Paracha de la semaine : c’est quoi « les urgences » ?

Pour avoir un peu plus d’explications sur la Paracha de la semaine, c’est par là. (en bleu dans le texte)

Dimanche matin, je suis allée avec les filles à la patinoire.
Ça pourrait s’arrêter là. Relisez le titre…vous avez compris…

Le patin à glace a été une bonne partie de ma vie pendant plus de 5 ans. Naturellement, les filles ont eu envie d’essayer. Avant de payer une licence à 300€ l’année, il était nécessaire de s’assurer que ça leur plairait car une fois inscrit, on y va toute l’année. Même si ça ne plait plus. C’est la règle. On commence, on finit. Par contre, l’année suivante, ils peuvent opter pour une autre activité de leur choix.

Tout cela pour expliquer, que, dimanche, nous sommes allées patiner.

Ava Banana n’est pas vraiment téméraire, elle a patiné d’un accès à l’autre de la glace soit environ 3 mètres, largement agrippée à la rambarde.
Lolo Cacao s’est lancée telle une future championne olympique. Au bout d’une trentaine de minutes, vu son aisance, j’ai décidé de la tenir entre les jambes pour lui faire découvrir les joies de la vitesse. Nous nous sommes engagées sur la glace en un duo élégant.
Et boum !
La tête en avant sur la glace, pour elle ; les fesses pour moi. C’aurait pu être drôle si les pleurs de Lolo n’avait pas été aussi effrayants.
Elle s’est tout de suite assise en continuant à crier. Tout avait l’air d’aller.
Ouf !

Et puis, elle a levé le menton. C’était vraiment beurk. Beaucoup trop pour imaginer mettre un pansement. Très vite heureusement, nous avons été pris très gentiment en charge dans une arrière salle de la patinoire.

Quelques minutes plus tard : un petit tour dans le camion de pompier. Même qu’ils ont mis la sirène et tout et tout (« et tout et tout » signifie que comme dans mes fantasmes, les pompiers étaient beaux, jeunes, musclés et doux avec les filles)
« Nous allons regagner les urgences » a dit le monsieur aux bottes noirs. (je me demande si elles existent en 41 ?)

La Paracha de la semaine était donc toute trouvée :

« C’est quoi des Urgences ? »
la-paracha-expliquée aux enfants-16

Danou n’a pas participé à cette explication. Lui a passé une journée bien tranquille avec son père et son petit frère…

Ava Banana n’avait pas bien compris où nous allions. Elle m’a regardé interloquée et m’a dit en chuchotant dans le camion de pompier : « Maman, tu dois aller vite au travail ?
– Euh…non. Pourquoi ?
– Bah, une urgence c’est quand faut aller vite au travail.
– Ah ! En fait, je ne parler pas de ces « urgences » là. Mais tu as raison, il y a des choses « urgentes » et « les urgences ». Attends, je vais vous expliquer la différence« .

La pauvre Lolo Cacao sanglée sur le brancard n’ose pas vraiment s’exprimer. Elle est très courageuse et a arrêté de pleurer depuis un moment même si je pense que son menton bien ouvert doit sacrément piquer. Ma petite poulette…

Je reprends donc : « il existe des choses urgentes à faire, c’est-à-dire des choses qu’il faut faire très rapidement…dès fois, c’est du travail à faire vite, dès fois il peut-être urgent d’aller au toilette lorsque l’on est très pressé.
Il existe aussi les urgences. C’est là où nous allons avec le camion de pompiers »

Ava Banana, bien joyeuse d’être dans le carrosse sans avoir à subir la douleur du bobo me dit gaiement : « je sais ce que c’est les urgences. On y est allé avec Papa quand j’ai mangé la pièce« . (oui, c’est arrivé…2 fois. Ava Banana s’est prise pendant un temps pour une cash-machine. Malheureusement, nous ne sommes pas plus riches. Simplement, nous avons découvert les vertus du poireau pour entourer les corps étrangers avalés « par erreur » qui se doivent de…ressortir.)

Elle rajoute avec le même ton émerveillé par l’aventure qu’elle est en train de vivre : « les urgences c’est là qu’on va quand quelqu’un est très mal« .

C’est un peu l’idée mais je vais compléter : « en fait, les urgences c’est un endroit dans certains hôpitaux où l’on va quand on se fait très mal ou que l’on est très malade et que l’on ne peut pas attendre. Par exemple là, Lolo Cacao saigne beaucoup, il ne faut pas attendre pour la soigner donc on va aux urgences. »

Les deux pompiers à l’arrière avec moi sont attentifs à mon explication. Je suis un peu intimidée.
Pour faire la bonne élève et parce que c’est important de le préciser, j’ajoute : « Quand on peut aller voir le docteur le lendemain ou que l’on peut attendre un peu pour se faire soigner, il n’y a pas besoin d’aller aux urgences. »

Afin de prévenir mes puces de ce qui nous attend, je précise : « aux urgences, en général, on doit attendre longtemps. C’est pour ça qu’il ne faut y aller que s’il y en a besoin« .
Ava Banana, maligne, me dit : « comment on sait si y faut y aller ? »

Oh, c’est qui la mère ici ?! « C’est moi qui sait pour vous pour le moment. »

Le camion à peine garé, Lolo Cacao me regarde, les yeux tout rouges : « Maman, je veux pas faire du patin à glace après les grandes vacances. »
Ava Banana, regarde sa sœur avec tendresse : « la prochaine fois, on pourra te mettre un casque de moto. Tu te feras pas mal avec un casque de moto« .

Nous sommes ressortis des urgences 5 heures plus tard… C’était bien une urgence…Ma Lolo a été courageuse comme un dinosaure.
point de suture

 

Pour comprendre ce que c’est que la « Paracha de la semaine », c’est ici : « La paracha de la semaine, une question expliquée aux enfants » 

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Paracha de la semaine : la Shoah expliquée à mes enfants (trop tôt)

Je vais difficilement faire plus hardcore. Non, je ne suis pas une SpiderMaman timbrée. Pas toujours. Cette explication a été donnée à l’insu de mon plein gré.

En rentrant du centre aéré, mes triplés avaient de gros dessins en couleurs inscrits aux feutres sur leur main. Connaître l’origine a été très simple. Une petite question à mes grands bavards et l’explication est tombée en écho « c’est pour nous reconnaître dans les groupes ».

Comme l’a fait ma mère avec moi plus jeune (mais peut-être pas aussi jeune) , je leur ai expliqué, que, en tant que juif, nous n’écrivions pas sur notre peau. Après cet événement, j’ai trouvé plusieurs brèves d’explications –surtout concernant la scarification et les tatouages- mais je ne m’engagerai pas du tout sur l’exactitude religieuse ou traditionnelle.

En finalité, j’ai surtout utilisé l’argument que j’avais le plus retenu de mon enfance en me disant que cela aurait aussi sûrement du sens pour eux.

Par conséquent, j’ai répondu : « En fait, quand la mamie de SpiderPapa était vivante (cf. la mort expliquée aux enfants, SpiderMaman est définitivement barrée), il y avait une très grosse guerre.

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Paracha de la semaine : «Pourquoi on va au centre aéré ?»

Ici, comme partout en France, en ce moment, c’est les vacances scolaires. Pour mes triplés en particulier, vacances scolaires = centre aéré. Non je ne suis pas une mère indigne. Je travaille. La majorité du temps en télétravail.

Du coup, quand ils entendent les copains/copines qui déballent leurs supers vacances et les sorties géniales avec mamie ou sur le dos de l’un de ces vicelards de poneys, je dois bien justifier pourquoi eux, sont dans un centre aéré et pas avec SpiderMaman.

Oui, les poneys sont vicelards. Ils ont l’air mignons, choubidoux même, mais en fait, c’est un piège à parents. Tu y vas une fois en éclaireur et hop, on est embrigadé dans le slogan « le cheval c’est trop génial » pour plusieurs mois !

Alors quand Danou le Gnou m’a demandé « pourquoi on va au centre aéré et on reste pas avec toi », voilà ce que j’ai répondu.

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Paracha de la semaine : «Il est où papi ?»

Deuxième paracha, (pour comprendre ce que c’est, il faut lire ce petit pavé ici).

Ce week-end, on a eu la chance de recevoir Mamouchka (ma maman / la mamie) pour tout le week-end. En partant dimanche soir, la question tombe. Pour ce sujet si joyeux, les triplés s’écrient en cœur :

« Il est où papi ? »

J’ai bien compris qu’ils ne parlaient pas de mon beau père. J’ai quand même essayé. Je suis fatiguée le dimanche soir.

Après tout, il fait partie de notre vie ce papi qui n’est plus là. C’est pour toujours mon papa.

Je commence donc l’explication :

SpiderMaman (qui se transforme d’un coup en SpiderFillette ) : « Et bien papi, il est mort » Je me dis que commencer comme ça, ça fait un peu l’effet d’une bombe. Peut-être qu’ils vont passer à un autre sujet. Continuer la lecture

Paracha de la semaine : «Maman, comment on fait les bébés ?»

Première paracha, (pour comprendre ce que c’est, il faut lire ce petit pavé ici), il fallait envoyer du lourd pour ce premier article.

Mes triplés de quatre ans, curieux comme tout (chez nous, adultes, on dirait plutôt « indiscrets, déplacés, glauques »), mon posé la question tant redoutée par les parents du monde entier : «Comment ont fait les bébés ?» Continuer la lecture

Un petit rendez-vous : la paracha* de la semaine, une question expliquée aux enfants

Un nouveau rendez-vous sur le blog. Parce que les explications données aux enfants sur les grands sujets de notre monde, c’est tellement bon !

Je suis la reine des sujets pourris. En général, c’est toujours pareil. SpiderPapa me voit lancer un sujet (à table, en voiture…bref, quand les enfants sont bien attentifs) et me regarde du coin de l’œil avec un regard qui dit « non, n’aborde pas ce su…jet ». Dès fois, même, il m’interpelle en anglais pour que les enfants ne comprennent pas. (Une bonne façon de les inviter à vouloir apprendre les langues étrangères.) Et comme, bien sûr, je ne sais pas me retenir de parler, les mots sortent.

Mes sujets de prédilections : du léger. La mort, la maladie, la sexualité et la contraception, la prostitution, le mariage pour tous, les différences…
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