Le petit dernier : l’enfant de la récup’

Il était une fois, une famille ordinaire. Pour le (s) premier (s) bébé (s) (pluriel oblige, on est sur « la vie des triplés »), il fallait tout acheter. Naturellement, la poussette s’avérait une priorité.

Amasser à l’arrivée de bébé

À ceci s’ajouta, une liste longue comme le bras. (Celui d’un géant particulièrement grand.) Bodies, gigoteuses et autres pyjamas s’amoncelaient dans l’armoire pleine à exploser. Bien souvent, il y avait un thème pour la chambre de nouveau-né. Évidemment, chaque élément était raccord avec l’environnement.

En plus de ces nombreux vêtements, la cuisine se remplissait d’un nombre impressionnant de bibelots et gadgets surprenants. Tous semblaient être une priorité pour la vie de jeunes parents. Le plus volumineux d’entre eux était sans aucun doute le stérilisateur : un engin étonnant au format effrayant. Des biberons, il y en avait de toutes les formes : des cols larges, des longs et même des un peu tordus. On aurait tout pu faire acheter à ces novices de la parentalité. De l’égouttoir à biberon en passant par la tente anti-uv jusqu’à l’horrible bac à sable coquillage à la couleur bleu passée (pour cause d’exposition au soleil, à la pluie, à la neige et autres intempéries), il y avait des objets pour chaque action du quotidien. Une multitude de « trucs » à la durée de vie hyperlimitée.

Tout dégager…à la cave

Avec les années, les caisses s’entassaient dans la cave en vue d’un vide-grenier. Soit trop tôt, soit trop loin, les brocantes s’enchaînaient sans avoir l’occasion de gagner quelques deniers (et de la place pour engranger d’autres formidables affaires que l’on n’utilisera plus jamais).

Le temps a passé et la famille ordinaire eut un autre bébé. Un petit dernier.
Cette fois-ci, ils SAVAIENT.

Récupérer

L’enfant grandi paisiblement au sein de sa bruyante fratrie. Il n’eut qu’un biberon. Celui qui se lavait facilement. Bien entendu, la stérilisation semblait pour lui inappropriée. Pourquoi ne pas laisser travailler son immunité ? La famille a grandi, mais pas la taille de la cuisine, qui demeurait riquiqui.
Les bodies se portaient tâchés de motifs improbables qui ne voulaient s’en aller, même avec le plus puissant des détachants.
Les pantalons étaient trop grands et les chaussettes de ses grandes sœurs bien roses pour un petit garçon à qui les cheveux étaient vraiment trop longs (sûrement l’expérience de quelques franges complètement loupées que l’on ne souhaite pas réitérer).
Enfin, la poussette qui s’avérait il y a quelques années une priorité n’était plus qu’un modique moyen de « transporter ». Ni jante en alliage, ni direction assistée. À la place, un vieux carrosse un peu bousillé, qui peine à se refermer et au panier troué. Même l’habillage pluie avait disparu de la panoplie. À la place il y avait un poncho taille 14 ans qui couvrait l’enfant en entier en 4 secondes chrono. La Quechua des bébés. Même galère pour le replier.

Poussette-recup

La « poussette ».

Bizarrement, mais rien de surprenant, le petit dernier, celui qui « récupérait » (les affaires et les expériences), ne se sentait pas lésé.

En tout cas, pas tant qu’il ne savait pas parler.

PS : Mon adorable Doudou, quand tu me liras un jour, sache que ce n’est pas parce que tu n’as pas eu de nouveaux bodies (certes, ceux à 10€ les 10 chez Carrouf’), que tu étais moins aimé ou que tu as eu moins d’attention. Tu es pour 5 personnes rien qu’à toi, un sourire quotidien et nous aimons te le montrer. Simplement. Autrement. 

Claire, qui cherche encore une date potentielle sur vide-greniers.org
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WANTED : Lolotte la Chouette

Hier, j’ai eu une journée bien dense. Une vraie de vraie. Celle avec plein de rendez-vous dispatchés dans toute la ville, avec un enfant malade, avec des impératifs horaires stricts (style rendez-vous administratif obtenu à coup d’harcèlement entre deux réunions) et des courses à faire avant que mon mari ne rentre de son travail un jour férié et découvre un frigo hanté.
Tout s’est goupillé parfaitement, je me suis sentie pousser des ailes, fière de gérer parfaitement vie professionnelle en reconstruction et 4 enfants avec un conjoint à l’étranger.
J’étais souriante en récupérant mes enfants au centre aéré et à la crèche (oui, ils vont au centre aéré) avec la malade-plus-du-tout-malade (phénomène récurrent surprenant) très fière de filer à vive allure en vélo à mes côtés en trottinette.
J’étais souriante en arrivant à la boulangerie où l’un de mes enfants entre fièrement chaque jour seul avec la pièce acheter le pain, jusqu’au moment où Ava Banana a découvert que nous avions perdu Lolotte la Chouette.

Lolotte la Chouette

C’est le doudou de Doudou (mon petit dernier, le rouquin aux bouclettes)
Pourtant depuis la naissance de mes triplés, la règle est stricte : le doudou reste dans le lit. J’avais anticipé le drame du doudou perdu !
J’ai beau chercher le meilleur équilibre entre chaque enfant pour ne pas faire de différence traumatisante (des différences, j’en fais forcément, ils sont différents), en avoir un petit dernier, seul, après des triplés assoupli clairement mon tempérament militaire. Il demande tellement moins d’effort, et ça a beau être dur de le dire, c’est une évidence. Quand on a donné 12 biberons par nuit, en donner 4 est…
Bien sûr, il est né seul mais il n’est pas seul. Il vient s’ajouter et ça aussi, ça rend l’éducation un peu différente. Bref, pour dire ça vite, gérer les fratries, c’est pas simple.

J’ai donc, sans m’en rendre bien compte, laisser Doudou prendre son doudou avec lui dans la poussette. Et ce qui devait arriver, arriva.

Lolotte la Chouette a disparu, un bel après-midi de mai.

Nous avons bien tenté le chemin inverse, transformant cette balade forcée à 18h30 en une chasse au trésor, espérant secrètement qu’un passant complaisant la dépose délicatement sur une bordure en hauteur. Mais rien. Nous sommes rentrés bredouilles.

Evidemment Lolotte la Chouette a été offerte par la marraine de Doudou, expatrié à New-York et suffisamment Bobo-adorable* pour la choisir en crochet dans une petite boutique de Brooklyn. Evidemment, nous n’en avons pas deux.

Aux grands maux les grands remèdes

Notre dernière chance : l’avis de recherche. Pour mettre toutes les chances de notre côté, il sera placardée ici et partout où on peut me trouver (Facebook, Twitter) ainsi que sur les murs du quartier.
lolotte la chouette

J’ai laissé uniquement un mail, de peur d’être recherchée pour affichage sauvage.
Si Messieurs les policiers, vous réussissez à remonter jusqu’ici, j’avoue tout, c’est moi.

INFORMATION IMPORTANTE : Vous pouvez m’envoyez tout indice à l’adresse lolottelachouetteperdue@gmail.com
Pour les grands malades, vous pouvez télécharger le « kit de recherche » de Lolotte La Chouette perdue et le placarder. Si vous habitez Nantes ou Strasbourg, je tiens à préciser qu’elle ne volait pas. Dommage, on l’aurait bagué.

– Lolotte la chouette perdue : avis de recherche version PDF

* Message personnel à l’intention de La Lolotte (surnom de celle qui nous a offert le doudou) : bien sûr que tu es bobo (« dans le bon sens du terme » comme dirait Anna dans la Reine des Neiges), tu t’installes un peu partout dans le monde en oubliant de prendre ton manteau et tu perds un sac Lancel grand modèle ! Ça, c’est clairement Bobo.
(bon et, tu as habité dans le Marais au 5ème sans ascenseur en disant que « franchement, c’était pas désagréable les escaliers »)

Claire, La maman à la recherche de Lolotte la Chouette perdue
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