle n°1, 2ème ligne, 1ère lettre

7)      Lettre 7 : http://www.8alamaison.com/fin-dannee/#more-5312 Dernière lettre du titre

8)      Lettre 8 : http://www.cranemou.com/2014/07/salut-maitresse/  5ème lettre du 2ème mot du titre

PS1 : C’est un projet très réfléchi et je ne me lance pas les yeux fermer juste parce que « j’ai envie ». J’ai un mari, quatre enfants, un compte en banque pas particulièrement bien garni. Control freak comme je suis, vous pouvez en être sûre, j’ai bien évalué la situation et les contraintes avant de me lancer.
Ça ne va pas être simple, mais en fait, rien n’est simple alors autant que ça fasse plaisir !

PS2: je lirai avec attention tous vos commentaires et ne manquerai pas d’y répondre mais ce serait cool de ne pas donner la réponse. Ça casserait toute ma chasse au trésor !
Si vous le faites, ce n’est pas grave, dans le prochain article, je raconterai le dernier épisode de la dernière saison US de Grey’s Anatomy. 

Claire, enjouée et sereine
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Père au foyer

Cela fait un moment qu’il est noté dans mon joli carnet à la couverture Liberty, « article sur le père au foyer » et puis, faute de temps, de gosses derrière la porte ou des dents du dernier (entre 2 mois et 3 ans, c’est toujours les dents), j’avais laissé ce récit de côté.
C’est un article intitulé « Le chef de famille » écrit par l’une des Moukraines à la Glaviouse (voir leur blog) qui m’a soufflé « prête-moi ta plume pour écrire un mot ».

Résumé de l’épisode précédent

Vous l’avez assurément raté. Il n’est disponible qu’en vidéo à la demande en V.O (japonais) sous-titré suédois. La loose quoi.
Pour faire bref : j’ai repris le boulot au 8 mois de mes triplés qui ont 5 ans maintenant. Je me suis arrêtée pour le congé maternité de mon 4ème puis j’ai repris le chemin du travail.
Depuis la naissance de mes enfants, j’ai décidé de choisir une solution simple et adaptée à notre nouveau quotidien.
Pas du tout.
Voilà plusieurs années que je travaille à 500km de chez moi. Train le mardi matin vers 6h00 pour démarrer une semaine pleine de pep’s, retour le jeudi soir vers 20h. Entre les deux, je suis sur Paris. J’habite Lyon.
En ce moment, côté boulot, c’est compliqué. « Compliqué » est le mot utilisé quand on veut dire « t’es virée, on a plus de sou » version plus classe.
Il est certain que je ne resterais pas longtemps à la maison, c’est triste, mais je ne peux pas. Cela en tient de mon équilibre mental. J’ai besoin de travailler (et d’écrire, et de voir mes enfants, et d’être maniaque du ménage, de l’organisation, de la corde à sauter), j’aime ça.
Néanmoins, il faut bien bouffer. Mon mari a donc pris son sac à dos et s’est barré. En Suisse. Ils payent mieux les Suisses. Et ils ont du chocolat. Et des diamants. Ok, des cristaux Swarovski.
Voilà donc notre rythme de vie depuis plus de 4 ans qui est totalement inversé. Il est absent 3 nuits par semaine (♫ ♩ ♬ »et 3 nuits par semaine….. »♫ ♩ ♬) C’est moi qui m’occupe un peu plus des enfants.
Je suis émue chaque fois qu’ils m’appellent Papa. C’est pour eux le nom de celui qui a été le plus là. Aussi dur que cela ait put-être, c’est tout à fait légitime qu’ils aient choisi ce mot là. Mon mari a été là plus que moi et je ne peux pas lui retirer cela.
J’ai eu souvent le coeur serré au moment où le réveil sonnait pour m’indiquer de partir prendre les transports en commun. J’ai versé une larme plusieurs fois en cachette quand ils demandaient ensemble : « maman, tu peux trouver un travail à côté de la maison ? ».

Le congé parental apparaît pour 75% des parents de multiples comme l’unique solution
(information fournie par l’association Jumeaux et plus)

60%¨des parents de jumeaux et plus se voient contraint de quitter leur emploi. Outch !
Nous avons confirmé les stats. A part que parmi ces 60%, ce sont 98% de mères qui s’arrêtent d’aller au bureau.
A la maison, nous faisons partie des 2% restant.

Papa ne travaille pas (ou plutôt autrement)
pere-au-foyer

Mon mari est resté à la maison quand j’étais absente pour le travail.
Il est resté à la maison avec des triplés.
Il a fait les courses avec eux, il a donné les repas, les biberons le jour, les biberons la nuit. Il a refait les courses, il a changé toutes les couches et en plus, il a tenté de nettoyer chaque fois la maison avant que je ne revienne.
Franchement, il est parfait. Avoir « tenté » est largement suffisant. J’ai l’oeil très critique sur la propreté.

Il n’a pas eu particulièrement de remarques de l’extérieur. Bien sûr, ça mère nous a condamné. Mais c’est sa mère, ça ne compte pas.
A la crèche, ils étaient habitués. Dans le quartier, tout le monde le connaissait. Nos amis n’ont même pas relevé.
En fait, c’est lui qui m’en parlé. Il y a peu de temps. Depuis qu’il est reparti sur les routes, il entend souvent : « Ta femme est seule à Lyon avec les enfants ? Mais comment elle fait, elle a du mérite ».

Je ne sais pas si c’est une question de parité mais aussi injuste que cela soit, à mon mari, on ne lui disait pas ça.

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