Religion et éducation : un choix compliqué

“ma douceur (c’est l’adorable surnom -particulièrement bourré de testostérone- par lequel j’appelle mon mari), je crois qu’on a fait le choix le plus compliqué qu’il soit”.

C’est souvent ce que je me dis par rapport à l’un des points d’éducation que l’on a décidé de transmettre à nos enfants. Ce point, c’est la religion.
Je ne vais pas tenter de vous convaincre du bien-fondé de ce choix. Je n’ai pas d’argument valable si ce n’est la foi. Et cet argument n’est pas valable aux yeux de tous, ce que je comprends à la vue des nombreuses tragédies rapportées par les médias.

Une fois, une personne a commenté l’un de mes billets très gentiment en me disant qu'”il n’était pas nécessaire de prendre autant de pincette pour parler religion“. Pourtant, j’en prends, des en cristal, pour parler avec fragilité de ce sujet.
Il peut être mal perçu, sembler prosélyte même. Ce n’est pas mon intention. Comme ici, je blablate de ma life et de celle de ma famille, je ne peux pas évincer ce point. Je suis quelqu’un d’entier : une française qui n’est pas athée et bourrée de convictions (plus ou moins justifiées selon les situations).

Le religion dans l’éducation

J’ai fait le choix d’imposer mes convictions religieuses à mes enfants. Oui, je le dis, je l’ai “imposé”. Par ce mot, j’entends que je leur ai donné à chacun un gros coffre fictif (avec des pierres précieuses et des diamants pour ne pas le confondre avec celui des Playmobil) avec une étiquette. Dans cette boite, j’y fourre régulièrement des explications, des façons de faire, des fêtes, de la culture, des chansons, un peu de philo version 6 ans et moins, des moyens d’aborder la vie, la mort, l’autre, le moi.
Je ne suis qu’un humain, il y a donc du subjectif dans tout ça, un peu de moi, un peu de nous; j’aime bien ça.

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Dans cette boite, il y a aussi beaucoup d’eux, parce que ce sont des petits humains avec des idées, des rêves, de l’imagination, des perceptions. “Imposer” cela peut être critiquable. Je l’entends. Mais je me suis aussi posée cette question et j’en ai conclus que des idées, des valeurs, je leur en imposais au quotidien.
Religion ou pas.
Alors autant que ça vienne de moi.

De la religion pour les cons

Je vais être dure avec ça, mais c’est l’une de mes grandes convictions : ne pas être un con.
Religieux ou pas.
J’ai appris bien a mes dépens, au fur et à mesure des ans, que la religion faisait aussi des cons. J’étais bête et sûrement bien trop naïve mais moi, je pensais que quand on était pratiquant, on était bon. C’est pas vrai. Il y a des cons partout et souvent ils parlent fort. Plus que les autres. Je ne sais pas pourquoi.
Alors, dans leur coffre au trésor j’essaye de fournir beaucoup d’explications pour ne pas faire de grands pratiquants cons qui penseraient que sous-couvert de la religion, ils peuvent faire du mal à l’autre, juste parce qu’il est différent, juste parce qu’il pense autrement. J’essaye.

Mes enfants et l’école

On mange différemment même que dès fois,à la maison on chante des chansons dans une autre langue. Le samedi j’évite de travailler, d’écrire sur l’ordi ou de voyager. J’évite. Les grands pratiquants diraient que je ne respecte pas les règles. Je m’en fous, ça me va pour le moment. Je n’ai de compte à rendre qu’à ma moi-même et à ce en quoi je crois.
Mes enfants sont en école publique. Toutes ces pratiques, à l’école, ça n’existe pas.
Avec mon mari, on le sait bien. Mais c’est un choix. Je veux que mes enfants grandissent dans leur pays avec la variété des personnes qui le constitue. Parce que pour moi, la connaissance de l’autre est la base de la sociabilité et une lutte réelle contre le racisme. J’en suis convaincue.

Les enfants sont des balances

N’imaginez pas leur faire garder un secret.
Quand Ava Banana dit à sa maîtresse que “le ciel, c’est D.ieu qui l’a créé”, ça la fout mal.
Alors, je dois lui expliquer que la croyance n’empêche pas la science. Qu’il y a des faits et des façons de penser. Ava Banana a moins de 6 ans. La conceptualisation de la réalité, ça n’est pas simple, c’est même plutôt compliqué.
Et pourtant, cette pluralité d’idées je la trouve riche, je ne veux pas m’en cacher, je ne veux pas qu’ils s’en cachent.

Voilà, avec mon mari, on a fait le choix d’être pratiquant au milieu de la laïcité.
Avec mon mari, on a fait le choix de transmettre cette vision à nos enfants. Je me rends compte que c’est bien compliqué. Je crois en l’idée qu’on se doit d’y arriver.

Claire, une maman convaincue
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