Mon enfant n’est plus allergique

Flash-Back – il y a 4 ans et demi – 1er boudoir

« Ma douceur (et oui, j’appelle mon mari « ma douceur », à la fois, si vous le connaissiez, vous sauriez que ce petit nom est tout à fait adapté), on a qu’à filer un boudoir aux petits. Ils nous laisseront tranquilles quelques minutes le temps de le mâchouiller« .
Ca semblait être une bonne idée. Au bout de quelques secondes, après avoir repéré de mon œil aguerrie de maniaque les 50 miettes de biscuits écrasés au sol, sur les chaises hautes et sur les nombreux cheveux de mes triplés, mon mari m’a interpellé. « Danou est un peu rouge au niveau de la bouche ».
Exténuée par les nuits hachées et ravie d’avoir quelques minutes de repos, je jette un coup d’œil furtif et répond nonchalamment : « Il a dû baver« .

boudoirs

Mon enfant est allergique

J’ai à peine eu le temps de lire trois pages de Closer que le visage de mon fils avait doublé. Ses yeux peinaient à s’ouvrir, les traces de ces petits ongles tentant de faire face à la démangeaison étaient incrustés sur son visage et formaient de nombreuses boursouflures.
Tous les signes étaient présents pour signifier une allergie alimentaire. Pourtant, mon esprit de maman n’avait jamais imaginé une telle situation.
Fidèle à moi-même, j’ai paniqué. « aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhh viens vite voir, Danou va exploser« .

Je crois que nous avons rarement été aussi efficaces. En moins d’une minute, notre petit bambin écarlate et enflé comme un ballon de fête foraine était habillé et sanglé dans la poussette, prêt à rejoindre le service des urgences le plus proche.

Diagnostic différentiel

La diversification alimentaire. Persuadée d’avoir un doctorat au vue de nombre d’heures passées devant Grey’s Anatomy, je n’avais pas estimé nécessaire de suivre les consignes de mon pédiatre que j’oublie trop souvent d’aller voir. (Je ne saurais que vous déconseiller ce comportement à risque)
Le jour du « drame » je m’en suis donc beaucoup voulu (décidément) d’avoir fait tester durant le même repas deux aliments particulièrement « sensibles » : du saumon et un boudoir. Il a donc fallu faire un diagnostic différentiel afin de découvrir l’origine du mal. C’était le boudoir le fautif. Putain de boudoir.

Eviction totale

Après une injection d’antihistaminique, notre petit ballon a vite dégonflé. Ouf, j’ai pu un peu souffler. S’en ai suivi la prise du rendez-vous chez un pédiatre allergologue, le genre de médecin qui vous convoque dans 6 mois. Mon excuse d’être maman de triplés n’a pas marché cette fois pour obtenir un créneau plus rapidement. Par précaution et sur conseil de mon médecin de famille, nous avons décidé de retirer totalement de son alimentation les œufs (boudoirs) en attendant d’avoir une information définitive. Six mois après, les tests étaient réalisés.
Malheureusement, c’était bien l’œuf qui posait problème. Eviction totale de son alimentation.

Le P.A.I. : Projet d’Accueil Individualisé

Pendant plusieurs mois, nous avons décortiqué les étiquettes au supermarché pour repérer les éventuelles traces de ce qui était devenu pour mon fils du poison.
Avec plusieurs enfants du même âge, nous avons décidé de faire au plus simple : plus d’œuf pour personne. C’est un peu rude, je l’accorde, mais tellement plus simple pour notre quotidien.
Le plus dur a été de faire comprendre à mon fils qu’il devait refuser les alléchants gâteaux qu’on lui proposés gentiment.
L’entrée à l’école a été un peu plus compliquée. Pour la cantine notamment. Là, tout est codifié. A la fois, heureusement. Etre contactée par les pompiers, c’est pas mon trip. Je me suis donc mise en relation avec la PMI (Protection Maternelle et Infantile) de mon quartier sur les conseils de la directrice. Nous avons rempli un document appelé PAI pour Projet d’Accueil Individualisé. C’est un document réalisé par le médecin scolaire en relation avec l’allergologue qui suit l’enfant. Il est ensuite transmis à l’établissement afin d’obtenir des repas adaptés à son alimentation spécifique. Ce document permet également l’administration d’un médicament par le personnel scolaire en cas denouvelle crise allergique.
Nous n’allons pas être obligés d’abandonner nos postes pour récupérer notre garçon chaque midi !

Elle est partie comme elle est venue

Après plusieurs années d’éviction totale de l’oeuf, de nombreuses heures pour trouver des recettes sympas pour les goûters et un doctorat en « composition des produits alimentaires transformés », nous sommes retournés en juillet chez notre allergologue particulièrement demandé (je ne me fais plus avoir, désormais je prends un rendez-vous d’une année sur l’autre).
Verdict : « votre fils n’est plus allergique« .

Rebelote pour annuler le PAI : contacter le médecin de la PMI qui gère 3 groupes scolaires différents, relayer à l’infirmière scolaire à mi-temps, puis à la directrice, puis à la maîtresse puis à la cantine.
Depuis hier seulement, mon Danou peut manger les infâmes œufs-mayo de la cantine.
On est sauvé.

Mon conseil de maman de l’extrême
  • Si votre enfant souffre d’une allergie alimentaire, vite, consultez.
  • Il n’y a pas d’œuf dans le P’tit biscuit de Nestlé ni dans les Mikado. (ni dans les Oreo)
  • Si votre enfant doit être scolarisé et qu’il a la chance de manger à la cantine, il faut mettre en place un PAI. Le directeur de l’établissement saura vous donner la marche à suivre. S’il ne mange pas au restaurant scolaire, il faut tout de même faire ce PAI pour les temps de classe.
  • Les allergies, ce n’est pas forcément pour la vie. C’est donc l’heure de prier ou d’acheter une poupée vaudou. On ne sait jamais.